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Publié par Marylis Costevec

Le 27 septembre 1928, le nouvelliste du Morbihan publie un billet signé M.B. Celui-ci décrit la cohabitation entre les sardinières, « ces femmes qui acceptaient, avec bonne humeur, un des métiers les plus pénibles qui soient », et les touristes et les baigneurs qui prenaient le vapeur pour Port-Louis, une scène de la vie d’autrefois bien édifiante :
Ce jour-là, c’est sur la Marie-Ange, un vieux vapeur qui a repris du service que cela se passe :

« … le cortège des sardinières, le plateau sur la tête donne l’impression d’une fresque en marche le long de la jetée.

(…) Elles étaient plus de douze, embarquant à la file et le bateau était presque bondé. La place pour elles était fort juste mais où caser leurs grands plateaux ?

Les voici s’avançant entre les bancs des voyageurs maussades, et la machine leur envoyant à la figure des bouffées de vapeur, tandis que l’eau salée tombe goutte à goutte des paniers sur leur nuque et leur corsage.

Nous parlions tout à l’heure de voyageurs maussades. Vraiment, ils étaient mal avisés de se plaindre, eux qui étaient commodément assis, lorsqu’une goutte de saumure leur effleurait le nez !

Mais elles, encombrées de leur charge, dont elles devaient veiller à l’équilibre sur la tête et de leurs sabots qu’elles tenaient en main parce que, par crainte de manquer le bateau, elles avaient dû courir pieds nus, elles auraient eu bien d’autres raisons de sa plaindre de la dureté du sort !

(...)

Mais le bateau quitte le quai.

Chacune s’est casée comme elle a pu et il en est qui, debout, se balançant avec le roulis, tricotent pour ne pas perdre une minute. »

Et M. B. de conclure :

« Anatole Le Braz a chanté les faneuses de goëmons. S’il eut connu les sardinières de Port-Louis, leurs sœurs, il eut écrit pour elles, un de ses plus beaux poëmes ! »

 

Un grand merci à ce voyageur de nous offrir ce regard sur nos ancêtres, de nous rappeler leur bonne humeur et, surtout, leur courage ...

 

Nouvelliste du Morbihan (Le) du 27/09/1928

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