La mort de Zola dans la presse locale et nationale.

Publié le par Marylis Costevec

Emile Zola Atelier Nadar, BNF

000000000000000000000000000

Le 29 septembre 1902, Emile Zola meurt asphyxié à son domicile parisien. Le lendemain, l'événement fait la une de toute la presse.

Nous avons cherché à savoir ce qui en était dit dans la presse locale.

Le Nouvelliste du Morbihan paru le 2 octobre 1902 fait un récit détaillé de l'accident et publie une biographie sommaire de l'écrivain. Nous les avons retranscrits ci-dessous :

" La mort d’Emile Zola

Le célèbre romancier Emile Zola, l’auteur de la Terre, de l’Assommoir, de Nana, et aussi de Rêve, d’Une page d’amour, de Rome, de Lourdes, de Paris, de nombre d’autres œuvres remarquables et de la fameuse lettre J’accuse «écrite au Président de la République lors de l’affaire Dreyfus, vient de mourir à Paris dans des circonstances assez mystérieuses.

Dimanche midi, M. et Mme Zola rentraient à Paris, revenant de leur campagne de Médau. Leur appartement de Paris, situé rue de Bruxelles, avait besoin cependant encore de quelques réparations que des ouvriers devaient continuer et achever ces jours-ci. Hier matin, les ouvriers arrivaient donc de bonne heure à l’hôtel et commencèrent leur travail par enlever les tableaux et les cadres en attendant que Mme Zola fut levée pour leur donner des indications. Or à neuf heures, au grand étonnement de des quatre domestiques et des ouvriers, ni M. ni Mme Zola n’étaient encore descendus de leur chambre à coucher située au premier étage. Inquiet, un valet de chambre alla frapper à la porte. Les aboiements plaintifs de deux petits chiens furent seuls à lui répondre. On força la serrure et un triste spectacle s’offrit aux regards. M. Zola, vêtu simplement d’une chemise de nuit, était étendu inanimé sur le plancher e ; sa femme restée sur le lit était sans connaissance.

Les domestiques et les ouvriers ouvrirent en hâte les fenêtres et firent appeler des médecins. Ceux-ci ne purent constater la mort du romancier. Quant à Mme Zola elle put être ranimée par des inhalations d’oxygène. Elle a été transportée hier soir à Neuilly dans une maison de santé où elle recevra les soins nécessaires.

Les causes de l’accident ne sont pas encore nettement déterminées. On l’attribue généralement au mauvais état de la cheminée de la chambre à coucher ; malgré la défense de Mme Zola, un domestique y aurait fait du feu de charbon de terre et d’agglomérés dans la journée de dimanche, or, il est possible que le tuyau de cette cheminée était bouché par des gravats et que l’oxyde de carbone se soir répandu dans la chambre au lieu de s’échapper par le tuyau. On ne trouve pas, en tout cas, d’explications plus plausibles pour cette mort.

Mme Zola d’ailleurs a déclaré qu’au cours de la nuit, prise d’un violent mal de tête, elle a demandé à son mari d’ouvrir la fenêtre. A peine levé, M. Zola tomba en même temps que sa femme perdait connaissance.

-------------------------------------------------

Emile Zola, né à Paris en 1840, était donc âgé de 62 ans ; son enfance se passa à Aix en Provence et il ne revint qu’à l’âge de 18 ans à Paris où il acheva ses études. Peu de temps après, il commença sa carrière littéraire par les Contes à Ninon et divers articles de presse. Sa célébrité commença avec ses premières œuvres de la série des Rougon-Macquart qui obtinrent un tirage très élevé. Les succès de ses dernières œuvres ont été moins retentissants et son roman Vérité qui se publie actuellement n’a pas su attirer comme certains de ses ouvrages précédents, l’attention générale du monde des lettres et du public.

Le Nouvelliste du Morbihan, 2 octobre 1902.

 

 

Monument à Emile Zola (photo de presse 1924 ; agence Meurisse) BNF Gallica

 

En page 2 de ce même numéro, un second article fait état des réactions du monde politique, littéraire et de la presse nationale.

La BNF a récemment collecté et commenté ces articles. Nous vous invitons à en prendre connaissance en cliquant sur le lien suivant :

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article