Les marchandes de sardines minahouettes dans les rues de Lorient (mai 1920)

Publié le par Marylis Costevec

 

À la fraîche ! à la sardin’fraîche,

 

Débarquement des marchandes de sardines à Lorient (tout début du XXème siècle) : coll part.

 

D'aucuns se souviennent des marchandes de poisson poussant leurs brouettes dans les rues de Locmiquélic et  le cri de l'été  "A la belle, à la fraîche !" leur revient certainement en mémoire. Mais ceux et celles qui les ont vues déambuler avec le panier sur la tête sont de plus en plus rares.

Cette façon de procéder est attestée depuis le XVIIIème siècle, au plus tard, mais nous ne saurions dire  quand cette pratique s'est arrêtée :  peut-être avec la seconde guerre mondiale,et peut-être, bien avant.

Alors, c'est avec plaisir que nous vous communiquons cet article trouvé dans Le Nouvelliste du 7 mai 1920.

Elles étaient bien joyeuses nos marchandes et les clients étaient ravis de les voir revenir comme chaque année avec les beaux jours  :

 

"Pour la première fois depuis la fin de l’été dernier, nous entendons pousser par nos vaillantes marchandes de Port-Louis et de Locmiquélic, le panier sur la tête, en jupe courte et sabots blancs, ce cri joyeux qui nous annonce, outre une satisfaction gastronomique appréciable, le retour des beaux jours.

"À la fraîche ! à la sardin’fraîche !"

Les hirondelles et les marronniers en fleurs n’en avaient été que les avant-coureurs. Pimpantes, les marchandes parcourent nos rues, un bouquet de lilas ornant leur panier ou s’installent sur les marches bordant l’église Saint-Louis. Leur appétissant petit poisson – c’est presque un « naturalisé » lorientais – aguiche le passant avec sa jolie forme svelte et ses écailles qui brillent comme de l’argent au soleil de mai.

Et, malgré les prix forts - deux francs la douzaine – on se l’est si vite arrachée, qu’avant midi, il n’en restait plus : ce sera pour demain.

Pour débuter, le prix du mille était aujourd’hui de 140 francs."

Le Nouvelliste du Morbihan 7 mai 1920   

  

Tout bien calculé, cela ne leur rapportait pas grand chose : un peu moins de 60 centimes par douzaine vendue.

 

 

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