La fête des Langoustines, côté coulisses : transmission, passion et esprit d'équipe...
Nous continuons à soutenir Angeline Le Formal dans sa collecte de témoignages sur la fête des Langoustines avec pour objectif l'édition d'un livre sur l'édition 2024, celle des 90 ans de l'événement.
Toutes les équipes de chars ont participé et vous avez pu prendre connaissance des données chiffrées exposées sous le chapiteau en août 2025. Elles montrent que cette fête perdure grâce à l'investissement de groupes passionnés qui, plusieurs mois durant, conçoivent et réalisent les chars que vous admirez lors du défilé d'août.
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Elles mettent aussi en évidence l'importance du travail des organisateurs qui œuvrent tout au long de l'année et celui des bénévoles qui, dans l'ombre, pendant quatre jours, donnent leur temps, leur énergie, leur bonne humeur pour que vive cette tradition, véritable marqueur de l'identité des Minahouets.
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Afin de mieux comprendre l’extraordinaire longévité de cette fête et l’énergie qui l’anime, et pour saisir comment le relais s’est transmis de génération en génération, une rencontre a été organisée avec trois familles engagées depuis des décennies dans son histoire. Elles contribuent, chacune à leur manière, à sa richesse patrimoniale.
Esprit d'équipe et convivialité : la clé du succès ?
Guilène Danigo, dernière gérante du bar historique Les Trois Couleurs, lieu emblématique où se retrouvaient de nombreux constructeurs de chars fleuris, nous a accueillis à son domicile.
Les échanges ont été particulièrement riches et, entre deux éclats de rire, nous avons mieux compris comment « ils sont tombés dedans » et pourquoi la fête fait partie intégrante de leur vie depuis toujours.
Guilène et son fils Guillaume ont participé à la confection des chars entre 1986 et 1999 mais leur famille était impliquée au moins depuis 1966, l'année où Andrée Philippe (la grand-mère de Guillaume) a été reine.
Guilène se remémore les différentes étapes du travail : le découpage, le façonnage à la maison, le piquage des milliers de fleurs sur les carcasses soudées aux Trois Couleurs, puis le montage dans le hangar des cars Neillon ou à « La Rade », l'ancien cinéma... Après une interruption, sollicitée par les familles des Majestés, elle a repris le flambeau en 2014 et s’apprête, avec sa mère et ses sœurs, à accompagner Guillaume qui a pris les rênes de son équipe d'amis pour ce travail collectif qui, de l’avis de tous les participants à la soirée, reste l’un des plus beaux souvenirs de la fête.
Étaient également présents Claude Le Garff et son complice Henri Nézet. Ensemble, avec leur équipe, ils ont construit 35 chars entre 1976 (Les Dents de la mer) et 2016 (Loch Ness).
Tous deux avaient déjà baigné dans cet univers bien avant. Claude avait participé à la création des chars du Peu Leu Leu (il évoque "En effeuillant la marguerite" qui a défilé dans les années 60). Henri, lui, se souvient d’un char réalisé il y a bien longtemps, par son père et ses camarades Boedec et Chapelain. Il s’agissait d’une cabane alsacienne qu’il reproduira à son tour en 1981.
Aujourd’hui, ils évoquent cette époque avec nostalgie et Claude exprime ses regrets même si son neveu Romain participe aujourd'hui à l'aventure avec ses copains :
« Faire les chars, c’était le bon temps. Maintenant, c’est monotone… Il me manque quelque chose. »
Le virus de la fête en héritage
Avec Evelyne et Frédérique Tréhin, qui en ont réalisé 32 depuis 1996, nous avons pu remonter aux sources de la fête puisque l'aïeule Marguerite Troedec avait été élue demoiselle d'honneur en 1939. Depuis, Marguerite , ses parents et son époux Victor Delpierre ont toujours été de la partie au sein des équipes du quartier de la Muse, sous la houlette de Jean Baron avec le fameux soudeur Marcel Lescouet, personnage-clé dont le savoir-faire a marqué toute une époque.
Elles nous montrent fièrement la photo du char "en excursion" qui représentait " la Volonté", une des premières vedettes de la Société Coopérative créée en 1932 qui, pilotée par Jean Troedec leur aïeul, faisait traverser la rade aux Minahouets.
Dans les années 80, c'est au sein de l'amicale des soldats du feu qu'on a encore vu participer le lieutenant des pompiers Delpierre et son épouse Marguerite.
Enfin, Marguerite Troedec-Delpierre était toujours là en 1996, avec ses conseils, pour aider sa petite-fille et ses amis à la réalisation du char « Astérix à Locmiquélix », le premier d’une série que l’on espère encore fort longue !
Car aujourd’hui, avec Nicolas Péron, le fils de Frédérique, ce sont trois générations qui, entourées de leur équipe, s’apprêtent à créer deux nouvelles œuvres. En effet, depuis 2019, ces passionnés réalisent également un char illuminé pour le défilé humoristique du samedi soir, char que l'on revoit avec plaisir le dimanche après-midi. Qui dit mieux ?
NB : : La soirée a aussi permis de rappeler l’évolution des techniques et des véhicules utilisés.. . Avec toutes les petites anecdotes racontées, on a pu restituer l'ambiance et on a bien vu comment, au fil des années, les équipes ont réussi à se débrouiller face aux galères qui n’ont pas manqué de surgir ! »
Ce sera le thème d'un nouvel article.
A bientôt !