Remise solennelle des objets confectionnés
au profit de La Ligue contre le cancer
©Maryl Photos
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Samedi 24 octobre 2026, en clôture de la cinquième édition d'Octobre Rose à Locmiquélic, la salle municipale a vibré d'une émotion contenue lors de la remise solennelle des objets confectionnés par les couturières bénévoles du pays de Lorient. Un moment attendu, presque rituel, où chaque pièce cousue au fil des mois a trouvé son sens : ne plus laisser les malades affronter seuls l'épreuve du traitement.
837 pièces, 837 gestes de sororité
Le moment le plus attendu de la journée est venu le midi, lorsque les trois majestés de la Fête des Langoustines ont été invitées à comptabiliser les pièces réalisées. Devant un public attentif, elles ont dévoilé le résultat d'une mobilisation de plusieurs semaines : 837 pièces au total (contre 709 en 2025), dont :
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136 bonnets de chimiothérapie, pour protéger et réchauffer les cheveux qui tombent ;
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165 coussins cœurs, pensés pour soulager le corps et apaiser l'esprit ;
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229 fuffies, pour la douceur du quotidien ;
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307 sacs et pochettes, pour porter avec dignité l'intimité du traitement.
Chacun de ces objets porte en lui une histoire : celle d'un tissu donné à la pharmacie ou à la supérette, collecté par la commune ; celle d'une couturière qui a pris le temps, soir après soir, de coudre pour une inconnue. Derrière chaque pièce, il y a une femme qui a choisi de dire, à une autre femme qu'elle ne connaîtra sans doute jamais : « tu n'es pas seule ».
Le réconfort comme réponse
Carole Bernard, assistante sociale de l'antenne lorientaise de La Ligue contre le cancer, a rappelé avec justesse l'utilité concrète de ces objets pour les personnes en cours de traitement : un bonnet n'est pas qu'un bonnet, c'est une bouffée d'intimité retrouvée face au regard des autres ; un coussin cœur n'est pas qu'un coussin, c'est quelque chose à serrer quand la nuit est longue. Le réconfort tient dans ces détails du quotidien, là où la maladie s'invite sans prévenir.
La symbolique d'une commune mobilisée
Jean-Michel Bonhomme, président départemental de La Ligue contre le cancer, a salué l'engagement remarquable de la commune de Locmiquélic, tout en rappelant une réalité pesante : environ 800 patients sont suivis par La Ligue, et « malheureusement, des personnes de plus en plus jeunes ». Ses mots ont touché l'assemblée : la maladie gagne du terrain sur les vies qui commencent, et c'est précisément pour cela que la chaîne de solidarité ne doit jamais se rompre.
Lancée en 2022 à l'initiative de Stéphane Dréano, alors premier adjoint, cette mobilisation n'a cessé de grandir. « Nous avions collecté 3 113 € la première année. Au fil des ans, nous avons doublé la mise », se réjouit Annie Blaizot, conseillère municipale déléguée et coordinatrice des animations. En 2025, 7 473 € avaient été récoltés et 709 objets confectionnés. Le cap des 837 pièces, cette année, traduit une mobilisation qui s'élargit édition après édition.
Une sororité qui traverse les générations
Cette réussite collective est d'abord celle d'une quarantaine de couturières, venues de Locmiquélic, de la maison de Kervénanec à Lorient, du Groupement d’entraide mutuelle (GEM) l’Escale de Lorient et des communes alentour. Des femmes de tous âges, unies par le fil et l'aiguille. Une professeure en"prévention, santé, environnement" a également associé ses élèves des lycées Julien-Crozet et Émile-James à des ateliers de confection, transmettant aux plus jeunes la joie de créer pour les autres.
C'est peut-être là le plus beau message de cette journée : la sororité ne se décrète pas, elle se coud point par point. Les Minahouets l'ont prouvé une nouvelle fois, par la collecte de tissus de septembre, les tirelires chez les commerçants aux vitrines roses d'octobre, et des mains qui n'ont cessé de s'activer.
Un bilan moral déjà excellent
« Le bilan financier de cette 5e édition d'Octobre rose n'est pas encore établi, mais on peut déjà affirmer que le bilan moral est excellent », a conclu Annie Blaizot. Le chapeau circule encore, mais l'essentiel est déjà acquis : 837 preuves concrètes que dans le pays de Lorient, la solidarité envers les malades n'est pas un mot, mais un geste — patient, régulier, fidèle.