Le 11 novembre 1918

Publié le par Marylis Costevec

 ça s'est passé comment 

 à Locmiquélic ? 

Les témoignages que nous avons pu lire ici et là et la lecture de la presse du jour, nous permettent de reconstituer l’ambiance qui devait régner à Locmiquélic  en  cette journée si particulière, «une journée d’automne splendide, une des plus belles de l’été de Saint-Martin»1.

L'attente

On savait que les pourparlers allaient  aboutir.

Depuis la mi-octobre, on savait que la fin de la guerre était proche : on l’avait lu dans le journal et les pronostics allaient bon train après la capitulation des alliés de l’Allemagne.

Quand celle-ci allait-elle enfin demander la paix ?

Monument édifié à la Flamengrie (Aisne) à l'endroit où fut demandé l'armistice le 7 novembre 1918.

C’est dans le journal du 10 novembre qu’on a pu lire la bonne nouvelle :

le jeudi 7 à 10 heures du soir, les « Boches » ont présenté le drapeau blanc.

On a appris l’arrivée des délégués allemands au quartier général du Maréchal Foch le vendredi matin. On sait que les conditions imposées par les alliés leur ont été remises et qu’ils disposent de 72 heures pour y répondre…

Alors, partout, on attend. On attend, confiant et anxieux à la fois.

BNF- gallica : le wagon où fut signé l'armistice exposé dans la cour des Invalides, le 29 avril 1921

L'annonce

Ce lundi 11 novembre, dès le matin, au moins à Lorient, le bruit court : l’Allemagne a  signé  « sa propre capitulation». Mais l’annonce officielle du cessez-le-feu, ce cessez-le-feu  qui devait être effectif à 11 heures précises n’arrivera pas avant l’heure dite.

Et c’est à 11 heures précises, que le vice-amiral Aubry autorise la publication de l’armistice. A Lorient, on ne tarde pas à pavoiser, « les couleurs françaises et alliées flottent allègrement à toutes les fenêtres, et jusqu’aux plus humbles mansardes. ».

Pourtant, ce n’est qu’à midi que tous les maires du département reçoivent la dépêche tant espérée :

« Armistice conclu ce matin, hostilités cessent à partir de onze heures. Veuillez annoncer la nouvelle, faire sonner les cloches et pavoiser en l’honneur de la Victoire de la France et de ses alliés. »

La liesse

Il est probable que les Locmiquélicains ont entendu sonner l’angélus avant « l’alléluia du triomphe » à l’église Saint-Michel mais les avions des vainqueurs qui survolaient la ville en fin de matinée ne laissaient pas planer le doute.

Et qui sait ? Les vents ont peut-être porté plus vite le son des cloches de l’église Saint-Louis jusqu’à la rive gauche. Il est en tout cas certain que les 21 coups du canon de la Tourmente «répétés successivement par tous les navires de la rade, français et alliés, et que leurs sirènes,  se mêlant à celles des navires de commerce (…) amarrés dans l’avant-port et le bassin à flot [se joignant] à celle des grandes usines » ont été entendus et accueillis ici avec la plus grande émotion.

« Achiw an taol ! Ça  y est ! ça y est ! » semble être le leitmotiv prononcé partout, au front comme à l’arrière, sur les lettres des poilus ou de leurs familles « le cri unique, unanime, lancé à plein poumon par tous » qui témoigne du soulagement général après  52 mois d’angoisse, de larmes et de privations.

La victoire en chantant (BNF, gallica, La baïonnette, 3 octobre 1918)

On a agité les drapeaux français et américains... et on a remercié le ciel et les poilus.

Comme partout, on s’est embrassé. Les larmes ont coulé sur des visages heureux ! La guerre était finie !!!

 On pensait à tous ceux qui étaient tombés, aux veuves, aux orphelins mais on respirait… enfin !

 1 - (Union Morbihannaise 24 nov)

Sources : Le nouvelliste du Morbihan, 10 et 12 novembre 2018.

Publié dans La Grande guerre

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