Quand l'orage grondait ...

Publié le par Marylis Costevec

De violents orages en 1911

dégâts et scènes cocasses ...

Vu la violence de l'orage qui  sévit sur Lorient en ce 31 mai 1911, il ne fait pas de doute qu'il y ait eu quelques inquiétudes de l'autre côté de la rade. Bien des Minahouets ont sans doute vécu directement ces moments que nous avons pu lire dans le Nouvelliste du Morbihan daté du 1er juin.

Nous les avons retranscrits :

"Depuis quelques jours, les nuages s’amoncelaient sur Lorient. L’orage qu’ils annonçaient a éclaté hier l’après-midi avec une violence extrême...

Lorient attire la foudre ?

« Un premier coup de tonnerre, assez lointain annonça qu’il était prudent de se garer. La pluie tomba aussitôt jusqu’à trois heures, et durant l’après-midi le tonnerre se mit à faire des siennes sur Lorient, principalement sur l’intra-muros.

Les éclairs succédaient aux éclairs, les grondements aux grondements, le tout accompagné de nouveau par une pluie diluvienne transformant les rues en marécages

Soudain, vers heures  1/4 , un formidable éclair immédiatement suivi d’un épouvantable fracas. Le tonnerre tombait à de courts intervalles sur le paratonnerre de l’église Saint-Louis, sur le bureau des agents placiers dans la cour de la mairie, sur le cadran de l’horloge du lycée, sur les établissements Carnoy et sur un immeuble de la rue Philippe à Kerentrech. »

Dommages aux téléphones …

« Le fluide suivit les fils électriques et amena une violente perturbation dans les appareils électriques de divers établissements, notamment au Nouvelliste du Morbihan, où une gerbe de flammes d’au moins cinquante centimètres de longueur jaillit soudain de l’appareil téléphonique.

La plupart des téléphones des environs de la place Bisson ont d’ailleurs été fortement avariés. »

… aux vitres,…

« Dans la cour de la mairie, devant le poste des pompiers (…). Deux étincelles jaillirent soudain, frappèrent la fenêtre du bureau des placiers et fendirent deux vitres.

Au lycée, le fluide atteignit le cadran de l’horloge, dont les aiguilles s’arrêtèrent net à 4 h 55 ; chez l’économe de l’établissement, il cassa un carreau de la fenêtre. »

… des blessés …

"La répercussion se fit sentir dans une maison  (…). Deux enfants se trouvaient près de la fenêtre. Aveuglés par l’éclair rapide, [ils] se retirèrent en hâte mais déjà les peignes en celluloïd ornant la tête de la fillette s’étaient dressés et on n’eut que le temps de les retirer.

Au Mir, le jardinier Bagousse éprouva une telle commotion qu’il dut rentrer à la maison et même s’aliter, en proie à une fièvre violente.

Dans la rue Philippe, la foudre s’est abattue sur une maison (…). Le locataire, un officier du 62 ème , descendait les escaliers avec son ordonnance, lorsque l’immeuble fut tout à coup ébranlé jusque sur ses bases. Le fluide atteignit à la main le soldat-ordonnance et aussi quelque peu l’officier."

Les halles étaient contigües à l'église Saint-Louis.

Panique aux halles

"Sous les halles de Saint-Louis, ce fut un véritable émoi, donnant lieu à des scènes épiques, dont la brave Maria riait encore aux éclats une heure après.

Certaines marchandes de légumes, effrayées par le grincement du fluide électrique dans le paratonnerre de l’église Saint-Louis, se mirent à genoux, implorant sainte Barbe et sainte Anne ; d’autres, tout aussi apeurées, se glissèrent sous des monceaux de choux-fleurs et de légumes ; quelques marchandes de poisson trouvèrent bon de se glisser sous leurs étaux en marbre."

Plus de peur que de mal ?

"Bref, l’affolement fut général, l’orage terrible, tel qu’on n’en avait pas vu depuis plusieurs années ; mais en somme il n’y eut pas à déplorer d’accidents graves.

Dès la première heure ce matin, l’administration des P.T.T. faisait partout rétablir les circuits."

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article