Publié le 26 Octobre 2022

Le lundi 26 octobre 1881, Philomène Jouan et Jean Marie Georgeault que tout le monde appelait Alexandre se sont mariés à Riantec (Locmiquélic n'était alors qu'un village). Elle avait 20 ans. Il en avait 25.

Philomène Jouan et Jean Marie Georgeault, instituteurs à Locmiquélic, se sont mariés à l'église de Riantec le 26 octobre 1861
l'ancienne église de Riantec qui brûla en 1917 (Archives de Lorient)

Une cérémonie anodine ? Pas vraiment !

D'abord, c'est le maire, Frédéric Marie de La Goublaye, Vicomte de Nantois qui les a unis. Normal, direz-vous ? Pas tant que ça : en feuilletant les registres de mariage, on s'aperçoit que c'est presque toujours Louis Le Bihan, adjoint délégué qui officie.

Oui mais, Philomène et Alexandre sont tous deux instituteurs à Locmiquélic. Elle est chargée de l'école des filles depuis le mois d'août 1880,  Il a été nommé à l'école des garçons en avril 1881.

A l'époque, ce sont des personnalités. On a coutume de dire qu'en ces temps-là, les trois personnages les plus importants étaient le maire, le curé et l'instituteur. Cela semble se confirmer et justifier que Monsieur le Vicomte ait ceint l'écharpe pour l'occasion.

Des témoins inattendus !

Lors du mariage civil, on est surpris par le nom des témoins : 4 hommes, bien sûr puisque les femmes n'ont pas encore le droit de signer les registres.

Il y a là

- Pierre Marie Jéhanno, boulanger  (à Locmiquélic ndlr)

- Eugène Le Darze, marin à Riantec

- Joseph Travoers, maréchal-ferrant à Saint- Christophe des bois (Ille et Vilaine)

- Julien Thomas, retraité à Riantec

On note qu'ils sont de Riantec (et probablement de Locmiquélic) et non-parents, à l'exception du troisième témoin qui est le cousin du marié.

signatures au bas de l'acte de mariage de Jean Marie Georgeault et Plilomène Jouan le 26 àctobre 1881 à Riantec.

Un coup d'oeil sur les registres nous montre qu'il n'y a là rien de surprenant : les témoins sont rarement des parents.

On est plus surpris de voir que lors de la bénédiction nuptiale le cousin Joseph Travoers a cédé la place au vicomte de Nantois ! Une preuve de plus de la considération dont jouissaient les nouveaux époux.

La tenue des mariés ?

Verrine, coll. musée de Bretagne

Il est peu probable que Philomène ait porté la tenue traditionnelle. Elle était native de Caro en pays Gallo. C'était une jeune femme moderne. On sait toutefois, grâce à ses écrits, qu'elle portait une couronne de mariée en fleurs d'oranger (cf lien ci-dessous).

Et Alexandre ? Là, nous n'avons aucune info !

Les invités

Nous restons sur notre faim. Les mères des époux sont présentes ; leurs pères sont décédés. Le cousin d'Alexandre a été témoin. On peut imaginer que des collègues ont été conviés mais sans certitude !

Combien de personnes ont fait le voyage depuis le pays de Vitré d'où est originaire Alexandre ou depuis le pays de Saint Brieuc ou de Ploermel d'où vient la famille de Philomène  ?  On ne sait ! Notons seulement qu'ils ont la possibilité de voyager en train.

La nuit de noces

On ne sait pas si on les a réveillés pour leur servir la traditionnelle soupe de lait mais on peut se permettre quelques indiscrétions grâce à un poème écrit par la mariée !

Ce que dit le bouquet blanc

(...)

Le bouquet blanc dit à l’humble promise :
« Oh ! Reste ainsi pure comme la fleur ;
Vierge comme elle, à l’autel de l’église,
à l’homme aimé tu donneras ton coeur. »

Le bouquet blanc dit à la jeune épouse :
« Sur ton beau chef je me plais à siéger :
Seul, j’embellis ta figure si douce,
qui rougit sous le bouton d’oranger. »

Le bouquet blanc dit à l’heureuse mère
»Sans me flétrir la rose sait m’orner
L’amour naquit dans le lis d’un parterre,
Mais la pivoine ose le couronner. »
(...)

Puisqu'elle le dit !!!

 

Philomène nous livre aussi les émotions qu'elle a éprouvées dans le poème intitulé

"A ma couronne de mariée"

que vous pouvez lire en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Personnages

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Publié le 24 Octobre 2022

Au Comité d’Histoire, on s’intéresse beaucoup à la presse ancienne et tout particulièrement aux faits divers. Les articles qu’on traite parfois avec mépris de « rubrique des chiens écrasés » regorgent d’infos sur la vie des gens et sur l’aspect et l’activité des villages d’autrefois.

Un fait divers qui en dit long

 

Nous vous proposons aujourd’hui de revenir sur un accident survenu à Sainte-Catherine en octobre 1896. Il ne s’agit pas d’un chien mais d’un cheval blessé à cause du mauvais état d’un petit pont de bois.

 

On l’a un peu oublié mais Sainte Catherine était, à l’origine, un îlot. En 1447 des moines y construisirent un couvent. Entre le couvent et la terre ferme, ils disposaient d’une pêcherie délimitée par deux digues qui reliaient l’île à la terre ferme.

Sainte Catherine , d'après le cadastre napoléonien (1837)

 

Après la Révolution, le couvent fut vendu comme bien national, passa de propriétaires en propriétaires et fut démoli un peu avant 1880. À cette époque, la digue sud était en très mauvais état. C’est la digue Nord que l’on empruntait pour se rendre dans la propriété et à la cale qui la longeait. En 1896, elle est ainsi décrite dans « LE PHARE de PORT-LOUIS » du 18 octobre :

« Cette île est reliée à Locmiquélic par une jetée en maçonnerie coupée en son milieu par une brèche de quelques mètres recouverte de planches légères formant un petit pont dont la solidité ne permet point aux voitures l’accès de la cale de Locmiquélic ».

Sainte Catherine au début du XXèm" siècle (coll. part.)

 

Sainte-Catherine, port de commerce ?

Le jeudi octobre 1896, des voitures y passent pourtant :

«  Jeudi dernier, plusieurs voitures s’aventuraient sur le quai pour le déchargement d’un chaland chargé de pommes à cidre »

BNF, carte de 1772 (détail)

Et voilà, c’est prouvé : des marchandises transitaient encore par le passage de Sainte Catherine à la fin du XIXème siècle. C’est pour nous l’occasion de rappeler d’abord que le cidre était la boisson la plus consommée mais aussi le rôle ancien de ce passage pour le commerce dans la région. Il dépendait de l’abbaye Sainte Croix de Quimperlé et les moines établis dans le prieuré de l’île Saint Michel collectaient les droits de passage (ou droits de trépas) au moins depuis le XIème siècle.

Selon Henri-François Buffet, il y eut là un véritable bac transportant voitures et chevaux. (Voir c’était hier N° 4 p. 13 et 14).

Un accident  :

« Une des ces voitures brisa par son poids les planches formant le tablier du pont et ce ne fut qu’à grand peine qu’elle put être retirée de cette situation dangereuse. Malheureusement le cheval qui y était attelé fut grièvement blessé aux jambes et par suite dans l’impossibilité de reprendre son travail. »


Ce n’est manifestement la première fois que cela arrive !

 

Des solutions suggérées :

L’auteur de l’article s’impatiente : il est temps de faire quelque chose :

« Nous espérons que l’administration des Ponts et Chaussées responsable de cet accident ne se contentera pas cette fois de replacer les planches brisées mais qu’elle fera un travail sérieux pouvant répondre aux exigences des besoins du pays.

Rien ne serait plus facile que de faire un pont en pierre ou simplement de boucher la brèche dont l’inutilité est reconnue par tous les habitants du pays. »

Inutile, la brèche ?

Les doléances furent entendues et on finit même par boucher la brèche.

Pourtant, si vous êtes attentifs, à marée basse, on voit bien qu’il y en a une aujourd’hui.

port de sainte Catherine : la digue nord en 2022

 

Hé oui ! On s’est aperçu que le passage de l’eau empêchait le port de s’envaser et on l’a rétablie !

Les moines n’étaient point si bêtes !

Alire : les infos sur les pêcheries médiévales sur le site de l'INRAP :

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #patrimoine, #lieux, #faits divers

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Publié le 18 Octobre 2022

Surprise, ce mardi 18 octobre au matin :  le nom de Philoména Jouan était inscrit au fronton de la médiathèque de Locmiquélic.

Le Comité d'Histoire et Les Flâneurs la connaissent bien et n'ont pas raté une occasion de vous en parler et de vous lire ses textes.

Nous vous rappelons qui elle était :

 

Philomène Jouan,

Née à Caro en 1861, elle n'a que 19 ans quand elle prend en charge l'école des filles de Locmiquélic.

Madame Georgeault

En octobre 1881, elle épouse Alexandre Georgeault à qui l’on venait de confier l’école des garçons.

Elle effectuera toute sa carrière dans la section de Locmiquélic et prendra sa retraite juste avant la création de la nouvelle commune. Elle terminera sa vie à Port-Louis où elle meurt en novembre 1937.

Les Minahouets qui l’ont connue ne sont sans doute plus que quelques-uns mais ceux qui en ont entendu parler sont encore assez nombreux et vous pouvez en entendre évoquer ses interventions en faveur d’élèves particulièrement douées.

Philoména Georgeault-Jouan

Mais c’est aussi et surtout par ses poèmes, quelle publiera sous le nom de Philoména Georgeault-Jouan, qu’elle est restée dans la mémoire de la ville. Ses élèves aimaient à les dire à leurs enfants et à leurs petits-enfants jusque dans les années 60 et même 70.

Au Comité d’Histoire, nous nous sommes intéressés à ces poèmes qui nous permettent d’entrer dans l’univers d’une très jeune femme de la seconde moitié du XIXème siècle, une femme qui se révèle bien plus proche des femmes d’aujourd’hui qu’on aurait pu l’imaginer !

L’écriture, remarquable, est celle d’une femme cultivée qui a fréquenté les poètes classiques et les poètes romantiques à qui elle fait souvent référence (Lamartine, Châteaubriand ou Brizeux...).

Bien sûr, elle nous parle d’un temps où la vie était bien différente de celle d’aujourd’hui. Patriote, jacobine et revancharde, souvent moralisatrice, elle défend parfois des idées qui nous paraissent aujourd'hui tout à fait contestables.

Il n’empêche qu’elle est très proche de nous :

- Une écolo déjà : elle aimait la nature et engageait ses élèves à la respecter.

- Une féministe aussi*. Elle signait Georgeault-Jouan, revendiquant ainsi son nom de naissance et sans doute encore plus significatif ; son mari Jean Marie Alexandre Georgeault a fait campagne pour une élection au conseil d’arrondissement sous le nom d’Alexandre Georgeault-Jouan.

Philoména Jouan :

Un nom de plume qui lui va bien et  qu'elle apprécierait certainement si elle vivait aujourd'hui !

 

C’est dans les événements de son quotidien que la poétesse trouvait son inspiration...

L’œuvre de Philoména nous transporte dans un autrefois qui  nous parle d’aujourd’hui ….

*Nous vous invitons à cliquer sur le lien ci-dessous pour découvrir ou relire la charge contre le jury du concours de poésie de l’Académie des Muses Santones !

Un vrai morceau d’anthologie !

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #femmes

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Publié le 13 Octobre 2022

 

Le 6 octobre 2022,

Henry Rallier du Baty a rejoint ses ancêtres

au cimetière de Locmiquélic.

Il avait 97 ans.

Certains se sont souvenus de lui :

de son passage à Locmiquélic en 1993 lors de l’inauguration de la voie côtière qui relie Sainte Catherine à Normandèze, une promenade qui porte le nom de sa famille. Les plus anciens se rappellent l’avoir croisé à Talhouant dans les années 30. Il en est même qui possèdent une photo où il figure sur un char de la Fête des Langoustines.

La propriété de Sainte-Catherine à Locmiquélic en 2021 - Maryl photos

La famille Rallier du Baty a laissé son empreinte dans la commune : la propriété située sur l’îlot de Sainte-Catherine lui a appartenu pendant près de 100 ans et les aventures du célèbre navigateur Raymond Rallier du Baty ont fait rêver de nombreux Minahouets, filles et garçons.

C’est en 1884 que Francine Rallier et son époux Alfred Devolz ont acquis la propriété (contrairement à ce qui a parfois été écrit, ils n’en sont pas les bâtisseurs et n’ont pas démoli le vieux couvent).

La propriété de Sainte Catherine au début du XXème siècle ((CPA, coll. part.)

Raymond Rallier du Baty en prit possession deux ou trois ans avant le décès de sa tante, Madame Devolz, survenu le 2 janvier 1925 (achat ou donation ? Cela reste à déterminer). Pendant 20 ans, il y a fait des séjours plus ou moins prolongés avec sa famille et lorsque vint l’heure de la retraite, il s’y installa.

L’illustre marin né à Lorient en 1881 y a donc vécu, très discrètement, à partir de 1946 jusqu’à ce que l’âge le contraigne à rejoindre le foyer-logement de la commune (aujourd’hui l’EHPAD Le Glouahec). Plus tard, il s’est rapproché de son fils et il est décédé à Talant en Côte d’Or en 1978, il avait … 97 ans. Il est inhumé au cimetière de Locmiquélic.

De droite à gauche : Francis Pahun et Henry Rallier du Baty dévoilent la plaque de la promenade Rallier du Baty. (5 juin 1993), Archives CHL

Le 5 juin 1993, Henry, son fils, dont nous saluons aujourd’hui la mémoire, insistait sur l’attachement de son père à notre commune et plus précisément à la maison familiale, en relisant un passage d’un de ses écrits inédits où il raconte ses aventures :

« Nous comptions (…) aller dire adieu à une tante que nous aimions, dans son îlette de sainte-Catherine à Locmiquélic, ou Henri [il parle de son frère, ndlr] avait été à l’école primaire et où j’écris aujourd’hui ces lignes (...) »

Des mémoires qui seront publiés un jour, espérons-le !

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Personnages

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Publié le 11 Octobre 2022

Cet article est reposté depuis Les photos de Piwisy Armor.

Beau temps, belle mer, bon vent dans les coureaux !

Merci à P'ti lou et Piwisy Armor

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Rédigé par Piwisy Armor.com

Publié dans #bateaux

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Publié le 8 Octobre 2022

Cet article est reposté depuis le blog biloba.

Une découverte que nous tenons à partager avec vous !

Le 14 septembre 2022, nous assistions à une performance au parc de Pen Mané dans le cadre du campement artistique :

Katell et Léonard appelaient, (s'appelaient ? ) ...

Nous avions publié des images sur ce blog (Pas de son enregistré).

https://www.locmiquelic-histoire.fr/2022/09/des-appels.qui-interpellent-tres-prenant.html

Et aujourd'hui (8 octobre), nous découvrons ces vidéos qui parlent d'une pratique ancestrale scandinave : à découvrir absolument !

NB : pour la deuxième vidéo, si vous ne comprenez pas la langue, vous pouvez démarrer la lecture à 1 mm 40 s

Bonne écoute !

Marylis Costevec            

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Rédigé par Jean-Claude Touzeil

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Publié le 1 Octobre 2022

Le 27 septembre 1928, le nouvelliste du Morbihan publie un billet signé M.B. Celui-ci décrit la cohabitation entre les sardinières, « ces femmes qui acceptaient, avec bonne humeur, un des métiers les plus pénibles qui soient », et les touristes et les baigneurs qui prenaient le vapeur pour Port-Louis, une scène de la vie d’autrefois bien édifiante :
Ce jour-là, c’est sur la Marie-Ange, un vieux vapeur qui a repris du service que cela se passe :

« … le cortège des sardinières, le plateau sur la tête donne l’impression d’une fresque en marche le long de la jetée.

(…) Elles étaient plus de douze, embarquant à la file et le bateau était presque bondé. La place pour elles était fort juste mais où caser leurs grands plateaux ?

Les voici s’avançant entre les bancs des voyageurs maussades, et la machine leur envoyant à la figure des bouffées de vapeur, tandis que l’eau salée tombe goutte à goutte des paniers sur leur nuque et leur corsage.

Nous parlions tout à l’heure de voyageurs maussades. Vraiment, ils étaient mal avisés de se plaindre, eux qui étaient commodément assis, lorsqu’une goutte de saumure leur effleurait le nez !

Mais elles, encombrées de leur charge, dont elles devaient veiller à l’équilibre sur la tête et de leurs sabots qu’elles tenaient en main parce que, par crainte de manquer le bateau, elles avaient dû courir pieds nus, elles auraient eu bien d’autres raisons de sa plaindre de la dureté du sort !

(...)

Mais le bateau quitte le quai.

Chacune s’est casée comme elle a pu et il en est qui, debout, se balançant avec le roulis, tricotent pour ne pas perdre une minute. »

Et M. B. de conclure :

« Anatole Le Braz a chanté les faneuses de goëmons. S’il eut connu les sardinières de Port-Louis, leurs sœurs, il eut écrit pour elles, un de ses plus beaux poëmes ! »

 

Un grand merci à ce voyageur de nous offrir ce regard sur nos ancêtres, de nous rappeler leur bonne humeur et, surtout, leur courage ...

 

Nouvelliste du Morbihan (Le) du 27/09/1928

 
Dans le même esprit mais en 1917, lire aussi :

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Personnages, #femmes

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Publié le 30 Septembre 2022

 

l'église de Locmiquélic vers 1980

Pour les journées du patrimoine 2022, le Comité d’Histoire de Locmiquélic a organisé une visite commentée de l’église Saint-Michel, un édifice résolument moderne bâti entre 1970 et 1972 selon les plans établis par Félix Le Saint (1913-1975), architecte lorientais qui travaillait selon les préceptes de Le Corbusier (1887-1965).

photo J. Guillemoto

Nous avons d’abord invité les quelques 30 personnes intéressées à faire le tour du bâtiment en attirant leur attention sur les sources de lumière et les matériaux utilisés (béton brut de décoffrage, parements en pierre de Calan, ardoise).

photo J Guillemoto

Une attention particulière a été apportée au clocher en béton travaillé de manière originale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

J.G

Nous sommes entrés dans le sanctuaire par la petite porte qui donne sur la rue de l’église. Ceux qui n’y avaient jamais pénétré ont été surpris par répartition de la lumière qui éclaire indirectement les lieux importants : ambiance dorée dans le choeur éclairé par le vitrail et la verrière du toit, plus neutre dans la chapelle latérale, ambiance bleutée dans le baptistère éclairé par un grand vitrail créé par Pierre du Vorsent, ambiance colorée au fond de l’église à l’heure où le soleil met en valeur le chemin de croix en dalles de verre imaginé par le même artiste.

photos JP Gerbalphotos JP Gerbal

photos JP Gerbal

photos JP Gerbal
photos JP Gerbal

photos JP Gerbal

Ils découvraient aussi un intérieur réchauffé par le bois dont la couleur s'harmonise avec celle de la pierre. Les bancs sont disposés en amphithéâtre sur le sol en pente qui entoure l’autel en inox.

photos JP Gerbal

Nous avons expliqué que les soudures de l'autel en inox évoquent les plaies du Christ dont la silhouette domine aussi le choeur. C’est l’oeuvre de Dinahet, un sculpteur qui avait des attaches à Locmiquélic.

photo JP gerbal

photo JP gerbal

L’église a été conçue dans l’esprit du concile Vatican II qui invite les paroissiens à participer activement aux offices.

Rien de superflu, rien d’ostentatoire ne vient distraire l’attention des fidèles.

 

Et la chapelle ?

L’église actuelle, simple et fonctionnelle remplace la modeste chapelle construite en 1870 qui servit d’église lorsque la paroisse fut créée en 1907.

La chapelle Saint-Michel vers 1958 (coll privée)

Elle a été détruite en 1972, emportant les souvenirs de nombreux Minahouets qui regrettent sa disparition et en ont fait une sorte de mythe.

 

Pourtant, depuis la création de la paroisse, les habitants voulaient une "vraie" église. En janvier 1971, la Liberté du Morbihan titrait : "La première pierre de la première église de Locmiquélic". C'est dire !

 Nous avons rappelé les projets et les écueils qui ont retardé sa construction pour aboutir à l’érection de l'édifice actuel, témoin de son époque.

Il est là, un peu caché derrière les arbres et notre intervention a permis à nos auditeurs de le regarder d’une autre manière.

photo J. guillemoto

Nous remercions l’abbé Michel Le Pivain, curé des paroisses de Locmiquélic et Port-Louis qui nous a confié les clés.

Merci aussi à Francis Le Roux, collaborateur de Félix Le Saint qui nous a aidé à « lire » son architecture et aux paroissiens qui nous ont dit ce que l’édifice leur apporte sur le plan religieux.

Nous remercions tous les visiteurs pour leur attention, leurs commentaires, leurs observations, leurs questions qui nous ont permis d’approfondir l’histoire de ce sanctuaire.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #patrimoine

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Publié le 23 Septembre 2022

Pendant l'ouverture du Camp Artistique éphémère au parc de Pen Mané, il a été convenu entre les organisateurs de ce camp et Soazig le Hénanff, guide conférencière de la zone portuaire, que celle ci animerait 3 visites commentées sur des sites proposés., une action rendue possible grâce au soutien du service culturel de la ville de Locmiquélic qui a financé ces interventions.

Le fort de Pen Mané était le dernier concerné*.

Le 17 septembre 2022, Soazig Le Hénanff, guide-conférencière, emmène une dizaine de personnes découvrir le fort de Pen-Mané à l'occasion des JEP 2022 (Journées du patrimoine)
La montée au fort (photo Joël Guillemoto)

La visite du 17 septembre 2022 débuta à 17 h pour un groupe de 10 personnes,

Soazig fit tout d'abord remarquer que le nom de fort est utilisé à tort : c'est plus exactement un retranchement ou corps de garde.

Elle expliqua ensuite comment après l'époque des châteaux forts, Louis XIV et son ministre Colbert cherchèrent à sécuriser de façon moderne les côtes françaises en général et bretonnes en particulier. Une visite de la région les convainquirent que c'était là au confluent des 2 rivières Scorff et Blavet, qu'il fallait renforcer la sécurité du territoire.

Le Fort de Pen Mané surplombe le confluent du Sorff et du Blavet (Maryl photos).

 

Au XVIIème siècle, la compagnie des Indes s'implanta brièvement au Port-Louis puis sur la pointe ouest d'une terre qui était sur la commune de Ploemeur. Le commerce de produits orientaux (étoffes, épices, porcelaines...) prospéra rapidement et fit des envieux, en particulier les Anglais.

La rade n'étant protégée que par la citadelle du Port Louis laissait à découvert les entrepôts de la compagnie des Indes.

Une attaque des Anglais échoua de justesse en 1746 quand ceux-ci débarquèrent au Pouldu et progressèrent jusqu'à l'emplacement des actuelles halles de Merville, non loin du lieu stratégique de la compagnie des Indes !

Soazig Le Hénanff rappelle aux visiteurs la naissance de Lorient et de la Compagnie des Indes, des sites qui justifieront l'édification du "fort" de Pen Mané.qui
maison de l'agglomération

Les autorités se rendirent alors compte que les incursions ennemies pouvaient venir de la mer de tous côtés, du Pouldu aux plages de Gâvres et Plouhinec. La protection qui s'imposait devait être dirigée vers le sud de façon à protéger les bâtiments de la compagnie et les bateaux qui mouillaient entre Pen Mané et la pointe du Faouédic (lieu actuel de la maison de l'agglomération).

Le retranchement fut érigé et occupé par une garnison de surveillance qui en cas de danger pouvaient faire appel aux nombreux gardes qui étaient casernés au Port-Louis.

Les projets de protection étaient importants mais malheureusement la compagnie fit faillite et ce retranchement resta en l'état.

Soazig s'est aussi attachée à décrire l'ouvrage et son fonctionnement.

Après cette grande partie concernant la naissance de la compagnie des Indes et les problèmes de sécurité qui se posèrent pendant le temps de son fonctionnement, Soazig exposa les différentes fonctions du lieu aux XIXème et XXème siècles.

Lorient étant devenu port militaire, le fort eut alors un rôle de protection de la rade et fut équipé d’armement lourd. Au début du XXème siècle, le fort est déclassé et une base TSF est mise en place avec 2 antennes radio

Elle fonctionna jusqu'à l'arrivée des Allemands pendant la guerre 39-45. Ils y mirent en service une base de démagnétisation destinée à protéger leurs sous-marins des nombreuses mines larguées aux abords de nos côtes.

Le bunker qui recevait le matériel qui commandait le système de démagnétisation.

 

Des années 1950 à 1985, le site resta à l'abandon et devint un lieu privilégié de jeu et de rencontre pour la jeunesse de Pen Mané.

Ce n'est qu'au début des années 80 que la municipalité décida de réhabiliter l'espace avec l'aide des chantiers nature et d'en faire un lieu qui nous fait revivre la grande histoire de la rade.

Dominique enregistre les propos de Soazig Le Hénanff pour radio-balises.

Texte : Rémy Ropert

Photos : Joël Guillemoto

* Pour voir le compte-rendu des deux autres visites du cycle, cliquer sur les liens ci-dessous

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #patrimoine

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Publié le 14 Septembre 2022

Samedi 10 septembre

Dès la sortie du parc de Pen Mané, nous avons suivi un oiseau imaginaire, à l'invitation de Soazig Le Hénanff, guide-conférencière.

Il nous a mené jusqu'au croisement de la rue Roger Trémaré avec celle de Nézenel : un premier arrêt pour décrypter l'environnement et s'interroger sur les maisons aux couleurs pétantes qui s'y dressent (elles ont vraisemblablement été construite au début des années 30).

 

Pour remonter vers Pen Mané, les cartes nous ont incité.e.s à nous fondre dans le paysage :  on a fait ce qu'on a pu !

 

Regard sur l'architecture de Pen Mané avec Soazig Le Hénanff...
Regard sur l'architecture de Pen Mané avec Soazig Le Hénanff...

Aux étapes suivantes, nous avons parlé art nouveau, art déco, enduit tyrolien, bow-window, architecture balnéaire, etc...observé les détails architecturaux qui permettent  de dater telle ou telle construction.

Les infos permettent d'imaginer le développement du quartier tout au long du XXème siècle (Des informations générales utiles aussi pour situer d'autres édifices dans le temps).

 

Des palmes aux pieds, en marche avant ou à reculons (c'est plus facile, paraît-il !) nous sommes arrivés au bord de la rade.

Un regard sur l'île Saint-Michel, l'île de Groix, le port de pêche et le port de commerce avant d'évoquer la filature aujourd'hui démolie et le passé des chantiers navals...

Prochaines animations :

 Rendez-vous au parc de Pen-Mané le 17 septembre à 17 heures.

Soazig vous mènera au fort de Pen-Mané où elle répondra par le menu à toutes les questions du public.

Rappel :

Le Comité d'Histoire vous attendra dimanche 18 septembre  à 16 heures devant l'église pour une découverte de ce bâtiment contemporain et de son histoire.

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

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