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La mort brutale de Jean Marie Georgeault

Publié le par Marylis Costevec

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Drame à Pen Mané

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On a donné le nom de Jean Marie Georgeault à l’école publique de Locmiquélic. Il était pourtant plus connu sous le nom d’Alexandre Georgeault.

C’est en 1881 qu’il prit la direction de l’école des garçons qui était alors située dans le quartier du Rollo. Il exerça ensuite dans l’école nouvellement construite sur les terres de Kerderff jusqu'à son décès à 61 ans.

Il mourut subitement dans la salle d’attente de Pen Mané le jeudi 29 novembre 1917 à 9 heures.

 

La cale de Pen Mané vers 1900

Le Nouvelliste du Morbihan (30 novembre 1917) annonça sa mort et rappela son engagement au service de ses concitoyens :

« La population de Locmiquélic a été péniblement impressionnée, ce matin, en apprenant la mort subite, survenue quelques minutes plus tôt, de monsieur Georgeault, instituteur à Locmiquélic au moment où il se préparait à prendre le vapeur de Pen Mané pour Lorient.

On connaît la vie active de Monsieur Georgeault. Il a rendu de véritables services à la cause de l’instruction primaire et de l’éducation en général, services qui lui valurent les palmes d’officier d’Académie puis la rosette d’officier de l’instruction publique.

Durant sa longue carrière, il s’occupait volontiers dans ses moments de loisirs et pendant ses vacances  de toutes les œuvres sociales comme la mutualité, les coopératives, les sociétés de tir, etc … Aussi, les électeurs du canton de Port-Louis le choisirent pour les représenter au conseil d’administration dont il devint le Président. Ses nombreux amis l’engagèrent même à poser sa candidature aux élections législatives de 1914 contre Messieurs LAMY et ESVELIN. Malgré sa combativité il n’obtint qu’un nombre restreint de suffrages.

Jusqu’à son dernier soupir, en sa qualité d’armateur de plusieurs bateaux, il s’occupait toujours de la cause très intéressante des pêcheurs. C’est bien à son initiative qu’ils doivent un certain nombre d’améliorations dans le quartier de Port-Louis.

avis de décès (Le Nouvelliste du 1-12-1917)

A Madame GEORGEAULT, la poétesse bien connue sous le nom de Philomène Jouan, qui est-elle-même directrice de l’école des filles de Locmiquélic, nous offrons, ainsi qu’à Monsieur et Madame RENEZÉ, nos bien vives condoléances. » .

Il fut enterré le 1er décembre dans le caveau familial du cimetière de Port-Louis (première allée à gauche après le portail de gauche).

 

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Remarquable, le monument aux morts de Locmiquélic ?

Publié le par Marylis Costevec

L'édification du monument aux morts de Locmiquélic : toute une histoire que les archives nous ont permis de reconstituer ...

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Un monument aux morts remarquable !

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Le monument aux morts de Locmiquélic.

Vous connaissez peut-être le cimetière de Locmiquélic mais vous ne vous êtes sans doute jamais étonné de la présence d'une croix latine particulièrement imposante sur le monument aux morts. Pourtant, si vous observez ceux des communes environnantes et d'ailleurs, vous vous apercevrez que ce signe est le plus souvent absent ou particulièrement discret.

Ce n'est d'ailleurs pas sans mal que Jean-Louis Danic, président de la commission chargée de faire édifier la stèle obtint l'autorisation d'y placer cet emblème catholique. La loi du 9 décembre 1905* réglementait son utilisation et  le préfet  veillait à son application !

Depuis l'ordonnance du 10 juillet 1816, les monuments commémoratifs doivent être approuvés par un décret du chef de l'exécutif.  C'est la préfecture qui étudie les dossiers avant de les transmettre au ministère pour approbation et le projet de la toute nouvelle commune de Locmiquélic* ne manqua pas de faire réagir les services départementaux.

Dans une lettre datée du 12 juillet 1920, le préfet rappelle la loi et propose que l'on remplace la croix latine par la croix de guerre.

Le 22 juillet, Jean-Louis Danic répond en précisant qu'à la demande de la population, le monument sera placé dans le cimetière et non sur une place publique. Il précise qu'à Locmiquélic, tous les morts sans exceptions sont de religion catholique. Il ajoute que le travail est déjà commencé et que la modification entraînerait de nouvelles dépenses.

Il ne manque pas de souligner que "Le Nouvelliste du Morbihan" a publié une réponse du ministre de l'Instruction Publique au député disant qu' " En ce qui concerne les monuments commémoratifs élevés à la mémoire des soldats morts pour la Patrie et placés dans les cimetières qui sont assimilables à des monuments funéraires, liberté entière doit être laissée aux municipalités pour l'ornementation et les attributs dont elles voudront bien les revêtir". (Vous remarquerez que Monsieur le ministre se garde bien de parler de signes religieux !).

Le monument surmonté de croix latine et également orné de la croix de guerre est inauguré le 24 octobre 1920. S'il est placé dans le cimetière, c'est aussi pour que les familles, à défaut de tombes, disposent d'un lieu où se recueillir. La stèle est "à la place d'honneur au milieu de leurs chers morts parce que c'est l'endroit qui impose le plus de respect, le recueillement et la prière." (extrait du discours de Jean-Louis Danic écrit pour l'inauguration).

L'intention était bien d'édifier un monument funéraire collectif pour rappeler le sacrifice des morts disparus ou enterrés loin de leur terre natale plutôt que pour glorifier la Patrie.

Si Le monument de Locmiquélic est remarquable, il n'est pas unique. Annette Becker qui a étudié la question écrit que " « Dans l’Ouest très catholique, en Alsace, en Lorraine, plus de monuments ont été érigés dans les cimetières ou enclos paroissiaux que dans le reste de la France, pour que leurs populations puissent christianiser à loisir leur monument » (. Becker, Annette. La guerre et la foi. De la mort à la mémoire 1914-1930. Paris : Armand Colin, 1994, p. 118.).

 

* La commune de Locmiquélic est  officiellement créée le 22 octobre 1919
 

*    Pour Info :

loi du 9 décembre 1905

Article 28

Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

Pour tout savoir sur l'édification du monument, son financement, les noms qui y figurent, son inauguration, procurez-vous l'édition spéciale N°2 de C'était hier ... :

Du service de la Nation au service de la Commune,

Jean-Louis Danic (1859-1936), 1er maire de Locmiquélic

 

 

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