Lune rousse et Saints de glace en 1926 ...

Publié le par Marylis Costevec

Lune rousse et Saints de glace

en 1926 .

 

Vous avez certainement entendu dire que la « lune rousse » et les « Saints de glace » seraient responsables des vagues de froid que nous subissons régulièrement au mois de mai.

Mais qu’en disait-on autrefois ?

Nous avons relevé cette note dans le Nouvelliste du Morbihan daté du 12 mai 1926 :

« PLUIE, VENT, NEIGE, FROIDURE

De presque tous les coins de la France on signale du vent, de la pluie, de la grêle, de la froidure, de la neige même. Et il n’en va pas sans causer de graves dégâts aux cultures, notamment aux vignobles.

coll. privée D.R.

Ces dégâts, certains l’attribuent encore à la lune rousse, en laquelle nous sommes. A ce sujet, M. l’abbé Moreux, le savant et distingué directeur de l’observatoire de Bourges, écrit dans le « petit journal » :

« Que la lune puisse avoir une influence sur la végétation, cela est une autre histoire, aurait dit Kipling, mais qu’il y ait une période de l’année où la lune « roussisse » les jeunes bourgeons, c’est un conte à dormir debout.

Ces remarques s’appliquent aux Saints de glace qui, d’après l’opinion populaire, arrivent les 11, 12, et 13 mai, fêtes des Saints Mamert, Pancrace et Servais. Ici encore, le suffrage universel est en défaut pour une double raison : tout d’abord, parce qu’à l’époque où se forma le dicton, les fêtes des trois saints arrivaient beaucoup plus tard : la réforme grégorienne les a avancées : parce que, d’autre part, les périodes fraîches ou froides que nous subissons au mois de mai, sont loin d’être régulières suivant les années. J’ai montré bien souvent, statistiques en main, que nous avions généralement plusieurs coups de froid,

même en juin. Cela tient à la débâcle des icebergs qui se détachent plus ou moins tardivement de la banquise polaire et qui viennent rafraîchir le courant d’air chaud accompagnant le gulf stream dans sa route vers l’Europe occidentale. Or, en gros, la débâcle glaciaire suit l’activité variable du soleil, si bien qu’en certaines années où les commencements de mai sont très chauds, nous recevons en juin, quelques douches froides de nature à tromper les météorologistes qui ne voient pas plus loin, dans leur méthode de prévision à longue échéance, que le bout de leur nez, je veux dire les phénomènes qui se passent à la surface de la terre. »

Et Pan ! sur les météorologistes !!!  Cela n’a pas changé malgré les progrès de la science !!!

Et presque 90 ans après les leçons de l’abbé Moreux,  vous êtes encore très nombreux à préférer les explications surnaturelles voire magiques aux bonnes raisons scientifiques qui manquent, avouons-le, singulièrement de poésie ! …

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