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a boire et a manger

Il y a 100 ans, le retour des pêcheurs ...

Publié le par Marylis Costevec

Les « vieilles classes » sont démobilisées et les pêcheurs reprennent la mer.

A Locmiquélic où 600 pêcheurs avaient  été recensés en 1911, l’activité reprend à Sainte-Catherine et à Pen Mané. Les pluies diluviennes et les tempêtes  des premiers jours de 1919 ne les découragent pas.

Le poisson, qui était devenu rare, réapparaît sur les marchés de Port-Louis et  Lorient où il se vend toujours très cher.

Un petit tour au marché du samedi 6 janvier 1919 :

« L’année nouvelle nous est arrivée sous forme d’averses diluviennes [ …]
Et pourtant, malgré le vent qui souffle en tempête et qui nous chasse au visage des bourrasques glaciales, il y a un peu de monde au marché. […]
Aux halles, malgré la tempête, pas mal de poisson : il faut dire aussi que le nombre du personnel pêcheur et des bateaux de pêche s’est accru sensiblement, par suite de la démobilisation des vieilles classes et de la cessation des hostilités.
Malgré tout, les prix restent très élevés :
une poule de mer, 8 francs,
un merlan moyen, 10 sous,
un fouet de congre de 2 à 3 francs,
un lieu de 20 à 30 sous,
une toute petite targe, 5 sous,
un turbotin, 3 francs,
un chinchard, de 12 à 18 sous,
un ratillon, de 25 à 30 sous.
[…] »

Le nouvelliste du Morbihan, 6 janvier 1919

L’occasion de remarquer que les poissons se vendaient généralement à la pièce plutôt qu’au poids et  de retrouver des appellations que l’on n’entend plus guère !

Mais qu’est-ce donc qu’une targe ????  A Locmiquélic, les vieux Minahouets vous diront que c’est un plie … (ou  un carrelet), ce poisson plat à pois orange, généralement bon marché, que vous voyez  toujours chez le poissonnier.  Si vous n’en avez jamais mangé, nous vous conseillons de découvrir son goût iodé. Attention à le choisir très, très frais (Vous pouvez demander qu’on vous lève les filets !)

Par Arnstein Rønning — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15063287

 

 

Il n’est, par contre,  pas du tout sûr que l’on sache encore ce qu’est le ratillon qui était beaucoup pêché au début du XXème siècle !

Renseignements pris, il s’agit d’une petite raie de la taille d'une main ! En voyez-vous parfois ? Etonnamment, vous trouvez des recettes sur le net. Le terme est donc encore employé dans certaines régions.

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Des huîtres au réveillon ?

Publié le par Marylis Costevec

Vos menus sont définitivement établis ?

Vous hésitez encore sur les vins que vous allez proposer ?

On garde les traditions ou on innove ?

Quelques idées ....

Il ne faut pas en douter ! Il y aura des fruits de mer sur toutes les tables de Locmiquélic et même de Bretagne en cette période de fêtes.

Les plus courageux iront les pêcher. Bottes et vêtements chauds sont de rigueur mais quel plaisir de présenter sa pêche aux invités !

Bigorneaux, palourdes et ... des huîtres bien sûr !

Les huîtres sont incontournables et offrent l'avantage d'être proposées à prix constant, contrairement à d'autres produits qui deviennent souvent inabordables en cette saison !

Mais quel vin servirez-vous ?

Vous vous exclamez tous : un bon muscadet !!!

Hé oui, incontournable le muscadet  ! Mais pour les budgets un peu serrés le gros plant fait très bien l'affaire si l'on en croit le sommelier que nous consultons régulièrement.

On a beau aimer les traditions, il n'est pas interdit d'innover !

Emmanuel Delmas vous suggère de découvrir le xérès ! Hé oui !

Et en cette période de fêtes, pourquoi ne pas continuer avec les bulles que vous servirez sans doute à l'apéritif ?

Bref, vous avez l'embarras du choix dans le résumé qu'il nous offre  :


Idéalement


Des vins blancs incisifs, tranchants, affutés en terme d'acidité. La persistance saillante et saline permettra d'accompagner au mieux les pointes iodées de l'huître. Se rapprocher si possible de l'endroit d'élevage de l'huître.


Muscadet(s), Gros plant, Sancerre, Quincy, Reuilly, Pouilly-sur Loire. (Loire)
Vin de pays des Charentes, Bergerac, Côtes de Bergerac
Entre deux Mers (Bordeaux)
Chablis, Petit Chablis (Bourgogne)
Vin d'Alsace (riesling, pinot blanc),
Picpoul de Pinet (Languedoc Roussillon)


Alternatives

Les bulles rehaussent l'aspect acide du vin, et permet donc une expression davantage portée sur la fraîcheur. Voici donc des vins parfaits, d'autant plus que les huîtres se dégustent en tout début de repas bien souvent. Osez!



Champagne brut, nature ou extra brut,
Vouvray & Montlouis, Saumur effervescents. (Loire)
Ayze, Seyssel (Savoie)
Crémants du Jura, de Loire, de Bordeaux...
Gaillac (Sud-Ouest)

Emmanuel Delmas, le vin accessible à tous.

 

Pour en savoir plus faites donc un petit tour sur son blog.

Et n'hésitez pas à nous faire part de vos expériences ...

 

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Le banquet des Hussards Noirs de la République

Publié le par Marylis Costevec

 Le banquet 
 des Hussards noirs de la République 

Pas moins de 200 instituteurs réunis dans la salle du musée Dousdebès à Lorient ce 16 octobre 1897. Ils fêtaient dignement la promotion de M. Rolland, leur inspecteur,  au grade d’officier de de l’instruction publique.

Pour l’occasion, un banquet par souscription avait été organisé. Il était présidé par l’inspecteur d’Académie entouré de quelques personnalités lorientaises. Nous ne résistons pas au plaisir de vous en rapporter le menu :

 HORS D’ŒUVRE 

Saucisson, beurre

Galantine truffée

Canapés d’anchois

Huîtres et vin blanc

 

 RELEVÉS 

Bar, turbot et saumon, sauce hollandaise

Filet de bœuf, madère

Civet de lièvre aux champignons

 

 LÉGUMES 

Asperges en branches. Crème

 

 RÔTIS 

Poulardes du Mans au cresson

Gigots d’agneau au jus

Salade barbe de capucin

 

 DESSERT 

Crème à la vanille

Petits gâteaux variés

Fruits de la saison.

 

 FROMAGE 

 

Le tout bien arrosé de

Vin ordinaire, Bordeaux, Champagne,

Café, Fine Champagne

 

Les panses étaient bien remplies quand, au dessert, le directeur de l’école de Kerentrech épingla à la boutonnière de Monsieur Rolland les palmes en or rehaussées de brillants offertes  par les instituteurs.

Huit convives prononcèrent chacun un discours vantant à qui mieux mieux les qualités du récipiendaire.

Philoména Georgeault-Jouan, directrice de l’école des filles de Locmiquélic, résuma le sentiment de ses collègues en quelques vers impromptus rédigés sur l’envers du menu. Ils parvinrent jusqu’à l’Inspecteur d’Académie qui prit la peine de les lire à l’assemblée :

« Si je bénis les dieux de m’avoir fait poète

C’est que cela me vaut l’honneur de vous fêter

Et d’être, en ce moment, le fidèle interprète

Des amis réunis pour vous féliciter,

C’est, Monsieur l’Inspecteur, une vive allégresse

Pour vos subordonnés de venir, en ce jour,

Vous offrir un tribut vivant de leur tendresse,

Et l’hommage réel d’un filial amour. »

 

Opportuniste ? un rien flagorneuse ? ou très sincère, Philoména ?

Autre temps, autres mœurs, sans doute !

Qu'en pensez-vous ?

 

D’après Le Nouvelliste du Morbihan, 17 octobre 1897

Un banquet d'instituteurs en 1907 dans la Sarthe. (D.R.)

Un banquet d'instituteurs en 1907 dans la Sarthe. (D.R.)

Publié dans à boire et à manger

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Demandez cacahuètes ! ...

Publié le par Marylis Costevec

Quelles images, quels sons vous viennent à l'esprit quand vous entendez ou lisez "fête des Langoustines" ?

Une multitude sans doute, du sourire des reines aux sifflement de la chenille en passant par les cris d'encouragement aux coureurs cyclistes  : "Vas-y Bobet ! "

Vous vous souvenez peut-être encore des marchands de cacahuètes, leur corbeille suspendue à leur cou comme les ouvreuses au cinéma ? Ils se frayaient un passage parmi les spectateurs agglutinés tout au long du défilé ou autour du circuit de la course cycliste.

"Cacahuètes, demandez cacahuètes ! Cacahuètes grillées,

100 F les 3 paquets ! Demandez ..."

Les chars prenaient leur temps. On les attendaient en partageant le contenu des paquets. Le lundi, les cacahuètes permettaient aussi de patienter entre deux passages de coureurs.

Ecraser la cosse, frotter les graines entre les doigts

pour retirer la pellicule brun violacé avant de les croquer.

Recommencer ...

Souvenirs ! Souvenirs que n'auront pas les plus jeunes Minahouets ! Il n'y a plus de marchands sur le parcours. Désormais les cacahuètes se grignotent salées à l'apéro et vous n'avez plus guère le plaisir de décortiquer ce que les flibustiers appelaient "pistaches des îles" quand ils faisaient escale aux Antilles au XVIIème siècle !

Les premiers plants furent découverts à Haïti par Christophe Colomb mais les arachides que les Aztèques appelaient tlal cacakuatl poussaient à l'origine en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Mangées crues, elles ont mauvais goût et sont indigestes mais rôties dans leurs cosses, leur consistance et leur saveur se rapprochent de celles des amandes et les flibustiers les utiliseront dans leur cuisine .

Les Espagnols puis les Portugais en rapporteront en Europe et dans les colonies d'Afrique de L'Ouest. Les Africains les feront rôtir dans le sable avant de la broyer pour en faire une pâte qu'ils utiliseront pour épaissir les soupes et les ragoûts. Les premiers esclaves noirs rapporteront leur recette au Brésil d'où elle gagnera les Caraïbes ...*

Mais nous voilà bien loin de Locmiquélic ... comme nos ancêtres qui ont foulé le sol des Antilles au temps des flibustiers et bien après ... Ne les oublions pas !

D'après Mélani Le Bris, La cuisine des Flibustiers, éd. libretto, 2011, p. 54 à 56.
Demandez, cacahuètes !!!

Demandez, cacahuètes !!!

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La mayonnaise de Marie- Laure : tout un rituel ...

Publié le par Marylis Costevec

Vous aimez peut-être déguster les langoustines nature avec une tartine beurrée. Mais comme tout hôte qui se respecte, vous ne les serviriez pas à vos invités sans un grand bol de mayonnaise, mayonnaise-maison, bien sûr.

Autrefois, on ne la trouvait ni en tube ni en pot, il fallait donc bien prendre la fourchette pour la préparer même quand on n’était pas un cordon bleu. Et pour la maman de Marie-Laure*, c’était une véritable épreuve.

La veille, elle avait pris soin de sortir au moins deux œufs du frigo parce qu’elle la réussissait rarement du premier coup et au moment de se lancer dans la délicate opération, elle fermait soigneusement portes et fenêtres. La mayonnaise, selon elle, n’aimait pas les courants d’air.

Le moindre souffle risquait de tout compromettre et Marie-Laure appelée à la rescousse devait tourner la tête tandis qu’elle tenait fermement le bol à bout de bras ! Il lui était aussi interdit de parler. Pas question que son haleine vienne troubler la préparation !

Le stress aidant, le mélange refusait catégoriquement de monter et il fallait se résoudre à employer un deuxième œuf avec généralement plus de succès !

On pouvait enfin respirer !

Bien entendu, il n’était pas question de se lancer dans l’opération si l’une ou l’autre était « indisposée ». Le désastre était alors assuré. En cas d’absolue nécessité, il fallait trouver une âme charitable pour réaliser la sauce.

Et Marie-Laure de soupirer : « Dire que ma mère est morte sans avoir su qu’avec un peu de moutarde, elle aurait réussi sa mayonnaise à tous les coups, qu’elle ait eu ses règles ou pas ! »

Les cuisinières d'aujourd'hui ne connaissent pas leur chance !

* Marie Laure est née en 1949

 

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