A propos de la bataille d'Amiens

Publié le par Marylis Costevec

On parle beaucoup aujourd'hui dans les médias des commémorations de la bataille d'Amiens. Curieusement, on parle plus de la présence ou de l'absence des personnalités françaises ou britanniques que des faits eux-mêmes qui ont pourtant été décisifs quant à l'issue du conflit.

Que sait-on aujourd'hui du rôle joué par l'armée britannique dans cette victoire ?

Nos hommes politiques en ont-ils vraiment conscience ?

Qu'en savait-on à l'époque à Locmiquélic et dans ses environs ?

La presse locale nous renseigne :

Dans son édition du 10 août, le Nouvelliste du Morbihan publie les  communiqués officiels. Parmi ceux-ci le communiqué  britannique du 8 août est le plus précis :

 

" Les opérations commencées ce matin, sur le front d’Amiens par la 1ère armée française, sous le commandement du général Deberney et la 4ème armée anglaise sous les ordres du général Sir Henry Rawlinson, se développent favorablement.

Les troupes alliées avaient été massées à la faveur de la nuit, à l’insu de l’ennemi.

A l’heure fixée pour l’assaut, les divisions françaises, canadiennes, australiennes et anglaises, soutenues par un grand nombre de tanks britanniques, se sont élancées vers les positions allemandes sur un front de plus de vingt milles (…)

un tank anglais dans les Flandres -agence Rol- (source : BNF-gallica)

 

L’ennemi a été surpris et sur tous les points les alliés ont fait des progrès rapides.

De bonne heure tous nos objectifs avaient été atteints sur l’ensemble du front d’attaque.

Pendant la matinée, l’avance de l’infanterie alliée s’est poursuivie, vivement soutenue par la cavalerie britannique, les tanks légers et les batteries d’auto-mitrailleuses.

 

source : delcampe

 

En certains points, la résistance des divisions allemandes a été brisée après de vifs combats. Nos troupes ont fait de nombreux prisonniers et capturé des canons.

Au nord de la Somme, la plupart des objectifs ont été atteints avant midi, mais aux environs de de Chopilly et au Sud de Morlancourt, des détachements  ennemis ont opposé une résistance prolongée. Dans ces deux endroits de durs combats ont été livrés. Mais finalement nos troupes ont surmonté la résistance de l’infanterie allemande et ont atteint leurs objectifs.

Au sud de la Somme, grâce à la bravoure de l’infanterie alliée, à l’élan et à la vigueur de ses attaques, nos avons atteint dans l’après-midi sur les points principaux de tout le front de bataille, les derniers objectitfs fixés pour la journée.

Appuyés par nos tanks légers et nos auto blindées, notre cavalerie a dépassé l’infanterie et s’est portée au-delà de nos objectifs, bousculant les convois allemands en retraite, s’emparant de plusieurs villages et faisant de nombreux prisonniers.

(…)

Il est impossible à l’heure actuelle d’évaluer le nombre de prisonniers et de canons et l’importance du matériel capturé, mais on signale déjà que plusieurs milliers d’ennemis et un grand nombre de canons sont tombés entre nos mains."

En page 2 du journal, sous la rubrique dernière heure, le grand titre montre l'espoir suscité par ces premiers succès :

"Les alliés marchent à  la victoire

________________

Plus de 14000 prisonniers et 120 canons."

L'article reproduit le communiqué britannique qui détaille les opérations et l'avancée des troupes ainsi que le recul des ennemis.

source : BNF gallica

Le 11 août,

le communiqué britannique parle de 17 000 prisonniers et de 200 à 300 canons.

Le journal reproduit aussi le communiqué allemand :

"Le communiqué allemand avoue l’échec infligé aux troupes impériales par les armées alliées à l’est d’Amiens dans les termes suivants :

«  Entre l’Ancre et l’Arve, l’ennemi a attaqué hier avec des forces importantes. Il a, à la faveur d’un épais brouillard, pénétré avec ses chars d’assaut dans nos lignes d’infanterie et d’artillerie.

Au nord de la Somme nous avons dans la contre-attaque rejeté l’ennemi de nos positions.

Entre Somme et Avre nos contre-attaques ont arrêté l’assaut ennemi immédiatement à l’est de la ligne Morlancout-Harbonnières-Caix-Fresnoy-Contoire. Nous avons subi des pertes en prisonniers et en canons.

Parmi les prisonniers que nous avons faits nous avons identifié des Anglais, des Australiens et des Canadiens du corps expéditionnaire ainsi que des Français. »

 

Le 13 août

Le journal titre :

La victoire des alliés

40 000 prisonniers, 700 canons

 

On peut aussi lire les communiqués officiels des  états-majors français et britannique qui soulignent le rôle joué par l'aviation :

communiqué français :

L’aviation  française a, hier encore, participé à la bataille en liaison intime avec l’infanterie, talonnant l’avance réalisée par nos fantassins en harcelant l’ennemi à la bombe et à la mitrailleuse.

Malgré des conditions atmosphériques peu favorables, nos escadrilles ont livré de nombreux combats au cours desquels quatorze avions allemands ont été abattus ou sont tombés désemparés  et neuf ballons captifs  incendiés.

Nos formations de bombardement de jour ont lancé plus de vingt-trois tonnes de projectiles sur les troupes et les rassemblements de la vallée de l’Avre  et de la zone de bataille ainsi que sur les gares de l’arrière-front. Notre aviation de bombardement de nuit a, elle aussi jeté près de dix-sept tonnes sur les gares de Ham, Nesle, Hombleux e*et sur de nombreux bivouacs provoquant des incendies et des explosions. »

Avion de bombardement Caproni : [photographie de presse] / [Agence Rol]

Communiqué anglais :

Au cours des combats du 10 août, trente-neuf appareils ennemis ont été abattus et vint-deux forcés d’atterrir désemparés.

Vingt-trois des nôtres ne sont pas rentrés (…)

Nous avons lancé trente-huit tonnes et demie de bombes dans la journée sur différents objectifs et dix-huit tonnes et demie au cours de la nuit suivante.

Le 10 août , l’intervention de notre aviation dans la zone  de la bataille a continué sans interruption et de nombreux combats ont eu lieu avec les aéroplanes allemands. Nos ballons ont suivi de près l’avance de l’infanterie et ont fait d’utiles observations pendant la journée. »

 

 

Bilan humain :  côté allemand 40 000 soldats allemands tués et 33 000 prisonniers ; les pertes françaises et britanniques s'élèvent à 46 000 soldats.*

La bataille d'Amiens est le début d'une série de victoires qu'on appellera plus tard « l'offensive des Cent-Jours ». Celle-ci mènera à la victoire des alliés et à l'armistice du 11 novembre 1918. 

 

*(source : https://www.retronews.fr/conflits-et-relations-internationales/echo-de-presse/2018/08/07/aout-1918-la-bataille-d-amiens)

 

 

 

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