Une expo et une conférence qui nous mènent à travers la Bretagne en suivant le Blavet...
Le samedi 28 mars, dans le cadre de "BLAVET AU NATUREL", le Comité d'Histoire de Locmiquélic accueillait à l'ARTIMON un public intéressé par l'histoire du Blavet pour une animation en deux temps autour du fleuve qui parcourt la Bretagne du Nord au Sud : une expo de photos et une conférence.
EXPO : Le Blavet de la source à la mer
une balade en photos qui nous a menés de Bourbriac à la rade de Lorient. en suivant le cours du fleuve dans sa partie naturelle (jusqu'à Gouarec), et dans ses parties canalisées (canal de Nantes à Brest de Gouarec à Pontivy et canal du blavet de Pontivy à Hennebont) sans oublier le Blavet maritime soumis au rythme des marées depuis Hennebont jusqu'à la rade de Lorient.
L'exposition a réveillé des souvenirs, suscité des discussions informelles, des questions, permis des découvertes... Plusieurs personnes nous ont confié avoir envie de partir à la recherche de la source, revoir les sites connus et en découvrir de nouveaux...
Des escapades à programmer pour les semaines à venir avec, en tête, toutes les images et les informations apportées par Jean-François Nicolas ...
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Invité par le Comité d’histoire de Locmiquélic, l’historien local Jean-François Nicolas a retracé l’épopée de la canalisation du Blavet et ses profondes répercussions sur la Bretagne intérieure. Ce fleuve, qui prend sa source à Bourbriac dans les Côtes-d’Armor et parcourt 150 kilomètres avant de se jeter dans la rade de Lorient, a été au cœur d’un projet ambitieux lancé par Napoléon Ier au début du XIXᵉ siècle.
À une époque où la France subissait le blocus maritime imposé par les Anglais, l’empereur décida de créer un réseau de canaux reliant Lorient, Brest, Nantes et Saint-Malo, afin de favoriser le commerce à travers l’intérieur de la Bretagne.
Le tronçon du Blavet concerné par les travaux s’étendait de Hennebont à Gouarec, en passant par Pontivy, mais c’est surtout la partie entre Hennebont et Pontivy – le canal du Blavet – qui a retenu l’attention du conférencier.
Dès 1802, un décret impérial autorise le lancement du chantier. L’ingénieur Guy Bouëssel, chargé du projet, envisage d’abord une navigation à la perche, comme autrefois, avant d’y renoncer. Les travaux débutent alors par l’aménagement du chemin de halage, le creusement du chenal dans le lit même du fleuve, et la construction de 27 écluses accompagnées de leurs maisons éclusières.
Pour mener à bien ce vaste projet, des milliers de travailleurs sont mobilisés : des ouvriers spécialisés parfois venus de loin, mais aussi une main-d’œuvre locale non qualifiée, composée notamment de petits fermiers absents l’été pendant les récoltes. À ceux-ci s’ajoutent les « bagnards du Blavet », en réalité des déserteurs ou réfractaires de l’armée napoléonienne, dont la présence provoque parfois des tensions violentes avec les habitants. La première écluse, celle de Polvern, est achevée en 1816, et en 1825, la Marie-Thérèse, premier bateau parti d’Hennebont, atteint enfin Pontivy.
La navigation sur le canal commence peu après, mais elle ne connaît pas l’essor espéré. Jusqu’aux alentours de 1850, les bateaux sont halés par des hommes, puis par un ou deux chevaux, au pas ou au trot selon la taille et le chargement du chaland. Les recherches de Jean-François Nicolas ont mis en lumière l’existence des « penettes », des embarcations formées de deux demi-bateaux assemblés par leurs tableaux arrières. Il faut attendre le début du XXᵉ siècle pour voir apparaître des bateaux équipés de moteurs à pétrole.
Ce chantier d’envergure a profondément modifié le paysage et les activités aux abords du fleuve. Les gués et les pêcheries disparaissent définitivement, les saumons désertent les lieux, empêchés de remonter le fleuve par les barrages. Les ponts doivent être reconstruits. La plupart des moulins ne survivent au XIXᵉ siècle qu’en se reconvertissant en minoteries, avant de fermer face à la concurrence. Pourtant, la canalisation du Blavet apporte une certaine prospérité à la région, en valorisant les bois et les produits de la terre, et en facilitant les communications avec les ports d’Hennebont et de Lorient, ouvrant ainsi les populations locales, souvent repliées sur elles-mêmes.
Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, l’industrialisation utilise l’énergie hydraulique du canal : minoteries, brasserie, scierie, papeterie et même une usine à fer s’installent le long de ses berges.
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Aujourd’hui, il ne reste que peu de traces de ces activités industrielles, mais le canal du Blavet demeure, selon Jean-François Nicolas, un atout majeur pour le développement du tourisme en Bretagne intérieure.