18 mars 1871 : Début de la commune de Paris

Publié le par Marylis Costevec

Une femme et une chanson

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Par Inconnu — File:Louise Michel2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31175593
Louise Michel (par inconnu)

 

En cette date anniversaire qui marque le début d'une révolution qui a marqué les esprits par la répression sanglante dont elle fut l'objet*, nous tenons modestement à rappeler le nom d'une femme qui y participa activement : Louise Michel qui sera déportée en Nouvelle Calédonie.

La chanson que l'on associe le plus souvent à cette période de l'histoire est " Le temps des cerises" que Jean Baptiste Clément composa en 1866, bien avant les événements qu'elle nous rappelle.

Nous vous invitons à lire et écouter une chanson moins connue mais directement inspirée par "la commune" écrite en 1886 :

"ça n'empêche pas, Nicolas ..." d'Eugène Pottier :

 

* 30 à 50 000 fusillés pendant la « Semaine Sanglante » qui s’achève le 28 mai, 40 000 prisonniers, 4000 déportés dont la plupart ne reviendront pas ...

On l’a tuée à coups de chassepot,
À coups de mitrailleuse
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse.
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte.

Refrain
Tout ça n’empêche pas Nicolas
Qu’ la Commune n’est pas morte.
Tout ça n’empêche pas Nicolas
Qu’ la Commune n’est pas morte !

Comme faucheurs rasant un pré,
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent mille hommes.
Et les cent mille assassinats,
Voyez ce que ça rapporte.

On a bien fusillé Varlin,
Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l’aorte.

Ils ont fait acte de bandits,
Comptant sur le silence.
Achevez les blessés dans leur lit,
Dans leur lit d’ambulance
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte.

Les journalistes policiers,
Marchands de calomnies,
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d’ignominie.
Les Maxim’ Ducamp, les Dumas
Ont vomi leur eau-forte.

C’est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes.
À l’enterrement de Vallès,
Ils en étaient tout bêtes
Fait est qu’on était un fier tas
À lui servir d’escorte

C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte.
C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Bref tout ça prouve au combattant
Qu’ Marianne a la peau brune,
Du chien dans l’ ventre et qu’il est temps
D’crier vive la Commune !
Et ça prouve à tous les Judas
Qu’si ça marche de la sorte

Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte.
Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Ecrite en 1886  par Eugène Pottier sur l'air de T'en fais pas Nicolas de Parizot

Publié dans Histoire Nationale.

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