En 1916, on attendait le facteur ...

Publié le par Marylis Costevec

En 1916, on attendait le facteur ...

Le facteur

Carte postale, signe de vie

Vous avez sans doute, comme Claudine, au fond d'une malle ou d'une armoire, une de ces cartes postales jaunies écrite pendant la Grande Guerre par quelqu'un dont vous ne savez rien ou pas grand chose.

Ce qui est écrit vous semble sans doute sans grand intérêt : quelques formules toutes faites qui disent qu'on est en bonne santé et qu'on espère que le destinataire l'est aussi.

Et pourtant, ces petits cartons étaient attendus avec angoisse par les familles car ils étaient la preuve que l'être cher était toujours vivant. Envoyés très régulièrement, ils étaient le lien en ces temps difficiles.

Les soldats ne devaient donner aucune indication sur les opérations militaires passées ou futures ou alors la carte n'était pas transmise par le vaguemestre qui filtrait, envoyait et distribuait le courrier des soldats.

Ernest Pérochon nous décrit l'attente d'un père dans un roman paru en 1922* :

" Seul, le vieux Bernou se tenait accolé à la muraille de son écurie, dans une petite encoignure.

Lui aussi attendait le facteur. Depuis deux mois son fils ne donnait pas de nouvelles ; personne n'espérait plus parmi les siens, ni sa femme, ni sa bru, ni ses filles ; mais lui, à cause d'un permissionnaire qui lui avait conté des choses surprenantes, il attendait toujours. Chaque matin,quand le facteur arrivait vers lui, il s'avançait un peu. L'autre disait simplement :

- Rien ! "

Une situation probablement plus fréquente qu'on ne le pense. Il n'était pas toujours possible d'identifier les soldats tués ni de savoir qui avait été fait prisonnier. Alors, tant que l'avis de disparition n'avait pas été suivi d'un avis de décès, on espérait un signe de vie ...

* PEROCHON, Ernest, La parcelle 32, ed. Plon, 1922.

Publié dans La Grande guerre

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