21 octobre 1919, l'Adieu à Anastasie ...

Publié le par Marylis Costevec

Un article de l’Ouest Maritime annonce la mort d’Anastasie,  explique sa raison d’être et la façon dont elle était perçue par le journal et ses lecteurs.

Mais qui était Anastasie ?

 

  L'Adieu à Anastasie  

 

André Gill, L'éclipse , journal hebdomadaire, 1874, source : BNF, gallica

 

Le 21 octobre 1919, L’OUEST MARITIME annonçait avec satisfaction la mort d’ANASTASIE,  près d’un an après la capitulation allemande  et quatre mois après le traité de Versailles.

Le règne de la censure mise en place dès les premiers jours d’août 1914 pour « empêcher  toute indiscrétion militaire» s’achevait avec la fin officielle de l’état de siège au soulagement du journal  et de ses lecteurs.

Qui feuillette la presse de la période est habitué à ces carrés blancs qui apparaissent régulièrement dans les colonnes, carrés blancs qui ne manquaient pas d’interpeler  et d’inquiéter les  lecteurs de l’époque, constituant même une « attraction du journal » :

 

Le public, intrigué, nous arrivait chuchotant à mi-voix ; « Qu’est-ce que c’est ? Il se passe quelque chose ? Cela doit être bien grave ? … Dites- le moi dans le tuyau de l’oreille, je ne le répéterai à personne. »

On répondait par une échappatoire et le pseudo secret aussitôt répandu par le « discret solliciteur, avait fait en moins d’une heure, passant de bouche en bouche, le tour de la ville et même de ses plus lointains faubourgs.

l'Ouest Maritime, archives 56

Le journal admet cependant n’avoir pas trop eu à se plaindre des « délégués  aux ciseaux officiels" qui délivraient le précieux visa.  " Ils se sont toujours montrés courtois " malgré quelques blanchiments  assez fréquents.

Il se souvient tout de même de ce 23 mars 1918 où le chef de la censure militaire avait fait saisir tous les numéros du journal qui relatait le bombardement de Paris par la grosse Bertha.

Mais qui tenait les ciseaux ?

La censure militaire devant laquelle il fallut se présenter du 2 août 1914 au 18 octobre 1919 était personnifiée par un capitaine de frégate (nom illisible) puis par un commandant d’infanterie coloniale (nom illisible aussi !) remplacé par le lieutenant de cavalerie de Geslas de Lespéroux à qui succédèrent deux capitaines de frégate.

La censure civile ne fonctionna que jusqu’au 1er août  1917. Elle était exercée par le sous-préfet et « incidemment, par M. Labes, adjoint au maire de Lorient".

L’article se termine par un cri de soulagement :

 C’est «  Le capitaine de frégate Le Coïc, qui, déposant des ciseaux sur l’autel de la paix reconquise, nous a rendu, définitivement, la clef des champs. »

Définitivement ? Vraiment ?

Publié dans La Grande guerre

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