Histoires de poilus

Publié le par Marylis Costevec

 

Le Nouvelliste du Morbihan publiait régulièrement des "blagues" sous le titre "Le mot de la fin".

Jeux de mots ou sujets d'actualité étaient évoqués d'un ton léger ou grinçant. Pendant la grande guerre, c'est souvent les poilus qui étaient mis à contribution.

      

        

    Etat d'esprit :

Un capitaine passe en revue sa compagnie avant le départ pour le front.

Il a pour chaque soldat un mot de camaraderie ou d’encouragement.

Arrivé devant un bleuet de la classe 17, il lui demande :

- Eh bien mon ami, êtes-vous prêt à mourir pour votre patrie ?

- Sans doute, mon capitaine mais ce qui est encore plus certain, c’est que je suis prêt à faire mourir plusieurs ennemis pour la leur.

 

A propos d'obus  ...

Deux poilus d’humeur morose conversent dans la tranchée, après un bombardement.

- Non, mais ont-ils de la veine, ceux des usines, mon vieux, ils gagnent jusqu’à 20 fr. par jour pour tourner les obus.

- Oui, et nous cinq sous pour les recevoir.

        ... et de ballons

Gavroche admire au parc aérostatique de Chalais Mendon les énormes ballons dits « saucisses » qui se balancent dans l’air au bout d’un câble. Un poilu qu’il interroge sur l’usage auquel on destine ces ballons captifs, répond qu’on doit les lancer sur certains points de Paris en cas d’alerte.

- Ah ! Je comprends répond le gamin dont le père est charcutier, l’alerte maintenant est à deux fins, elle fait monter les saucisses dans le ciel et les andouilles à la cave.

 

Au restaurant :

Un permissionnaire entre dans un petit restaurant des environs de la gare du Nord. Il demande la carte au garçon qui l’apporte en boitant légèrement. Après avoir consulté le menu, le poilu demande :

- Dites-moi, garçon, vous avez des pieds de veau, n’est-ce pas ?

- Oh non m’sieur, c’est mes rhumatismes qui me font marcher comme ça.

 

      Et chez le major, un classique qui n'a pas pris une ride :

- Pourquoi boitez-vous ainsi ? demande un capitaine à une jeune recrue qui traîne la jambe péniblement.

- J’ai un ongle incarné dans la chair, mon capitaine.

- Mon ami, il faut dire simplement un ongle incarné. En ajoutant « dans la chair », cela constitue un pléonasme. Maintenant, allez trouver le major.

  Le poilu se présente le lendemain à la visite.

- Qu’avez-vous ? lui demande le docteur ?

- Un pléonasme, monsieur le major. Je vais enlever ma chaussette pour vous le montrer.

 

 

 

 

 

 

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