la grande guerre

Publié le 16 Novembre 2022

L'histoire de la Grande Guerre intéresse toujours !

 

C'est avec grand plaisir que nous avons accueilli plus de 60 personnes à l'Artimon, le 11 novembre 2022. Dans l'assistance, des têtes blanches, bien sûr, mais aussi de nombreux jeunes désireux de savoir comment on vivait à l'arrière pendant ce conflit qui a profondément marqué la population européenne.

Cet intérêt est rassurant : la transmission de la mémoire se fait et se fera. C'est important !

Rémy Ropert, Président du Comité d'Histoire, accueille le public.

Locmiquélic en 1914

 

Dans une première partie, nous avons présenté la population du territoire concerné, à savoir les villages de la section de Locmiquélic.

Cette partie de la commune de Riantec (la commune actuelle avec une partie de Kerbel et sans les villages de Kervern et Sterville) n'était pas encore autonome. Elle le deviendra en 1919.

Près de la moitié de la population y était concentrée, des pêcheurs surtout, des ouvriers du port (arsenal) et quelques paysans. Les femmes en majorité sans profession déclarée avaient pourtant un rôle économique important que nous avons détaillé.

La section de Locmiquélic, une petite partie de la commune de Riantec (AD 56 : plan napoléonien)

 

Nous avons aussi parlé du costume féminin, le costume de travail et celui du dimanche.

 

sortie de messe (archives de Lorient)

Nous avons insisté sur le rôle de l'école et des instituteurs, ces "hussards noirs de la République" qui avaient pour mission de former des citoyens parlant français.

Nous introduisions ainsi l'intermède poétique qui illustrait cet enseignement.

 

 

Un intermède très apprécié :

 

Les Flâneurs (Annick, Michel, Babeth) et les sonneurs (Valy/ Boutbien)
photo "Les Flâneurs" (Paule)

 

Les Flâneurs, compagnons en poésie nous ont lu des textes extraits d'un livre d'apprentissage de la lecture et  d'un recueil de poèmes rassemblés par Philoména Georgeault-Jouan, des textes que les Minahouets mobilisés en 1914 avaient donc appris dans leur enfance.

poème de V. de Laprade, extrait de la méthode de lecture Cuissart utilisée à Locmiquélic
photo "Les FLâneurs" (Paule)

 

Les Flâneurs nous ont également lu les paroles de 2 chansons "revanchardes" qu'une habitante de Locmiquélic nous a chantées récemment, des chansons écrites après la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace et de la Lorraine, un répertoire qui lui avait été transmis par sa mère.

 

Locmiquélic pendant la Grande Guerre : une conférence bien suivie...
Locmiquélic pendant la Grande Guerre : une conférence bien suivie...

 

 

Nous avons été très heureux d"accueillir les sonneurs Jean-Jacques Valy et Cyrille Boutbien qui nous ont plongé dans l'atmosphère de l'époque : c'était la musique des jours de fête  et c'étaient aussi les instruments que les Bretons aimaient entendre sur les champs de bataille.

Ils nous ont interprété une marche, un air à danser et une mélodie.

 

 

Photo "Les Flâneurs" (Jeanine)

 

Nous les remercions.
 
1914- 1918 : La vie sans les hommes

 

La seconde partie abordait la vie de  ceux qui étaient restés à Locmiquélic, les femmes et les enfants plus précisément.

Des femmes et des enfants qui participaient à la guerre à leur manière :

Un inventaire des oeuvres de guerre permettait d'aborder de nombreux sujets :

- la question des réfugiés

- Le soutien aux poilus par les collectes et la confection de vêtements

- les permissions,

- les orphelins; etc ...

coll. Musée de Bretagne

 

 
 
 
 
 
 
Des femmes et des enfants confrontés aux pénuries, qui ont contribué  au financement de la guerre, en achetant des titres de l'emprunt national et en échangeant leurs pièces d'or contre de la monnaie papier...
 
Le travail des femmes
 
Il s'est fait dans la continuité des habitudes d'avant guerre. La nouveauté étant cependant le travail à l'arsenal et plus précisément à la fabrication des munitions à l'île Saint-Michel et la couture à domicile pour l'armée.
etc...

Un panorama qui tentait de reconstituer le climat à cette époque de grands bouleversements.

De nombreux sujets méritaient un approfondissement qui pourront faire l'objet de publications sur ce blog ou dans nos revues et, qui sait ?, d'autres conférences.

 

Si vous souhaitez participer à nos travaux sur ces sujets ou d'autres,

n'hésitez pas à nous contacter.

 

Un grand merci aux Flâneurs,

aux sonneurs et au public.

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre, #femmes, #Histoire Nationale.

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Publié le 8 Mai 2022

Nous commémorons aujourd'hui, 8  mai 2022, le 77ème anniversaire de la reddition de l'Allemagne nazie et la libération de la poche de Lorient.

Le 22 mai prochain, le Comité d'Histoire racontera quelques épisodes impliquant des Minahouets dans le cadre de l'événement national :

"Mémoires de guerre au cimetière"

avec la participation de nos amis

  Les Flâneurs, compagnons en poésie

Rendez-vous à 16 heures sur le parking rue du général   Moller

(Jauge limitée pour respecter le lieu,

réservation :  06 77 40 89 33)

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Histoire Nationale., #La guerre 39-45, #La Grande guerre

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Publié le 16 Novembre 2021

 "On en a appris des choses !"

- C'était vraiment très intéressant !

..."

Le Comité d'Histoire de Locmiquélic a eu d'excellents retours après la conférence du 11 novembre 2021. On en a parlé "dans le bourg " puisque même des gens qui n'y ont pas assisté nous ont interpelés : 

"Il paraît que c'était formidable ?"

Eh bien oui ! Malgré un temps qui incitait plus à se balader au bord de l'eau et un sujet qui, à priori, ne pouvait intéresser que des passionnés d'histoire en général et de l'histoire de Locmiquélic en particulier, Jean-Luc Bruzulier a parlé devant une trentaine de personnes. Il ne  ne s'attendait pas à une tel auditoire. L'objectif du CHL était atteint.

Jean-Luc Bruzulier

Docteur en histoire contemporaine, chercheur associé au centre de recherche en histoire TEMPORA de l'université de Rennes II, professeur d’Histoire contemporaine en classe préparatoire, Jean-Luc Bruzulier travaille actuellement à un ouvrage sur les Monuments aux morts et les politiques mémorielles dans les communes du Morbihan après la première guerre mondiale.

Nous étions assurés d'avoir une prestation de qualité. Nous n'avons pas été déçus :

Jean-Luc BRUZULIER, à Locmiquélic, le 11 novembre 2021

 

 

Le conférencier nous a transportés au lendemain de la Grande Guerre et nous a raconté par le menu l'histoire de ce monument devant lequel on s'incline toujours au moment des commémorations, ce symbole de la lutte pour notre liberté et l'indépendance de la France.

Grâce à sa connaissance du sujet, il a pu mettre en perspective et nous expliquer en quoi ce monument était singulier et en quoi son histoire était aussi conforme à l'histoire des monuments en général.

Un des premiers monuments du département

Alors que la majorité des monuments aux morts ont été inaugurés en 1923, c'est le 24 octobre 1920, que le président du comité chargé de son érection, Jean-Louis Danic, qui fut le 1er maire de Locmiquélic, en a fait la remise solennelle à Jules Le Bourdiec, son cousin et successeur comme maire de la commune devant une très large assemblée réunissant les personnalités et les Locmiquélicains.

C'était le 6ème monument érigé dans le département et il était inauguré au moment du premier anniversaire de la commune qui, rappelons-le, devint indépendante le 22 octobre 1919.

Un événement fondateur pour la commune.

La date était symbolique et Jean-Luc Bruzulier y voit une des preuves qui font de ce monument un événement fondateur de la toute nouvelle commune : c'est le premier monument qui y a été érigé et il a été très largement financé par les habitant.e.s grâce au concours des duos de quêteuses qui ont fait appel à la générosité des Minaouets.

Des débats récurrents et toujours d'actualité

des symboles religieux très visibles

La question des signes religieux sur les monuments publics  ou comment contourner la loi de 1905, dite de séparation des églises et de l'état ?

La question de la croix a fait l'objet de tracasseries administratives révélatrices des oppositions de l'époque entre catholiques et républicains, représentés ici par Jean-Louis Danic et le préfet Guillemot.

Si la croix latine ne passe pas inaperçue, le monument comporte un autres signe religieux que Jean-Luc Bruzulier nous aide à décrypter : le dais qui abrite la statue du poilu qui semble ainsi sanctifié.

 

La fabrique des héros et leur hiérarchisation.

Le Comité de Locmiquélic a longtemps débattu de la sélection des noms devant figurer sur le monument : seulement ceux tombés au champ d'honneur ou bien aussi ceux morts dans un accident ou de maladie contactés au service de la Nation.

C'est en étudiant l'histoire du monument de Locmiquélic que Jean-Luc Bruzulier a pris conscience que, la question se posait à peu près partout et que déjà à cette époque, le poilu héroîque était celui qui avait combattu dans les tranchées,

Le conférencier a aussi analysé la hiérarchisation des héros dans le cimetière :

- carré militaire communal

- souvenir des corps des poilus absents

- héros démobilisés enterrés dans les caveaux familiaux.

 

Faire son deuil

Au-delà de la fonction de reconnaissance de la communauté envers les soldats disparus pendant le conflit, le monument s'avère aussi avoir été  un lieu de recueillement pour les familles dont le fils, le frère ou l'époux n'est  pas revenu.

 

 

Pour le récit de l'érection du monument aux morts de Locmiquélic, vous pouvez vous procurer le numéro spécial consacré à Jean-Louis Danic.

Pour l'analyse de la symbolique du monument aux morts

Le N° 10 de "c'était hier..."

Bon de commande à télécharger ou message dans la rubrique "contact" du blog.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #patrimoine, #La Grande guerre

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Publié le 4 Mars 2021

Ils se ressemblaient étrangement les deux bateaux à quai ce jeudi 4 mars 2021 au début de l'après-midi. Des faux jumeaux ?

 

SDS GREEN, 108 mètres, immatriculé à Naples bat pavillon italien. Il a été construit en 2010. Il était à quai depuis le 28 février et a débarqué 7401 tonnes de ciment en provenance de Carboneras (Espagne).

Arrivée de TRENLAND (04 mars vers 11 h 30)

TRENLAND ( 105 mètres, pavillon maltais) a été construit en 1989. il arrive en fin de matinée pour charger le broyat de bois qui attend sur les quais. Il double SDS GREEN et vient se ranger devant lui.

Au pre mier plan, le port de plaisance de Pen Mané à Locmiquélic. En arrière-plan, le port de commerce de kergroise à Lorient.
les deux cargos vus de Pen Mané Bihan.Au premier plan : le port de plaisance de Pen Mané (Locmiquélic)

Ne pas se fier aux apparences, ils sont de taille voisine et ont la même couleur. C'est tout !

 

SDS GREEN Et TRENLAND vus de Sainte-Catherine (Locmiquélic

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #vie locale, #La Grande guerre

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Publié le 11 Novembre 2020

 

Le 11 novembre 1920, Les Minahouets étaient appelés au pied du Monument aux Morts pour la troisième fois en 18 jours.

Ces trois cérémonies n'étaient cependant pas identiques :

Le 24 octobre, on inaugurait le monument et le comité chargé de son érection le remettait solennellement aux Locmiquélicains représentés par le maire, Jules Le Bourdiec et les conseillers municipaux en présence des habitants, des enfants des écoles, et des personnalités civiles et religieuses : député, conseiller général, sous-préfet, le recteur et son vicaire,

Le second hommage, pour la fête des morts, était essentiellement religieux

 

Marianne, au centre de la Croix de guerre, bien visible sur le Monument aux Morts de Locmiquélic.

 

La cérémonie du 11 novembre se voulait avant tout patriotique : c'est d'abord la naissance de la République (la troisième) proclamée 50 ans plus tôt, le 4 novembre 1870, que le peuple était invité à commémorer.

BNF, gallica

La date choisie n'était pas anodine. C'est dans un moment très difficile de l'histoire du pays que la République avait été proclamée,

En 1920, le souvenir de la guerre de 1870 était encore vivace. On n'avait pas oublié que, cette année-là, le 10 juillet, Napoléon III avait déclaré la guerre au royaume de Prusse. On se souvenait aussi de la bataille de Sedan, le 2 septembre, où il avait dû capituler. On se souvenait de ce 4 septembre où les députés avaient prononcé la déchéance de l'empereur et ,proclamé le retour de la  République sous l'impulsion de Léon Gambetta et des Parisiens.

On se rappelait surtout, qu'on avait perdu la guerre, qu'on avait perdu l'Alsace et la Lorraine et qu'on ne l'avait jamais accepté.

"Pourtant là-bas est un point noir

Près de l'Alsace et de sa soeur ;

Oh ! là... Je ne veux plus rien voir :

C'est le terrier du ravisseur."

Ph. Georgeault-Jouan,18901

Ce 11 novembre 1920, on honorait donc avec la République, la mémoire des soldats de 1870 et celle des soldats de 14-18 qui nous avaient rendu l'Alsace et la Lorraine.

Le petit journal (7 nov. 1920), BNF Gallica

Ce jour-là, c'est le coeur de Gambetta, considéré comme "le véritable chef du gouvernement de la Défense nationale en 1870-71" et la dépouille du Soldat Inconnu, "symbole de la reconnaissance française envers 1 500 000 héros morts pendant la Grande Guerre"2 placés côte à côte sous l'Arc de Triomphe que l'on saluait.

Le coeur de Gambetta et le Soldat In connu sous l'arc de triomphe (agence Rol) BNF gallica
Cérémonie du 11 novembre 1920 à Paris (agence Rol) BNF Gallica

La presse locale de l'époque souligne bien le lien entre les deux guerres :

"La fête populaire a été splendide, joignant l'apothéose du patriotisme de 1870-1871 à celui (sic) du patriotisme de 1914-1918, dans l'apothéose générale de la France aimée de tous." (Le Nouvelliste du Morbihan, 13 novembre 1920).

Le coeur de Gambetta fut transporté au Panthéon dans la soirée tandis que le cercueil du Soldat fut installé dans la salle du premier étage transformée en chapelle ardente; en attendant son inhumation sous l'Arc de Triomphe, selon la volonté des associations d'anciens combattants.

CPA - coll. privée

1) La référence à la guerre de 1870 et la question de la Revanche est omniprésente dans l'oeuvre de Philoména Georgeault-Jouan, cette poétesse qui enseigna à Locmiquélic de 1880 à 1919. De nombreux poèmes de son recueil "l'écrin scolaire" destiné aux enfants de 8 à 13 ans en parlent aussi.

Les Locmiquélicains sont certainement impliqués dans cette commémoration. Aujourd'hui, en 2020,  Pierrette Horel (née en 1929) entonne encore des chansons évoquant la perte de l'Alsace et la Lorraine, des chansons que sa mère lui a apprises.

2) Le Nouvelliste du Morbihan, 13 nov 1920

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #fêtes calendaires, #La Grande guerre, #Histoire Nationale.

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Publié le 3 Novembre 2020

La cérémonie en l’honneur
des « Enfants de Locmiquélic Morts pour la France »

 

La loi du 25 octobre 1919 stipulait que,  tous les ans, le 1er ou le 2 novembre, une cérémonie serait consacrée dans chaque commune à la mémoire et à la glorification des héros Morts pour la Patrie. Elle devrait être organisée par la municipalité avec le concours des autorités civiles et militaires.

En 1920, cette cérémonie a pu se dérouler au pied du monument qui venait d’être inauguré 8 jours auparavant (le 24 octobre). Le comité chargé de son érection et présidé par Jean-Louis Danic[1] depuis avril 1919 avait « voulu qu’il soit placé à la place d’honneur au milieu de leurs chers morts parce que c’est l’endroit qui impose le plus de respect, le recueillement et la prière… »[2]

N’en doutons pas, ils étaient tous là, en tenue de deuil, les proches des 140 poilus dont les noms figurent sur le monument,  les veuves, les orphelins, les pères et mères, les frères et sœurs, les parents, les amis … regroupés devant l’édifice. Pas une famille n’avait été totalement épargnée.

Ils  avaient, presque tous, suivi les vêpres des morts, serrés dans la chapelle édifiée en 1970, une chapelle trop petite  qui n’avait sans doute pas pu les contenir tous. Ils avaient suivi les drapeaux portés par les anciens combattants, ceux qui étaient revenus et qui pouvaient témoigner des souffrances endurées.

Quelques-uns  avaient pu déposer des fleurs et se recueillir sur les tombes où reposaient ceux qui avaient expiré à Locmiquélic, des suites de leurs blessures ou d’une maladie contractée au service de la Nation.

Pour la plupart, le monument remplaçait la pierre tombale ou le tertre enclos d’une grille de fer forgé pour tous ceux qui n’étaient pas revenus, les marins engloutis avec leur bateau (le LEON GAMBETTA, L’AMIRAL CHARNER, le BOUVET, le  SUFFREN, le CASSINI…), ceux qu’on avait inhumé dans les cimetières du front en Picardie, en Champagne, ou dans l’Est, ceux qui reposaient si loin, en Turquie, en Grèce au Maghreb et ceux, trop nombreux, dont on n’avait pas retrouvé la dépouille, pulvérisée par les bombes ennemies.

coll. privée

Cent ans après, qui s’arrête devant le monument qu’on a fleuri à l’occasion de la Toussaint ?

Ils sont un peu plus nombreux, ceux qui participent aux cérémonies du 11 novembre, le jour dédié à la mémoire des poilus depuis le 24 octobre 1922. C’est un jour férié qui, depuis la loi du 20 février 2012, est devenu celui où l’on rend hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour la France.

Ne l’oublions pas. Ne les oublions pas.

 

[1] Jean-Louis Danic fut élu maire de la nouvelle commune de Locmiquélic le 10 décembre 1919. Il démissionna le 19 janvier 1920 avec tout le conseil municipal. Sa démission réitérée sera acceptée par le préfet en avril 1920. (Le conseil municipal avait été réintégré dans ses fonctions le 6 mars.)

[2] Extrait du discours écrit par Jean-Louis Danic pour l’inauguration du monument.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #fêtes calendaires, #La Grande guerre

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Publié le 18 Octobre 2019

Un article de l’Ouest Maritime annonce la mort d’Anastasie,  explique sa raison d’être et la façon dont elle était perçue par le journal et ses lecteurs.

Mais qui était Anastasie ?

 

  L'Adieu à Anastasie  
 
André Gill, L'éclipse , journal hebdomadaire, 1874, source : BNF, gallica

 

Le 21 octobre 1919, L’OUEST MARITIME annonçait avec satisfaction la mort d’ANASTASIE,  près d’un an après la capitulation allemande  et quatre mois après le traité de Versailles.

Le règne de la censure mise en place dès les premiers jours d’août 1914 pour « empêcher  toute indiscrétion militaire» s’achevait avec la fin officielle de l’état de siège au soulagement du journal  et de ses lecteurs.

Qui feuillette la presse de la période est habitué à ces carrés blancs qui apparaissent régulièrement dans les colonnes, carrés blancs qui ne manquaient pas d’interpeler  et d’inquiéter les  lecteurs de l’époque, constituant même une « attraction du journal » :

 

Le public, intrigué, nous arrivait chuchotant à mi-voix ; « Qu’est-ce que c’est ? Il se passe quelque chose ? Cela doit être bien grave ? … Dites- le moi dans le tuyau de l’oreille, je ne le répéterai à personne. »

On répondait par une échappatoire et le pseudo secret aussitôt répandu par le « discret solliciteur, avait fait en moins d’une heure, passant de bouche en bouche, le tour de la ville et même de ses plus lointains faubourgs.

l'Ouest Maritime, archives 56

Le journal admet cependant n’avoir pas trop eu à se plaindre des « délégués  aux ciseaux officiels" qui délivraient le précieux visa.  " Ils se sont toujours montrés courtois " malgré quelques blanchiments  assez fréquents.

Il se souvient tout de même de ce 23 mars 1918 où le chef de la censure militaire avait fait saisir tous les numéros du journal qui relatait le bombardement de Paris par la grosse Bertha.

Mais qui tenait les ciseaux ?

La censure militaire devant laquelle il fallut se présenter du 2 août 1914 au 18 octobre 1919 était personnifiée par un capitaine de frégate (nom illisible) puis par un commandant d’infanterie coloniale (nom illisible aussi !) remplacé par le lieutenant de cavalerie de Geslas de Lespéroux à qui succédèrent deux capitaines de frégate.

La censure civile ne fonctionna que jusqu’au 1er août  1917. Elle était exercée par le sous-préfet et « incidemment, par M. Labes, adjoint au maire de Lorient".

L’article se termine par un cri de soulagement :

 C’est «  Le capitaine de frégate Le Coïc, qui, déposant des ciseaux sur l’autel de la paix reconquise, nous a rendu, définitivement, la clef des champs. »

Définitivement ? Vraiment ?

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre

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Publié le 6 Février 2019

  Le retour des poilus 

 

 

C’est à la fin du mois de janvier 1919 qu’arrivent en gare de Lorient de gros contingents de soldats démobilisés. L’accueil se fait de plus en plus chaleureux au fil de jours :

Voilà plus d’une semaine qu’il ne se passe pas de jour qu’il ne nous arrive en gare des détachements de soldats du front (…) ramenés à leurs dépôts lorientais pour y être déshabillés et démobilisés.

À chaque fois, notre excellente musique du 62ème sous la direction de son dévoué chef, M. le tambour-major Jollois, s’en va les prendre à la gare, d’où ils sont dirigés en général sur la caserne Bisson.

Les sympathies se manifestent à chaque fois plus chaleureuses à chacune de ces arrivées, et les ovations que recueillent nos poilus de la Grande Guerre enfin rendus à leur foyer vont toujours crescendo… et à très juste titre.

Aujourd’hui, nous est arrivé un nouveau détachement du 88ème territorial. Il a été reçu avec le même cérémonial. Mais il a semblé à beaucoup de bons esprits, inspirés du plus pur sentiment patriotique, que ce n’est pas encore de cette façon, vraiment trop discrète et effacée, que l’on devrait recevoir nos vainqueurs.

À la vérité, l’on commence à dresser sur le parcours de nos « victorieux » des mâts de fête auxquels sont hérissés des drapeaux et des oriflammes tricolores.

Mais ce ne sont là que des témoignages muets, abstraits. Ne pourrait-on les rendre plus concrets, plus « saute aux yeux » en convoquant (…) nos sociétés de tir, notre jeunesse des écoles (…) qui, jointes à des piquets de troupes en armes rendraient les honneurs à tous ces braves gens qui (…) s’en retournent à la vie civile dans laquelle au moins momentanément, beaucoup appréhendent de ne plus retrouver la situation qu’ils occupaient au moment où la mobilisation les a appelés aux frontières.

Le nouvelliste du Morbihan, 1er février 1919

L'accueil des poilus en gare de Lorient ...

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre

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Publié le 9 Janvier 2019

Les « vieilles classes » sont démobilisées et les pêcheurs reprennent la mer.

A Locmiquélic où 600 pêcheurs avaient  été recensés en 1911, l’activité reprend à Sainte-Catherine et à Pen Mané. Les pluies diluviennes et les tempêtes  des premiers jours de 1919 ne les découragent pas.

Le poisson, qui était devenu rare, réapparaît sur les marchés de Port-Louis et  Lorient où il se vend toujours très cher.

Un petit tour au marché du samedi 6 janvier 1919 :

« L’année nouvelle nous est arrivée sous forme d’averses diluviennes [ …]
Et pourtant, malgré le vent qui souffle en tempête et qui nous chasse au visage des bourrasques glaciales, il y a un peu de monde au marché. […]
Aux halles, malgré la tempête, pas mal de poisson : il faut dire aussi que le nombre du personnel pêcheur et des bateaux de pêche s’est accru sensiblement, par suite de la démobilisation des vieilles classes et de la cessation des hostilités.
Malgré tout, les prix restent très élevés :
une poule de mer, 8 francs,
un merlan moyen, 10 sous,
un fouet de congre de 2 à 3 francs,
un lieu de 20 à 30 sous,
une toute petite targe, 5 sous,
un turbotin, 3 francs,
un chinchard, de 12 à 18 sous,
un ratillon, de 25 à 30 sous.
[…] »

Le nouvelliste du Morbihan, 6 janvier 1919

L’occasion de remarquer que les poissons se vendaient généralement à la pièce plutôt qu’au poids et  de retrouver des appellations que l’on n’entend plus guère !

Mais qu’est-ce donc qu’une targe ????  A Locmiquélic, les vieux Minahouets vous diront que c’est un plie … (ou  un carrelet), ce poisson plat à pois orange, généralement bon marché, que vous voyez  toujours chez le poissonnier.  Si vous n’en avez jamais mangé, nous vous conseillons de découvrir son goût iodé. Attention à le choisir très, très frais (Vous pouvez demander qu’on vous lève les filets !)

Par Arnstein Rønning — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15063287

 

 

Il n’est, par contre,  pas du tout sûr que l’on sache encore ce qu’est le ratillon qui était beaucoup pêché au début du XXème siècle !

Renseignements pris, il s’agit d’une petite raie de la taille d'une main ! En voyez-vous parfois ? Etonnamment, vous trouvez des recettes sur le net. Le terme est donc encore employé dans certaines régions.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre, #à boire et à manger

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Publié le 11 Novembre 2018

 ça s'est passé comment 
 à Locmiquélic ? 

Les témoignages que nous avons pu lire ici et là et la lecture de la presse du jour, nous permettent de reconstituer l’ambiance qui devait régner à Locmiquélic  en  cette journée si particulière, «une journée d’automne splendide, une des plus belles de l’été de Saint-Martin»1.

L'attente

On savait que les pourparlers allaient  aboutir.

Depuis la mi-octobre, on savait que la fin de la guerre était proche : on l’avait lu dans le journal et les pronostics allaient bon train après la capitulation des alliés de l’Allemagne.

Quand celle-ci allait-elle enfin demander la paix ?

Monument édifié à la Flamengrie (Aisne) à l'endroit où fut demandé l'armistice le 7 novembre 1918.

C’est dans le journal du 10 novembre qu’on a pu lire la bonne nouvelle :

le jeudi 7 à 10 heures du soir, les « Boches » ont présenté le drapeau blanc.

On a appris l’arrivée des délégués allemands au quartier général du Maréchal Foch le vendredi matin. On sait que les conditions imposées par les alliés leur ont été remises et qu’ils disposent de 72 heures pour y répondre…

Alors, partout, on attend. On attend, confiant et anxieux à la fois.

BNF- gallica : le wagon où fut signé l'armistice exposé dans la cour des Invalides, le 29 avril 1921

L'annonce

Ce lundi 11 novembre, dès le matin, au moins à Lorient, le bruit court : l’Allemagne a  signé  « sa propre capitulation». Mais l’annonce officielle du cessez-le-feu, ce cessez-le-feu  qui devait être effectif à 11 heures précises n’arrivera pas avant l’heure dite.

Et c’est à 11 heures précises, que le vice-amiral Aubry autorise la publication de l’armistice. A Lorient, on ne tarde pas à pavoiser, « les couleurs françaises et alliées flottent allègrement à toutes les fenêtres, et jusqu’aux plus humbles mansardes. ».

Pourtant, ce n’est qu’à midi que tous les maires du département reçoivent la dépêche tant espérée :

« Armistice conclu ce matin, hostilités cessent à partir de onze heures. Veuillez annoncer la nouvelle, faire sonner les cloches et pavoiser en l’honneur de la Victoire de la France et de ses alliés. »

La liesse

Il est probable que les Locmiquélicains ont entendu sonner l’angélus avant « l’alléluia du triomphe » à l’église Saint-Michel mais les avions des vainqueurs qui survolaient la ville en fin de matinée ne laissaient pas planer le doute.

Et qui sait ? Les vents ont peut-être porté plus vite le son des cloches de l’église Saint-Louis jusqu’à la rive gauche. Il est en tout cas certain que les 21 coups du canon de la Tourmente «répétés successivement par tous les navires de la rade, français et alliés, et que leurs sirènes,  se mêlant à celles des navires de commerce (…) amarrés dans l’avant-port et le bassin à flot [se joignant] à celle des grandes usines » ont été entendus et accueillis ici avec la plus grande émotion.

« Achiw an taol ! Ça  y est ! ça y est ! » semble être le leitmotiv prononcé partout, au front comme à l’arrière, sur les lettres des poilus ou de leurs familles « le cri unique, unanime, lancé à plein poumon par tous » qui témoigne du soulagement général après  52 mois d’angoisse, de larmes et de privations.

La victoire en chantant (BNF, gallica, La baïonnette, 3 octobre 1918)

On a agité les drapeaux français et américains... et on a remercié le ciel et les poilus.

Comme partout, on s’est embrassé. Les larmes ont coulé sur des visages heureux ! La guerre était finie !!!

 On pensait à tous ceux qui étaient tombés, aux veuves, aux orphelins mais on respirait… enfin !

 1 - (Union Morbihannaise 24 nov)

Sources : Le nouvelliste du Morbihan, 10 et 12 novembre 2018.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre

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