L'Histoire de Locmiquélic par petites touches et par le petit bout de la lorgnette. Des petites chroniques vous faisant part de nos recherches sur les lieux, les gens, les traditions. Des anecdotes et des études plus approfondies au gré de notre fantaisie. Et, puisque l'histoire se construit tous les jours, un regard sur l'actualité et des annonces d'événements ...
On nous l’avait promis à Lorient pour ce long week-end de l’Ascension. Le Nao Victoria, LE navire mythique du XVIe siècle, la réplique exacte du fameux trois-mâts qui fut le tout premier à boucler le tour du monde en 1519 sous les ordres de Magellan. Une légende des océans, capable de braver le Cap Horn et de traverser le Pacifique.
Et pourtant... il aura suffi d'un coup de vent en Bretagne Sud pour saborder nos plans. Retour sur un feuilleton maritime plein de rebondissements, qui nous laisse un peu sur notre faim (et franchement perplexes !)
Acte I : Le détour surprise en Loire
Maryl photos
Le feuilleton commence jeudi matin. Grosse surprise pour les habitants de Paimbeuf (en Loire-Atlantique) qui découvrent au réveil le navire espagnol amarré à leur ponton. En cause ? Une mer un peu trop forte selon le capitaine, qui a préféré jouer la sécurité et se mettre à l'abri dans l'estuaire plutôt que de pousser jusqu'à Lorient.
De notre côté, pas découragés pour un sou et nos billets en poche, on s'adapte. L’organisation nous propose un plan B pour samedi ou dimanche. Par prudence, on coche le dimanche. On y croit !
Acte II : L'espoir renaît (un peu trop vite)
Vendredi soir, l'espoir est au maximum. On checke le traceur GPS : le navire a enfin quitté la Loire et fait route vers le Morbihan. On est confiant, le grand voyageur est en chemin, la visite dominicale semble sauvée. On s'y voit déjà.
Acte III : Le grand demi-tour nocturne
Samedi matin, l'œil à peine ouvert, premier réflexe numérique pour suivre la bête. Et là, c'est la douche froide... ou plutôt le fou rire un peu nerveux. Le navire a fait un demi-tour complet en pleine nuit pour retourner sagement... à Paimbeuf.
Dans la foulée, le mail officiel tombe dans notre boîte aux lettres pour confirmer le naufrage de notre sortie :
"Des vents violents se sont levés et la houle s'est intensifiée de manière inattendue, mettant en danger le navire et l'équipage. Afin de ne prendre aucun risque, le capitaine a pris la décision de faire demi-tour et de retourner au port de refuge."
NAO Victoria à Paimbeuf le 17 mai 2026 (Maryl photos)
On résume : le bateau qui a survécu aux océans les plus hostiles de la planète il y a 500 ans a donc été mis en échec par la houle morbihannaise. On imagine d'ici les marins du XVIe siècle, l'oeil sur la boussole, terrassés par les éléments au large de Belle-Isle !
Par Abraham Ortelius — www.helmink.com(Archive: https://web.archive.org/web/20170203125700/http://www.helmink.com/Antique_Map_Ortelius_Pacific/), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1593812
Un rendez-vous manqué...
mais ce n'est que partie remise !
Blague à part, on était évidemment super déçus de louper la visite. On salue tout de même la prudence du capitaine : la sécurité de ce magnifique navire en bois et de son équipage passera toujours en premier.
Mais avouez quand même que pour une réplique historique de cette trempe, se faire recaler à l'entrée de Lorient par un week-end de mai un peu agité, ça ne manque pas de sel !
Et vous, vous faisiez partie des déçus du week-end ?