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Publié par Marylis Costevec


Les baraques d’après-guerre : un sujet qui suscite l’intérêt

Un beau succès pour notre proposition. Le public était au rendez-vous et il ne restait que peu de places libres dans la salle de l’Artimon. Parmi l’assistance, nous avons reconnu les visages familiers de celles et ceux qui s’intéressent de près à l’histoire de Locmiquélic et participent régulièrement à nos animations. Mais la soirée a aussi attiré de nombreux visiteurs venus d’ailleurs : de Riantec, Lanester, Ploemeur, mais aussi de Pluvigner, de Saint-Nazaire… et nous en oublions sans doute.

Étaient présents ceux qui avaient vécu dans les baraques ou s’en souvenaient, ceux qui en avaient entendu parler au sein de leur famille, ainsi que des personnes sensibles à la question du logement social.

Une conférence à deux voix

Élisabeth Blanchet et Mickaël Sendra sont passionnés par l’histoire des baraques d’après-guerre. Depuis plus de vingt ans, ils traquent les rescapées de cette période en France, mais aussi au Royaume-Uni, où Mickaël a croisé la route d’Élisabeth il y a une dizaine d’années.

Il faut un œil averti pour repérer ces anciennes baraques en bois recouvertes de papier bitumé, destinées à reloger les populations après la Seconde Guerre mondiale. Rénovées, repeintes et équipées du confort moderne, elles se fondent aujourd’hui dans le paysage urbain et rural des régions autrefois dévastées par les bombardements.

Les deux conférenciers nous ont emmenés en Normandie, dans les Hauts-de-France et en Bretagne, à Brest, Saint-Nazaire et surtout dans le pays de Lorient. Mickaël est notamment à l’origine de l’association Mémoire de Soye, qu’il préside et qui a permis la reconstruction de trois baraques à Ploemeur.

Ils ont présenté leurs nombreuses découvertes : les chalets dits autrichiens (en réalité allemands), les baraques françaises, canadiennes et américaines « tout confort », comme les UK 100 dotées d’une cuisine équipée et d’une salle de bain avec baignoire. C’est à ce moment-là que certains membres de l’assistance ont perdu leurs illusions :
« Je croyais que les Américains et les Canadiens nous avaient offert les baraques ! Mais non… business is business ! » s’exclame Paule.

baraques françaises (cité des écoles) : 3 pièces et un bûcher, sans confort (vue aérienne janvier 1947, IGN)

Si certains abris ont bien été acquis grâce au « don suisse », notamment dans les zones frontalières et en Normandie, la majorité relevait bien de transactions commerciales. Élisabeth et Mickaël ont également identifié des baraques suédoises et finlandaises, très proches les unes des autres, à quelques différences près (dimensions, ouvertures). Enfin, ils ont évoqué le mobilier spécialement conçu pour équiper les logements de familles ayant tout perdu.

Focus sur les baraques à Locmiquélic

Marylis a ensuite présenté le travail mené avec les membres du Comité d’Histoire : plans des cités de la Mairie, des écoles et de Kerloeis, vues aériennes des cabanes installées sur des terrains privés, ainsi que des photos de famille.

Noëlle Perron a livré un témoignage émouvant sur sa vie dans une de ces baraques, située entre l’école et l’actuelle mairie. À trois dans une unique pièce sans isolation, elle se souvient du lit de camp de sa mère, des bouillottes ou des briques glissées dans les lits l’hiver, de la chaleur étouffante en été, ou encore du beurre conservé dans une soupière rangée dans une cavité du sol pour éviter qu’il ne se transforme en huile. Des souvenirs qui ont fait écho chez d’autres personnes de l’assistance, venues nous interpeller après la conférence.

 

Le panneau qui présentait les documents relatifs aux cités du centre. 2 autres panneaux étaient à découvrir (baraques isolées et cités de Kerloeis)
Un pan d’histoire à explorer

L’intervention des animateurs a permis d’ouvrir une fenêtre sur un aspect méconnu de la période qui a suivi la Libération. Une histoire que nous découvrons encore et que nous continuerons d’explorer. 

N'hésitez pas à nous contacter  pour ajouter des témoignages ou enrichir notre collection de photos.

Merci à Elisabeth, Mickaël  et tous les participants

 

La correspondante du télégramme a assisté à la conférence :

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