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Publié par Marylis Costevec

Une question sur les réseaux sociaux et nous nous rappelons des recherches effectuées, il y a 7 ans à propos de la grippe espagnole.

 

Fin juin 1918 ........

La grippe espagnole à Locmiquélic

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C’est à la fin du mois de juin 1918 que la région lorientaise commence à être touchée par l’épidémie de « grippe espagnole », une maladie vraisemblablement importée par les soldats américains et qui fera des ravages dans toute l’Europe.

 

Le Nouvelliste du Morbihan en fait état dans son édition du 10 juillet :

« Depuis une quinzaine de jours environ nous avons reçu de nombreuses informations  sur une étrange épidémie, qui n’est ni l’influenza, ni la typhoïde, ni même la fièvre des tranchées, bien qu’elle présente des symptômes communs à ces trois maladies.

Nombre de nos concitoyens en sont ou en ont été atteints. Nous ne croyons pas cependant que cette nouvelle maladie ait produit des victimes. En tous cas, elle est déjà baptisée « grippe espagnole ». Pourquoi ? Nous n’en savons rien et ce sera à nos éminents docteurs  en médecine de nous  renseigner sur ce point »

Locmiquélic n’échappe pas à la contamination. L’étude des registres d’état-civil montre en effet une mortalité anormalement élevée  dès le mois de juillet et ce jusqu’en mars 1919.

Le 9 août, on apprend que la maladie peut provoquer des pneumonies et on peut lire les conseils du docteur Horace Bianchon  pour éviter d’attraper le mal :

« On se défend de la grippe par les soins du nez et de la gorge, en s’abstenant de voir les malades, d’assister à de nombreuses réunions. On diminue les risques de pneumonie en se soignant sérieusement dès le début et aussi longtemps que possible. »

Les commerçants ne perdent pas le Nord : pour soigner la grippe, rien de tel qu’un bon grog ! Le 15 septembre, on remarque deux publicités :

« CONTRE LA GRIPPE : FINE BRETONNE, grande marque eau-de-vie de cidre … En vente partout »

« CONTRE LA GRIPPE : RHUMS ST Lucie, Tomsk, Dacci Darlington (54 degrés) etc. CADIC LEDELLIOU, rue Victor Massé Lorient Plouay Rue aux moutons Quimperlé, place St Michel ».

Le 3 octobre, un petit encart donne la posologie:

« Evitez la grippe en prenant matin et soir un verre de vieux RHUM ROBINSON » !

Est-ce que les marins ont droit à ces remèdes traditionnels ? Le journal ne le dit pas mais il informe que ceux-ci paient un lourd tribut :

« La grippe sévit dans les troupes de la marine où elle a fait depuis huit jours de nombreuses victimes. Les broncho-pneumonies grippales massives, presque foudroyantes, tuent malheureusement un assez grand nombre de jeunes marins.

(…) La population civile est à peu près à l’abri de la contagion jusqu’à ce jour. Les cas sont peu nombreux et les décès très rares en ville. (…) »

Cet article est confirmé par une carte postale écrite le 8 septembre 1918 et publiée sur les réseaux sociaux :

L’article donne aussi de nouveaux conseils qui nous permettent d’avoir une idée des remèdes préconisés  à l’époque :

« (…) Lorsque l’on se sent pris de fièvre, de douleurs de tête, de reins, mal de gorge, courbatures et frissons, il faut aussitôt se mettre au lit, bien se couvrir, prendre un peu de quinine, des boissons chaudes et surtout appeler son médecin.

Un point de côté, de l’oppression, une haute température indiquent une complication toujours grave.  (…)

On peut tenter d’aseptiser les fosses nasales et la bouche des malades et des personnes de l’entourage avec de l’huile goménolée au 1/10e et des inhalations ou gargarismes antiseptiques faibles. De l’air, une bonne alimentation et une propreté extrême sont de rigueur pour l’entourage des malades. (…) »

Rémi Chaudré qui a étudié en détail l’épidémie en Morbihan pense qu’au moins les deux tiers de la population du département auraient pu être touchés par la maladie.

Sur le monument aux morts de la commune de Locmiquélic figurent le nom de Rodolphe Allain décédé à Brest de suites de grippe le 18 février 1919, celui de Gustave Marie Quéré décédé de la grippe à Bordeaux le 30 août 1918, celui de Joseph Gahinet mort de broncho-pneumonie à Salonique le 9 septembre 1918, celui de Joseph Lemaire décédé à Bordeaux  le 23 octobre 1918 des suites de pneumonie …….

 

 

Et chez vos ancêtres ?

La mémoire familiale a-t-elle conservé le souvenir de cet épisode de la Grande Guerre ? Racontez–nous !
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L'évocation des mesures prises à l'époque, comme les quarantaines et les restrictions, rappelle combien les autorités ont dû s'adapter face à l'inconnu. Une belle leçon d'histoire.
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