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36 articles avec fetes calendaires

Noël 2020, une crèche à la belle étoile

Publié le par Marylis Costevec

Les paroissiens et les amateurs de crèche ont été un peu surpris cette année 2020. La crèche est posée à même le sol. Quelques rochers de papier, un peu de lierre, un peu de mousse, de paille et de sable servent d'écrin aux personnages de la crèche, peu nombreux ...

"En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire." (Évangile , Luc, 2, 16-21)

 

crèche Noël 2020

Certains s'en désolent regrettant le temps de la grande crèche, celle qui attirait les visiteurs des communes environnantes. D'autres supposent que le minimalisme affiché correspond à la demande du curé qui serait un tantinet austère mais chacun salue le travail des paroissiennes qui l'ont mise en place.

Minimaliste mais aussi originale : vous l'avez remarqué, cette année, pas d'étable, pas de grotte, pas de cabane !

 

 

Jésus est né à la belle étoile. Celle qui a guidé les bergers et les mages brille accrochée au haut du sapin.

Profitez-en pour admirer aussi le grand vitrail de la chapelle qui abrite les fonds baptismaux.

Bonne visite ! Il est encore temps.

Publié dans fêtes calendaires

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Comment souhaitait-on la BONNE ANNEE en 1900 ?

Publié le par Marylis Costevec

On vous a souhaité une bonne année et même une belle année (c'est nouveau).

On a peut-être ajouté : " SURTOUT une bonne santé !" en croisant les doigts .

On vous a souhaité le bonheur et la prospérité !

Et cette année, seuls les très proches vous ont embrassé !

Mais en 1900, que souhaitait-on ?

Source BNF-gallica

 

Nous avons trouvé une petite chronique* (qui se voulait humoristique) qui lève un peu le voile sur les rapports sociaux de l'époque.

On vous laisse découvrir :

"[...] des passants s'accostent, se donnent force baisers, se font force souhaits.

Dans le monde pieux : " Bonne année, le paradis à la fin de vos jours !"

Dans le grand monde : "Mes meilleurs voeux pour la nouvelle année !"

Dans le petit monde : "On t'la souhaite, la bonne année, la goutte au nez, la (c'est suffisant, n'est-ce pas ?)."

Et ainsi tout le long de la journée, cela ne coûte rien.

(...)

(...) je souhaite de tout mon coeur, à mes gracieuses lectrices et mes aimables lecteurs, une année couverte d'or et surtout de bonheur.

Je serais un piètre chroniqueur si je ne souhaitais pas :

Aux jeunes filles : un mari très doux, très affectueux, qui conduise son épouse à la messe et, encore mieux, au bal.

A celles qui ont coiffé Sainte-Catherine : un joyeux célibat au milieu des enfants des autres.

Aux jeunes mariés : un bébé joufflu.

Aux vieux mariés : un gendre.

Aux coquettes : des cheveux rouges.

Aux écoliers : de la moustache.

Aux candidats au mariage : une belle dot avec une jolie femme.

Aux gendres : une belle-mère absente.

Aux hommes politiques : un chèque et l'assiette au beurre.

Aux militaires : une grosse nounou.

Au présent journal : cent mille lecteurs.

Si ces souhaits se réalisent, je serai le plus heureux des mortels.

signé : Henri Bleu"

 

Autres temps, autres moeurs ?

Ce qui ne nous empêche pas de souhaiter, nous aussi, cent mille lecteurs à ce blog !

Et pour vous ?... tout ce que vous désirez !

  Bonne Année  

 

* Le nouvelliste du Morbihan, 4 janvier 1900

Publié dans fêtes calendaires

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Que l'année qui vient soit meilleure que l'année qui s'en va !

Publié le par Marylis Costevec

Le souhait de chaque premier janvier qui est encore plus pressant cette année.

C'est au tout début du XXème siècle que nous empruntons cette carte de voeux qui résume tous nos espoirs !

 

Pas sûr que l'année qui s'en va emporte tous nos soucis.

Mais, en ce premier janvier 2021, nous espérons que l'année qui commence nous apportera un peu plus de  sérénité,  la convivialité et  la liberté et qui nous ont tant manqué.

Nous vous souhaitons le meilleur... de l'amour, encore de l'amour et tout ce dont vous rêvez.

 

  BLEAD MAT  

 

Publié dans fêtes calendaires

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Noël dans le monde

Publié le par Jkris

Cet article est reposté depuis Devinettes de Noël.

Publié dans fêtes calendaires

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Joyeux Noël 2020 !

Publié le par Marylis Costevec

Cette année, même si le port de Sainte-Catherine a revêtu ses habits de lumière, le père Noël n'est pas arrivé en bateau, !

Mais pas d'inquiétude. Il se porte bien !

Et s'il se fait discret pour nous protéger tous, il a su trouver le chemin pour gâter les petits et les grands enfants sages !

 

 

Publié dans fêtes calendaires

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le 11 novembre 1920 : Hommage à Marianne et aux poilus.

Publié le par Marylis Costevec

 

Le 11 novembre 1920, Les Minahouets étaient appelés au pied du Monument aux Morts pour la troisième fois en 18 jours.

Ces trois cérémonies n'étaient cependant pas identiques :

Le 24 octobre, on inaugurait le monument et le comité chargé de son érection le remettait solennellement aux Locmiquélicains représentés par le maire, Jules Le Bourdiec et les conseillers municipaux en présence des habitants, des enfants des écoles, et des personnalités civiles et religieuses : député, conseiller général, sous-préfet, le recteur et son vicaire,

Le second hommage, pour la fête des morts, était essentiellement religieux

 

Marianne, au centre de la Croix de guerre, bien visible sur le Monument aux Morts de Locmiquélic.

 

La cérémonie du 11 novembre se voulait avant tout patriotique : c'est d'abord la naissance de la République (la troisième) proclamée 50 ans plus tôt, le 4 novembre 1870, que le peuple était invité à commémorer.

BNF, gallica

La date choisie n'était pas anodine. C'est dans un moment très difficile de l'histoire du pays que la République avait été proclamée,

En 1920, le souvenir de la guerre de 1870 était encore vivace. On n'avait pas oublié que, cette année-là, le 10 juillet, Napoléon III avait déclaré la guerre au royaume de Prusse. On se souvenait aussi de la bataille de Sedan, le 2 septembre, où il avait dû capituler. On se souvenait de ce 4 septembre où les députés avaient prononcé la déchéance de l'empereur et ,proclamé le retour de la  République sous l'impulsion de Léon Gambetta et des Parisiens.

On se rappelait surtout, qu'on avait perdu la guerre, qu'on avait perdu l'Alsace et la Lorraine et qu'on ne l'avait jamais accepté.

"Pourtant là-bas est un point noir

Près de l'Alsace et de sa soeur ;

Oh ! là... Je ne veux plus rien voir :

C'est le terrier du ravisseur."

Ph. Georgeault-Jouan,18901

Ce 11 novembre 1920, on honorait donc avec la République, la mémoire des soldats de 1870 et celle des soldats de 14-18 qui nous avaient rendu l'Alsace et la Lorraine.

Le petit journal (7 nov. 1920), BNF Gallica

Ce jour-là, c'est le coeur de Gambetta, considéré comme "le véritable chef du gouvernement de la Défense nationale en 1870-71" et la dépouille du Soldat Inconnu, "symbole de la reconnaissance française envers 1 500 000 héros morts pendant la Grande Guerre"2 placés côte à côte sous l'Arc de Triomphe que l'on saluait.

Le coeur de Gambetta et le Soldat In connu sous l'arc de triomphe (agence Rol) BNF gallica
Cérémonie du 11 novembre 1920 à Paris (agence Rol) BNF Gallica

La presse locale de l'époque souligne bien le lien entre les deux guerres :

"La fête populaire a été splendide, joignant l'apothéose du patriotisme de 1870-1871 à celui (sic) du patriotisme de 1914-1918, dans l'apothéose générale de la France aimée de tous." (Le Nouvelliste du Morbihan, 13 novembre 1920).

Le coeur de Gambetta fut transporté au Panthéon dans la soirée tandis que le cercueil du Soldat fut installé dans la salle du premier étage transformée en chapelle ardente; en attendant son inhumation sous l'Arc de Triomphe, selon la volonté des associations d'anciens combattants.

CPA - coll. privée

1) La référence à la guerre de 1870 et la question de la Revanche est omniprésente dans l'oeuvre de Philoména Georgeault-Jouan, cette poétesse qui enseigna à Locmiquélic de 1880 à 1919. De nombreux poèmes de son recueil "l'écrin scolaire" destiné aux enfants de 8 à 13 ans en parlent aussi.

Les Locmiquélicains sont certainement impliqués dans cette commémoration. Aujourd'hui, en 2020,  Pierrette Horel (née en 1929) entonne encore des chansons évoquant la perte de l'Alsace et la Lorraine, des chansons que sa mère lui a apprises.

2) Le Nouvelliste du Morbihan, 13 nov 1920

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La commémoration du 11 novembre en 2020 à Locmiquélic : un comité restreint.

Publié le par Marylis Costevec

Journée nationale de commémoration

de la Victoire et de la Paix,

Hommage à tous les "Morts pour la France" 

 

En raison de la crise sanitaire, le public n'était pas autorisé à participer aux cérémonies commémoratives. C'est donc en Comité restreint que s'est effectué le dépôt de gerbe au pied de la stèle rappelant le sacrifice des "Enfants de Locmiquélic" qui ont donné leur vie pour la Patrie : on notait , aux côtés de Philippe Berthault, maire, la présence de Didier Tanguy, maire adjoint, Madame Nahalie le Magueresse, ancien maire, élue d'opposition, Alain Le Huec, président de l'UFAC de Locmiquélic.

 

 

 

 

Le discours du maire

Jean Yves Le Gloahec, conseiller municipal a d'abord évoqué la naissance de la commune et l'érection du Monument aux Morts, inauguré le dimanche 24 octobre 1920.

Une plaque portant les noms de deux marins disparus lors de la Grande Guerre dont il a retrouvé la trace a été rajoutée à l'arrière du Monument. Il s'agit de Gildas Le Corre, né à Locmiquélic (commune de Riantec) le 30 janvier 1892, fusilier-marin disparu à Steenstracte (Belgique) le 17 décembre 1914 et de Charles-Marie Scolan, né à Locmiquélic (commune de Riantec) le 28 décembre 1882, matelot-charpentier disparu le 18 mars 1915 à bord du BOUVET, coulé après avoir été touché par une mine dans le détroit des Dardanelles.

Le discours de Geneviève DARRIEUSSECQ, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants, a été lu par le maire, Philippe Berthault :

 Il évoque la cérémonie de 1920. Ce jour-là, 'le peuple de France accompagne solennellement le cercueil du Soldat Inconnu sous les voûtes de l'Arc de Triomphe, saluant la mémoire de tous les soldats morts sous le drapeau tricolore."

En 2020, c'est Maurice Génevoix qui entre au Panthéon. "(...) Il y entre avec tous ses frères d'armes, ceux dont il a immortalisé le souvenir, l'héroïsme et les souffrances. (...) "

Pour lire le texte en entier, cliquer sur le lien ci-dessous.

Un jeune Locmiquélicain qui effectue son SNU (Service National Universel) a lu un texte de Maurice Génevoix qui est entré ce mercredi au Panthéon, ce texte qui se termine par la phrase d'anthologie :

« Ce que nous avons fait, c’est plus qu’on ne pouvait demander à des hommes. Et pourtant, nous l’avons fait »

Vous trouverez, plus bas un article sur Maurice Génevoix.

Discours de Geneviève DARRIEUSSECQ, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants, prononcé lors de la journée nationale de commémoration de la Victoire et de la Paix, Hommage à tous les "Morts pour la France"

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En 1920, pour la Toussaint, tous les Locmiquélicains unis autour du monument aux Morts ...

Publié le par Marylis Costevec

La cérémonie en l’honneur

des « Enfants de Locmiquélic Morts pour la France »

 

La loi du 25 octobre 1919 stipulait que,  tous les ans, le 1er ou le 2 novembre, une cérémonie serait consacrée dans chaque commune à la mémoire et à la glorification des héros Morts pour la Patrie. Elle devrait être organisée par la municipalité avec le concours des autorités civiles et militaires.

En 1920, cette cérémonie a pu se dérouler au pied du monument qui venait d’être inauguré 8 jours auparavant (le 24 octobre). Le comité chargé de son érection et présidé par Jean-Louis Danic[1] depuis avril 1919 avait « voulu qu’il soit placé à la place d’honneur au milieu de leurs chers morts parce que c’est l’endroit qui impose le plus de respect, le recueillement et la prière… »[2]

N’en doutons pas, ils étaient tous là, en tenue de deuil, les proches des 140 poilus dont les noms figurent sur le monument,  les veuves, les orphelins, les pères et mères, les frères et sœurs, les parents, les amis … regroupés devant l’édifice. Pas une famille n’avait été totalement épargnée.

Ils  avaient, presque tous, suivi les vêpres des morts, serrés dans la chapelle édifiée en 1970, une chapelle trop petite  qui n’avait sans doute pas pu les contenir tous. Ils avaient suivi les drapeaux portés par les anciens combattants, ceux qui étaient revenus et qui pouvaient témoigner des souffrances endurées.

Quelques-uns  avaient pu déposer des fleurs et se recueillir sur les tombes où reposaient ceux qui avaient expiré à Locmiquélic, des suites de leurs blessures ou d’une maladie contractée au service de la Nation.

Pour la plupart, le monument remplaçait la pierre tombale ou le tertre enclos d’une grille de fer forgé pour tous ceux qui n’étaient pas revenus, les marins engloutis avec leur bateau (le LEON GAMBETTA, L’AMIRAL CHARNER, le BOUVET, le  SUFFREN, le CASSINI…), ceux qu’on avait inhumé dans les cimetières du front en Picardie, en Champagne, ou dans l’Est, ceux qui reposaient si loin, en Turquie, en Grèce au Maghreb et ceux, trop nombreux, dont on n’avait pas retrouvé la dépouille, pulvérisée par les bombes ennemies.

coll. privée

Cent ans après, qui s’arrête devant le monument qu’on a fleuri à l’occasion de la Toussaint ?

Ils sont un peu plus nombreux, ceux qui participent aux cérémonies du 11 novembre, le jour dédié à la mémoire des poilus depuis le 24 octobre 1922. C’est un jour férié qui, depuis la loi du 20 février 2012, est devenu celui où l’on rend hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour la France.

Ne l’oublions pas. Ne les oublions pas.

 

[1] Jean-Louis Danic fut élu maire de la nouvelle commune de Locmiquélic le 10 décembre 1919. Il démissionna le 19 janvier 1920 avec tout le conseil municipal. Sa démission réitérée sera acceptée par le préfet en avril 1920. (Le conseil municipal avait été réintégré dans ses fonctions le 6 mars.)

[2] Extrait du discours écrit par Jean-Louis Danic pour l’inauguration du monument.

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à la Saint-Jean : légende autour du feu ...

Publié le par Marylis Costevec

Nous vous l'avons souvent dit : quand on s'intéresse au passé on n'a jamais fait le tour d'une question ! Nous découvrons sans arrêt des éléments qui précisent des études que nous avions cru boucler !

Aujourd'hui, c'est une vraie pépite que nous avons trouvée dans un journal de 1895 (Le phare de Bretagne, du 25 juin). Cet article nous raconte une légende qui nous était inconnue, une légende qu'on entendait chez nous, il y a bien longtemps  à propos des feux de la Saint-Jean, une légende qu'on aurait bien aimé intégrer à l'article que nous avons écrit dans le dernier numéro de "c'était hier ", la revue du Comité d'Histoire de Locmiquélic !

 

Découvrez-la !

 

En cette année 1895, en revenant du Kernével, le chroniqueur du « PHARE DE BRETAGNE », a vu s’élever les flammes des feux de la  Saint-Jean sur toutes les côtes de Riantec, de Locmiquélic, de Larmor et de Ploemeur.

A cette occasion, il rappelle cette légende que l’on racontait « dans les terres, où les vieilles mœurs se sont mieux conservées qu’ailleurs, grâce au génie particulier de la race (sic) » :

« La croyance est que les morts qui rôdent la nuit par les campagnes viennent se chauffer autour des cendres. Les morts ont toujours froid ; ils cherchent à se réchauffer, et l’on jette  à leur intention dans le feu des pierres qui conserveront leur chaleur une partie de la nuit. Les morts les disposent en rond, s’y asseyent et devisent tout une nuit, joyeusement, en oubliant leurs peines.

Quand le coq gris chante, ils se lèvent subitement et dispersent les pierres qui leur ont servi ; quand le coq rouge claironne à son tour, ils disparaissent en bénissant les membres de leur famille qui ont conservé leur souvenir, et leur témoignent une religieuse pitié. »

 

 

Et le chroniqueur de se désoler parce que (déjà ! ndlr) les traditions se perdent :

L’esprit n’y est plus. Ce sont les enfants qui, pour l’avoir entendu dire par les grands-pères, veulent à leur tour célébrer la fête. Les grandes personnes haussent les épaules et ricanent et le garde-champêtre survient […]

Déjà hors-la-loi, ces feux ?

NB : D'après Anatole le Bras, le coq blanc et le coq gris seraient des écervelés qui chantent à tort et à travers et n'annoncent pas le lever du jour. On ne peut se fier qu'au chant du coq rouge.

https://books.google.fr/books?id=ouEMCwAAQBAJ&pg=PT40&lpg=PT40&dq=le+coq+blanc,+le+coq+gris+et+le+coq+rouge+l%C3%A9gende&source=bl&ots=dZm_52rKRi&sig=ACfU3U06jdyNmqUp1T05ytXszSrEO8BJsg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi1ktyns4zqAhVNrxoKHcYUDwsQ6AEwE3oECAcQAQ#v=onepage&q=le%20coq%20blanc%2C%20le%20coq%20gris%20et%20le%20coq%20rouge%20l%C3%A9gende&f=false

 

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Poissons d'avril, bizutages d'autrefois ?

Publié le par Marylis Costevec

En ce premier avril 2020, on vous a peut-être fait des poissons d’avril par téléphone, mail ou visioconférence ; ceux qui vivent avec des enfants en ont peut-être eu d’accrochés dans le dos !

Sur les réseaux sociaux, il en est apparu de très gros et des plus fins, histoire de détendre une atmosphère particulièrement pesante … Peut-être que vous-mêmes, vous vous êtes fait avoir !

Nous avons eu envie de remonter le temps et de retrouver des blagues d’autrefois  et cela nous a réservé quelques surprises !

Une expression qui a changé de sens !

Si l’on en croit wikipédia, c’est en 1718 que l’expression «donner un poisson d’avril » entre dans  le Dictionnaire de l'Académie française. A l’époque, cela signifie « obliger quelqu'un à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui »3. Il faut bien avouer que les "poissons d’avril" qui ont fleuri sur les réseaux sociaux en cette année 2020, n’ont plus grand-chose à voir avec cette définition !

Poissons d’avril d’autrefois

Le 4 avril 1908, le progrès du Morbihan proposait un florilège de ces poissons d’avril qui n’avaient déjà plus cours :

« Chaque corporation avait son poisson d’Avril :

Les tisserands invitaient leurs apprentis à aller chercher un échantillon de la fameuse toile sans chaine ni trame ; les lampistes demandaient à leurs commis de l’huile de cotret*, et les couturières, modistes et tailleuses ne se faisaient pas faute de demander à leurs « arpètes » de se procurer un bon moule à aiguilles.

BNF, gallica, M. Toussaint

Les matelots de l’ancienne marine à voile n’eussent manqué pour rien au monde d’adresser ce jour-là, un novice ou un mousse peu dégourdi pour demander au commandant de leur bâtiment pour réclamer de son obligeance la corde à virer le vent. Durant ce même jour, les jardiniers conseillaient à ceux qui voulaient réussir dans la vie, de se procurer une goutte de rosée de midi, à moins qu’ils ne réussissent à découvrir le fameux bâton d’un

Gallica BNF

seul bout, dont la vertu magique est comparable à celle de de la baguette de

Fortunatus.

Faut-il encore citer la recherche de la presse à velours, imposée aux commis de la nouveauté ; de la scie à mastic dont les peintres-vitriers éprouvaient tous ce jour-là le besoin urgent de se servir ; de l’esprit en bouteille, dont on conseillait l’usage aux sots ; du fusil cintré pour tirer dans les coins, dont les chasseurs expérimentés révélaient l’existence aux novices ; de tant d’autres objets bizarres auxquels il faut apparenter la machine à faire … bayer les coquecigrues, dont parle quelque part maître François Rabelais, de joyeuse mémoire !

Il fallait bien s’amuser

Toutes ces recherches saugrenues s’agrémentaient d’incidents bizarres, de courses prolongées, d’interminables stations pendant lesquelles on faisait cent fois pour une, répéter sa demande au pauvre mystifié, afin de jouir longuement de sa naïveté et aussi de sa confusion quand enfin on lui révélait la vérité ridicule.

La coutume a disparu de ces plaisanteries au gros sel. On n’envoie plus les conscrits du régiment chercher la pierre à attendrir la viande, laquelle se trouvait toujours dans une autre caserne sous forme d’un énorme pavé, extrêmement lourd, dont précisément on n’avait plus besoin lorsque les commissionnaires arrivaient à destination, et que conséquemment, on les envoyaient rapporter là où ils l’avaient pris.

On ne leur conseille plus d’aller chercher quand ils veulent sortir, la clef du champ de manœuvres. Mais on a remplacé ces grosses plaisanteries par des envois de cartes postales spéciales, bien peu spirituelles le plus souvent, et quelquefois même d’une révoltante grossièreté.

 

Sait-on cependant que ces promenades burlesques ont eu une origine sacrée ?

On sait que pour ridiculiser le Christ, les Pharisiens le renvoyèrent d’Anne à Caïphe , de Caïphe à Hérode, d’Hérode à Pilate, sous les injures et les coups. C’est pour commémorer cette suppliciante promenade, que les Chrétiens des premiers âges – dont le poisson était l’emblème – se faisaient don mutuellement au moment de la Pâque de petits poissons de pâte ou de métal. La Pâque chrétienne tombant presque toujours en avril, la coutume fut vite prise de donner à ces menus cadeaux le nom de poisson d’avril qui leur est resté."

Le Progrès du Morbihan, 4 avril 1908

* huile de cotret : expression argotique qui signifie « coups de bâton ».

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