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4 articles avec bateaux

Champions à la voile, les Minahouets !

Publié le par Marylis Costevec

Quand les pêcheurs de Locmiquélic

régataient à Kernevel

 

Aujourd'hui, qui dit "régates" pense "plaisance" !

Il n'en a pas toujours été ainsi ! Du temps où les pêcheurs naviguaient à la voile, les régates étaient, pour ces marins,  une occasion de se mesurer. Une pratique festive fortement encouragée par les autorités. Le ministère offrait même des prix !

Nous vous emmenons aujourd'hui du côté de Kernevel où les familles alliées GALLICE, COLLIN et OUIZILLE* organisaient ces régates au tout début du XXème siècle.

 

En 1901 et en 1903, les Minahouets sont les champions !

 

La dépêche de Lorient nous y emmène le 12 août 1901

« La plage de Kernevel est enserrée d’une foule d’embarcations de toute  grandeur et de toutes formes qui attendent impatiemment l’heure des régates. Des deux côtés de la cale, c’est un fouillis pittoresque de mâts et de filets de sardines bruissant sous la brise, comme une sapinière. À l’entrée de la cale, deux mâts recouverts de verdure sont reliés par une guirlande de feuillage qui soutient une ancre marine de verdure et de fleurs (...)

Soudain éclate un coup de feu. C’est le départ des régates : les bateaux de pêche hissent leurs hautes voiles brunes et disparaissent rapidement derrière le fort de Kernevel. Le parcours consiste à faire le tour de la Truie et des Errants et à revenir. Deuxième coup de fusil : C’est la deuxième série qui part. Successivement, partent les courses à quatre avirons, à deux avirons, à la godille, que suit avec intérêt une foule joyeuse et amusée. (…) »

CPA, coll. part.

 

Les Minahouets primés !

 

Ils emportent la moitié des prix pour les courses à la voile qui étaient aussi disputées par des bateaux de Concarneau, Riantec et Lomener.

Les pêcheurs de la rive droite sont plus performants à l’aviron ! Côté rive gauche, il n’y a qu’EUGENIE de Pen Mané qui réussit à se placer !

En 1903 aussi !

Nous notons la participation des bateaux sableurs qu'on appelle aujourd'hui sabliers ! Parmi les lauréats figurent aussi des bateaux gâvrais mais pas de bateaux de Concarneau.

Le palmarès paru dans le Nouvelliste du Morbihan du 06 août 1903 ne précis pas l'origine des lauréats des courses à l'aviron.

 

En 1908 ,

les pêcheurs et les plaisanciers

se mesurent !

régates à Kernevel (début du XXème siècle (CPA coll. Part.)

 

10 000 spectateurs !

Un bateau de Locmiquélic figure encore au palmarès pour la course des plus gros bateaux qui sont des bateaux de pêche.

Pour la deuxième série où figurent des bateaux de plaisance, les Minahouets restent probablement derrière ! Les bateaux de plaisance seraient-ils plus performants ?

 

En 1913, le palmarès publié dans Le Morbihannais du 3 août 1913 n'informera pas sur l'origine des bateaux ! Dommage !

 

A propos des organisateurs

Les familles GALLICE, COLLIN, OUIZILLE, étaient des notables de Kernével (banquiers, et propriétaires de conserveries,

Ils avaient fait construire de superbes villas que nous pouvons encore admirer. La villa Margaret, propriété de Georges Ouizille était à l'époque entourée d'un beau jardin à la française.

Les villas de Kernevel au début du XXème siècle (CPA, coll. Part.)

 

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Kergroise en juillet 2020...

Publié le par Marylis Costevec

Vue sur Kergroise depuis Sainte Catherine, le 20 juillet 2020

 

le 2 juillet

 

OSTBENSE largue les amarres un peu avant 18 h. Il a déchargé des tuyaux de gaz et fait route vers Anvers (Belgique).

ANDERMATT reste seul à quai où il s'est amarré le 2 juin (en attente de vente, selon le site du port).

ANDERMATT à Kergroise le 26 juin 2020

 

le 3 juillet

à 16 h : arrivée du tanker STI PIMLICO (184 m., îles Marshall) en provenance de Primorsk (Russie) avec 32500 tonnes d'hydrocarbures.

Le 4 juillet

TANGO MAR à Kergroise le 6 juillet 2020

10 h 41 : arrivée de TANGO MAR (112 m , Îles Cook), en provenance de Gemlik (Turquie) avec 1739 tonnes de tube.

Le 5 juillet

STI PIMLICO a quitté kergroise à midi pour se mettre à l'ancre dans les courreaux.

Sandviken à Kergroise le 06 juillet 2020

SANDVIKEN (130 m. France) a pris sa place à quai dès 13 h. Il vient de la Pallice avec 8320 tonnes d'hydrocarbures.

Le 6 juillet

SUNMI à Kergroise le 6 juillet 2020

6 h 30, arrivée de SUNMI (90 m. Bahamas) en provenance de Rotterdam avec 2751 tonnes de coques de soja.

19 h 41 : départ de SUNMI pour Rogheda (Irlande)

Le 7 juillet

11 h 13 : arrivée de NIKLAS (88 m., Antigua Barbudas) en provenance de Rotterdam avec 2750 tonnes de drèches de maïs.

19 h 53 : départ de SANVIKEN pour Donges.

Le 8 juillet

17 h 30 : départ de NIKLAS. Cap sur Newhaven (Grande Bretagne).

19 heures : départ de ANDERMATT. Cap sur Riga (Lettonie)

Le 11 juillet

TANGO MAR à LOrient le 11 juillet 2020.

TANGO MAR  est toujours à quai

DAGMAR THERESA à Lorient le 11 juillet 2020

8 H : arrivée du petit pétrolier danois DAGMAR THERESA (92 m.) Il vient de La Pallice

avec 1500 tonnes de biocarburants (EHMV).

Le 14 juillet

départ  :

10 h 20 : TANGO MAR pour Anvers

arrivées  :

11 h 30 : ELONG ELONG (167 m, Belize) en provenance de Lagos (Nigeria) avec 14214 tonnes de soja.

13 h 12 : MASHA D (109 m., pavillon portugais) en provenance de Carboneras (Espagne) avec 7000 tonnes de ciment.

 

Le 16 juillet :

15 h 37; arrivée du pétrolier SKUTEVIKEN (130 m. France), en provenance de Donges.

10 h 45 : arrivée de CORAL TOPAZ (225 m, Panama) qui s'ancre dans les coureaux. Il est parti de Paranagua (Brésil) le 26 juin avec 59 014 tonnes de soja dans ses cales.

Le 17 juillet

 14 h : ELONG ELONG quitte le quai et va se mettre à l'ancre dans les coureaux

14 h 43 : CORAL TOPAZ, qui était à l'ancre dans les coureaux depuis le 16 juillet s'amarre à Kergroise.

CORAL TOPAZ à Kergroise le 20 juillet 2020.

16 h 56 : départ de MASHA D pour la Pallice

20 h 49 : SKUTEVIKEN, quitte le port. Cap sur la Pallice.

 

Le 20 juillet

4 h 47 : arrivée du pétrolier ISOLDE (184 m, Libéria) qui vient de Ventspils (Lettonie) d'où il est parti le 14 juillet.

ISOLDE à Kergroise le 20 juillet 2020.

12 h 53 : arrivée de AMADEUS AMETHIST (88 m.Pays-Bas) qui vient de Rotterdam avec 2479 tonnes de drèches de maïs.

Le 21 juillet

17 h 38 : départ de AMADEUS AMETHYST. Cap sur Pasajes (Espagne)

 

le 22 juillet

5 h 45 : départ de ISOLDE. Cap sur Primorsk (Russie)

9 heures : arrivée de MARAS ( 88 m., Antigua Barbuda) avec 3000 tonnes de tournesol en provenance de Liepaja (Lettonie) d'où il est parti le 16 juillet.

Le 24 juillet

11 h 30 : départ de Maras pour Aviles (côte Nord de l'Espagne)

Le 25 juillet

19 h 50 : arrivée du pétrolier SANDVIKEN (30 m, France) en provenance de Brest

21 h : arrivée de DRAIT (89 m., Pays-Bas) en provenance de Villagarcia (Nord-Ouest de l'Espagne)

22 h 15 : départ de CORAL TOPAZ qui va s'ancrer dans les coureaux.

 

Le 26 juillet

15 h 20 : départ de SANDVIKEN pour Montoir

Le 27 juillet

18 h 30 : départ de DRAIT pour Dordrecht (Pays Bas) où il a accosté le 30 juillet à 10 h.

Le 30 juillet

à 7 h 40, le sablier ANDRE L s'est amarré à Kergroise.

A Locmiquélic, on connaît bien ce bateau qui passe très régulièrement avec sa cargaison de sable extrait au large de Noimoutier. Il va le décharger au Rohu et ne s'arrête généralement pas à Kergroise.

ANDR2 L à hauteur de Pen Mané le 20 juillet 2020.

A noter que ces derniers jours, on a vu aussi passer les sabliers Stella Maris et Saint-Pierre.

Le 31 juillet 

Pas de bateau à quai depuis le départ d'ANDRE L., que l'on reverra dans la rade les 1er, 2 et 3 août...

Les passagers des bateaux qui fréquentent les coureaux de Groix  peuvent toujours voir CORAL TOPAZ à l'ancre dans les  depuis le  juillet après avoir débarqué 59 000 tonnes de soja brésilien.

CORAL TOPAZ à l'ancre (coureaux de Groix) le 31 juillet 2020.

 

Publié dans vie locale, bateaux

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A propos du minahouet : où en sommes-nous ?

Publié le par Marylis Costevec

Minaoued ou minahouet ?

 

Le minaouet, mot breton et le minahouet, mot français ont déjà fait couler beaucoup d’encre, suscité bien des débats et des discussions à Locmiquélic. Il faut dire que depuis très longtemps, les Locmiquélicains sont appelés les Minaouets (en gros jusqu’à la seconde guerre mondiale). Après, on a adopté le mot français : les Locmiquélicains sont devenus les Minahouets! Hé oui, tout évolue !

Il faut bien le dire, ces deux mots (le breton et le français) ont servi à nommer tellement d’objets que les habitants de Locmiquélic ne savent pas vraiment celui qui a servi à les « grailler » ! Enfin si, il y en a plein qui le savent. Le problème c’est qu’ils ne sont pas tous d’accord !

Un outil ? Quel outil ?

Les membres du Comité d’Histoire se sont penchés sur la question au début de ce siècle. Ils se sont aperçus que d’éminents spécialistes de l’histoire locale s’étaient déjà beaucoup interrogés un peu avant 1950. Différents témoignages avaient été alors répertoriés mais déjà à l’époque, on n’avait pas résolu le problème.

Le mystère restait entier et les tenants du minaouet breton (que l’on traduit par alène ou poinçon), s’opposaient à ceux qui croyaient mordicus qu’il s’agissait du minahouet, c’est-à-dire de la mailloche à fourrer les cordages (le seul outil qui porte encore ce nom). Et puis, il y avait ceux qui avaient entendu dire qu’il s’agissait d’un outil de calfat. C’était l’hypothèse la plus fréquente, ce qui ne veut pas dire que c’était la bonne ! Aujourd’hui, on pense souvent au maillet mais il faut avouer que le dit maillet ne ressemble pas beaucoup à l’outil évoqué alors par le chanoine Joachim Guillemoto. Fils d’un ouvrier du port, né à Pen Mané en 1908,  il décrivait, lui, « un instrument à manche tranchant [utilisé par les charpentiers et les calfats] ». Il s'agirait donc plutôt du fer à calfater (appelé aussi pataras mais pas minahouet), l'espèce de ciseau avec lequel on insérait l'étoupe dans les espaces entre les planches du bordé. C'est cet outil que certains autochtones appellent encore  minahouet. Nous vous en reparlerons !

 

Les images sont extraites de "C'était hier..."N° 5

 

Et si c'était un bateau ?

Et puis, on a totalement oublié l’hypothèse émise par Yves Le Diberder (1887-1959) qui s’est intéressé aux traditions populaires du Vannetais et qui enquêtait à Port-Louis entre 1913 et 1916.

En 1947, il affirmait :

 « J’ai entendu dire avant l’autre guerre que [le mot minaouet] s’appliquait aux pêcheurs de Locmiquélic, en raison de la forme aigüe de leurs nouvelles chaloupes sardinières (…) le haut de l’avant dépassait sensiblement la ligne de flottaison.

(…) »

 

Aujourd’hui, plus personne ne se souvient de bateaux appelés minaouets ! ». Léon Lucas, né en 1908 disait bien avoir commencé sa carrière sur des canots minahouets mais cela ne prouvait pas grand-chose !

Et puis EUREKA ! C’est dans la presse ancienne que nous avons trouvé la preuve que des bateaux avaient bien été ainsi appelés.

En effet, en consultant le supplément littéraire du journal Le Figaro du 6 août 1922 trouvé sur le site de la BNF, nous découvrons l’extrait d’une lettre envoyée du Port-Louis  par le peintre Paul Signac :

« Je peins ici des thoniers, des « minaouets » et l’eau verte des coureaux ; je dessine des poissons et des crustacés (…) ».

 

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Le phare de Groix (Paul Signac, 1925) wikimédia, licence Creative Commons CC0

 

Nous considérons maintenant d’un autre œil le témoignage de Marcel Ménard (1951-2016), linguiste et journaliste qui, s’appuyant sur les relevés de Jean-Pierre Calloch, disait qu’à Groix, on appelait ainsi les pêcheurs côtiers et les bateaux sardiniers.

Gacht ! Nous voilà bien avancés ! Les pêcheurs étaient-ils ainsi nommés à cause de leurs bateaux ? ou les bateaux s’appelaient-ils ainsi parce qu’ils appartenaient aux Minaouets ?

Va savoir !!!

 

Pour tout savoir ou presque, sur le mot, les objets, le surnom, et leur histoire, procurez-vous le N° 5 (1911) de la revue « C’était hier… ». (rubrique contact ou messenger ou bon de commande ci-dessous)

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KOMZ ME RER ... une expression oubliée ?

Publié le par Marylis Costevec

 

 

Interloqués, offusqués, amusés ?

 

Les gens qui comprennent un tantinet la langue bretonne ne sont pas restés indifférents en voyant le caseyeur amarré au ponton à Talhouant (Sainte-Catherine), ce vendredi 10 juillet 2020 pour quelques réparations.

Hé oui ! "KOMZ ME RÈR, me beg e zo klañv..." se traduit en français par :

"Parle à mon c..., ma bouche est malade...", une expression que les enfants des milieux populaires d'autrefois entendaient régulièrement quand leurs parents ou grands-parents en avaient assez de répéter une consigne !

C'est d'ailleurs en souvenir de sa grand-mère que le propriétaire du bateau l'a ainsi nommé !

Pour cette raison mais aussi parce qu'il dispose d'une embarcation deux fois plus plus rapide que celles du même genre qui ne peuvent donc pas le suivre.

KOMZ ME RÈR ..., une expression imagée aussi efficace que celle d'aujourd'hui : "Je compte jusqu'à trois !".

Voilà un bateau qui nous rappelle un patrimoine linguistique et une époque où le langage était moins policé que celui d'aujourd'hui (quoique... !).

L'expression était utilisée à Locmiquélic mais aussi ailleurs (attesté dans le nord du Finistère).

Qui s'en souvient encore ?

A propos du bateau :

Publié dans traditions, bateaux

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