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Quand le MURMURE DES FLOTS disparut corps et biens.

Publié le par Marylis Costevec

Quand

le MURMURE DES FLOTS

disparut corps et biens.

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Se souvient-on de ce drame à Locmiquélic ?

 

 

Tempête en Bretagne : 11 janvier 2016.

 

«( …) le 22 janvier 1894, (Jean Marie) Le Duic et son équipage partirent de la pointe de Sainte Catherine vers 6 heures ou 6 heures et demie du matin pour aller faire la pêche aux trois mailles* » du côté des « Chats » au Sud-Est de Groix comme ils en avaient l'habitude.

Ils étaient cinq à bord du MURMURE DES FLOTS, cinq hommes de Locmiquélic. Le patron (48 ans) et 4 matelots : Ferdinand Le Roux (36 ans), Vincent Quéré (54 ans) Julien Le Goff (46 ans) et Ange Le Goff (24 ans).

On ne les reverra plus …

On s’inquiète très vite à Locmiquélic. La famille du patron télégraphie dans tous les ports des environs (Etel, Port-Louis, Quiberon). Y sont-ils ? Quelqu’un les a vus ? A-t-on remarqué quelque chose ? … Rien !!!

Le 1er février, on ne sait toujours rien et le 19 avril un article du Nouvelliste annonce que la chaloupe est désormais considérée comme perdue.

Ce sont de pauvres gens, les pêcheurs de Locmiquélic. A la peine des familles s’ajoute la détresse financière. De quoi vont-ils vivre désormais ?

« Le commissaire de l’inscription maritime fait une demande de secours au ministre en faveur des victimes de ce naufrage. »

A-t-il été entendu ? Le journal ne le dit pas …

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Comme toujours quand on ne retrouve pas les corps, c’est le tribunal civil de Lorient qui officialise les décès.

Un premier jugement sera rendu dès 1895 pour l’un d’entre eux :

Laurent Marie Le Goff , né le 25 décembre 1869 qui était le fils de Julien et d’Hélène Le Duic. Ce jeune homme était sans doute plus connu sous le nom d’Ange Le Goff.

C’est cet acte retranscrit dans le registre des décès de la commune de Riantec* qui nous informe sur les circonstances du naufrage que nous vous avons relatées.

 La mort des 4 autres marins ne deviendra officielle qu’en 1905.

  • Transcription de l’acte collectif de décès N° 14 bis en date du 22 janvier 1894 :

Par jugement en date du 2 mai 1905, le tribunal civil de Lorient a déclaré constant pour avoir eu lieu en mer le vingt-deux janvier 1894, les décès de

LE DUIC Jean Marie, né à Riantec le 8 juillet 1846, fils de Louis et de Marie Josèphe Niobé, marié à Scolan Stéphanie le 18 février 1873 à Riantec.

2° LE ROUX Antoine Ferdinand, né à Riantec le 11 décembre 1858 fils de Pierre et de Marie Josèphe Plunian marié à Marie Joséphine Jégo le 27 janvier 1884 à Riantec.

LE GOFF Julien Marie né le 13 juillet 1868 à Riantec fils de Guillaume et Anne Le Nézet, célibataire, domicilié à Locmiquélic Riantec.

4° QUIRY* Vincent, né le 13 octobre 1840 à Riantec fils de Jacques et de Radegonde Plunian, marié à Marie Louise Le Gallo, le 17 janvier 1865 à Riantec,

Tous domiciliés à Locmiquélic, section de Riantec. »

A l’examen des noms de familles, nous supposons que tous ces hommes étaient apparentés. Les familles perdent probablement plusieurs êtres chers.

 

Leur descendance a-t-elle conservé le souvenir de ce drame survenu il y a plus d’un siècle ?
Nous faisons appel à vous pour nous le dire …

 

* pêche « aux trois mailles » : serait-ce « la pêche au trémail » ? Le trémail est un filet composé de trois nappes, utilisé pour la capture d’espèces qui vivent sur les fonds marins (soles, turbots etc...).

*Locmiquélic faisait alors partie de la commune de Riantec.

*Quiry pour Quéré ? Le greffier écrit sans doute ce qu’il entend ! Ce qui nous donne une indication sur la prononciation de l’époque.

Sources :

Le Nouvelliste du Morbihan (28 janvier, 1er février, 19 avril 1894)

Registres d'état civil de la commune de Riantec.

Publié dans histoire maritime

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Quand Tisiphone frappe l'onde ..

Publié le par Marylis Costevec

Quand Tisiphone frappe l’onde

 

Quand Tisiphone frappe l’onde, c’est le moment ou jamais d’entrouvrir la porte de la classe de Madame Georgeault et de s’y glisser entre deux rafales.

En l'an 1900, en cette saison, le poêle ronfle, les grands châles sont accrochés aux porte-manteaux et les sabots sont bien alignés contre le mur. La pluie frappe aux carreaux et on entend le vent siffler.

Bras croisés, les petites filles écoutent Marie-Josèphe, Marie-Françoise ou Marie-Louise réciter le poème que leur maîtresse a écrit pour elles :

Le passeur de Gâvres

 

Le bac est là … Le passeur dort.

Au loin, le flot mugit et gronde ;

Soulevant la vague féconde

Le vent lugubre souffle au Nord.

 

Au loin, le flot mugit et gronde,

Un char d’écume arrive au port ;

Le vent lugubre souffle au Nord,

Et Tisiphone frappe l’onde.

 

Un char d’écume arrive au port ;

Les goélands tournent en ronde,

Et Tisiphone frappe l’onde ;

Dans l’air, on sent planer la mort ! …

 

Les goélands tournent en ronde :

Ils ont peur de la mer profonde ;

Dans l’air, on sent planer la mort !

Le bac est là !… Le passeur dort ...

 

Les élèves connaissent certainement le Père Jacques, le passeur. Elles ont bien eu l’occasion de monter dans sa barque au Lohic* pour rendre visite à la famille de Gâvres.

Mais qui est donc Tisiphone ?

Madame Georgeault leur a bien expliqué.

Elle leur a raconté comment, dans la Mythologie grecque, les Furies, ces divinités des Enfers, exécutaient les sentences des juges et persécutaient les criminels pour venger les innocents.

Tisiphone (La vengeance) est une des trois Furies les plus célèbres. Les deux autres s’appellent Mégère (la haine)et Alecto (l'implacable).

       

  La tempête secoue bien un peu le bateau mais dans la rade, le Père Jacques est à l'abri.

         Tisiphone peut bien se démener, il a la conscience tranquille, le passeur de Gâvres.

         Il dort !

 

*Madame Georgeault (Philoména Jouan) dirigea l’école des filles de Locmiquélic entre 1880 et 1920.

* cale du Lohic, côté petite mer de Gâvres à Port-Louis (Morbihan).

Le passeur de Gâvres à la cale du Lohic (Port-Louis). D.R.

 

 

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Les deux ans du blog : un premier bilan.

Publié le par Marylis Costevec

Déjà deux ans !

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Ce blog a déjà deux ans.  Bien entendu, c'est sur un gâteau breton que avons soufflé les deux bougies.  Rappelez-vous : c'était le sujet de notre premier article.

L'aventure a pris une belle tournure et les visites se sont multipliées. Vous aviez vu 10 000 pages la première année, plus de 45 000 à ce jour (plus de 4000 clics sur les liens en décembre). Un grand merci à tous nos lecteurs.

Nous sommes heureux de partager avec vous découvertes, témoignages et anecdotes sur l'histoire, le patrimoine et les traditions de notre petite cité ; des images et des compte-rendus de la vie d'aujourd'hui aussi pour en conserver la trace. L'Histoire s'écrit tous les jours !

En 2017, nous avons publié à peu près 60 nouveaux articles et ouvert de nouvelles pages que nous nous efforçons d'alimenter régulièrement. Nous sommes parfois surpris par le succès de certains sujets et le désintérêt pour d'autres.

Nous vous proposerons bientôt une liste des articles que vous avez le plus appréciés, un best of des pages et articles de l'année

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Ce blog n'est qu'un petit aperçu de nos recherches. Nous éditons aussi régulièrement des brochures sur des sujets plus importants avec, souvent, des documents issus des archives que nous ne sommes pas autorisés à publier sur le web.

N'oubliez pas de visiter également notre page facebook :

comité d'histoire de Locmiquélic.

Vous y trouverez des images et posts empruntés à d'autres sites et qui pourront vous intéresser.

Nous vous en remercions de votre fidélité et continuons sur notre lancée.

Nous comptons aussi sur vos témoignages et vos commentaires ... L'Histoire de Locmiquélic, c'est un bout de l'histoire de la Bretagne.  C'est aussi la vôtre !

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Nos voeux pour 2018

Publié le par Marylis Costevec

Bonne Année

Tous nos voeux vous accompagnent pour l'année 2018. Bonheur, santé, prospérité comme on disait et écrivait autrefois.

Nous espérons que cette année apportera son lot de bonnes surprises à inscrire dans le livre de nos vies.

Une page d'histoire s'ouvre sur le monde. Nous l'espérons la plus belle possible ...

 

 

 

 

Publié dans fêtes calendaires

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En 1917, à Lorient un Noël comme les autres ?

Publié le par Marylis Costevec

En 1917, à Lorient

un Noël comme les autres ?

 

S'il est difficile de trouver des documents sur l'ambiance à Locmiquélic le jour de Noël et ceux qui précédaient pendant la Grande Guerre, "le Nouvelliste du Morbihan" nous offre une description de celle qui régnait à Lorient.

Bien sûr, la guerre et le sort des poilus était dans tous les esprits mais on s'est manifestement efforcé de garder l'esprit de la fête jusque dans ses débordements !

La pythonisse consultée par Léo Le Bourgo avait annoncé la couleur : cette année, le  Père Noël avait des problèmes de trésorerie à cause des hausses de prix et beaucoup de Lorientais trouveraient leurs sabots vides :

 

"Propos d’un Lorientais

(Léo Le Bourgo)

Je suis allé trouver une pythonisse connaissant l’avenir aussi bien que feue Mme de Thèbes pour lui demander de me communiquer la liste des cadeaux que les Lorientais trouveront ce soir dans leur sabot de Noël. Voici ce qu’elle m’a raconté : il y aura de grandes déceptions au matin du 25 décembre dans votre bonne ville. Les fâcheux effets de la guerre se sont faits sentir jusqu’au paradis. En haut comme ici-bas tout a renchéri, tout est hors de prix. Certes le bonhomme Noël est riche il a dû d’abord penser à ceux qui sont au front et ils sont nombreux ; la part des gens de l’arrière sera largement diminuée par suite des restrictions nécessaires : d’ailleurs, l’exemple pour une fois est venu d’en bas. Depuis la mobilisation on n’a distribué en France ni mérites agricoles ni  palmes académiques. Les enfants ne seront pas oublié mais beaucoup de Lorientais adultes trouveront leurs sabots vides en s’éveillant le 25 décembre …"

 

 Cela n'a pas empêché les Lorientais et les gens des environs d'envahir les rues de Lorient et les allées des Nouvelles Galeries, le grand magasin de la rue des Fontaines, faisant le bonheur des pick-pockets et autres voleurs !  :

La ruie des Fontaines à Lorient au début du siècle. sur la droite de la photo, le grand magasin, les nouvelles galeries (face au tramway)
La rue des fontaines à Lorient (coll. privée)

"Un vol aux Nouvelles Galeries

Les vastes et splendides magasins des Nouvelles Galeries ont reçu pendant les fêtes de Noël la visite de très nombreux acheteurs, en quête de jouets pour les enfants. Il s’est malheureusement trouvé dans cette foule des pick pokets et, si des portemonnaie ont disparu, il y eut aussi de nombreux vols aux divers rayons ce qui a décidé la Direction à faire ouvrir une enquête par la police."

 

 

Malgré le chagrin, malgré l'absence, malgré les privations, on a eu a coeur de faire briller les yeux des enfants :

"Noël est une fête de famille. Hier, les réunions familiales furent certainement moins gaies qu’avant 1914 : la guerre n’a-t-elle pas atteint la plupart des foyers ? Là où la famille était complète, bien des membres manquaient, les uns au front, les autres au rude combat, d’autres glorieusement tombés pour le salut, l’honneur et la victoire inéluctable de la France …

Les petits cependant ont eu la visite du Père Noël. Leurs sabots ont été comme à l’ordinaire garnis de jouets et de friandises et les rires ont fusé !"

Nous apprenons aussi que les Chrétiens saluaient de manière toute particulière l'entrée des alliés à Jérusalem qui avait eu lieu le 9 décembre. Un Te Deum fut chanté dans toutes les églises et les chapelles, à Lorient, bien sûr mais aussi à Locmiquélic :

[Prise de Jérusalem] : [médaille] / [Pierre Roche]

"Cette grande fête célébrée avec solennité dans toute la chrétienté qui commémore en ce jour la Naissance du Christ avait emprunté cette année, un caractère spécial du fait de la prise toute récente de Jérusalem par les armées des alliés. Aussi s’est-elle terminée par un « Te Deum » chanté à l’issue des vêpres dans toutes les églises et chapelles."

La maréchaussée a eu fort  à faire !

Autrefois comme aujourd'hui, la fête ne va pas sans quelques débordements et la police veille :

"Lorient la nuit

Elles ont été nombreuses, les rixes qui se sont produites au cours de la nuit du réveillon sur tous les points de la ville. Les chants couvraient, il faut en convenir, les cris des belligérants mais à part quelques ivrognes et ivrognesses fourrés au violon, rien de grave n’a été signalé."

 

Plutôt que de se battre, la jeunesse se permettait aussi quelques facéties moins goûtées par les responsables et les ateliers municipaux  :

Lorient  vers 1900 : cours de la Bôve, théâtre et statue de Victor Massé.

"La statue de Victor Massé

De facétieux noctambules que l’on croit être des militaires ont (…)mouillé d’une épaisse couche de peinture violette le sommet de la statue de notre illustre compatriote, le musicien Victor Massé. "

 

En 1917, Plus encore qu' en 1914, 1915, 1916, on espère des jours meilleurs :

"À l’an prochain, aimons à le croire, la Noël de la Délivrance et de la Victoire, prélude d’une ère nouvelle, meilleure pour l’humanité !"

Mais cette fois, les voeux seront enfin exaucés !

 

* toutes les citations sont extraites du journal "Le Nouvelliste du Morbihan"

Publié dans La Grande guerre

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Joyeux Noël 2017

Publié le par Marylis Costevec

 

 

- Espérance -

A tous, à chacun et à chacune, nous souhaitons un beau Noël.

Nos pensées les plus chaleureuses de joie et de paix pour ce jour

particulier.

Publié dans fêtes calendaires

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Belles crèches en "Terre Sainte"

Publié le par Marylis Costevec

C'est le solstice d'hiver et ses longues nuits. C'est la fête de Noël et les paroissiens de la "Terre Sainte", comme on appelle ici les villages situés sur la rive gauche de la rade de Lorient ont rivalisé d'imagination pour mettre en scène la Nativité.

Profitez des jours sombres et des débuts de soirée pour admirer leur travail et, croyants ou pas, raconter cette histoire d'un enfant né dans une étable dans un pays qui ne voulait pas accueillir ses parents.

Nous vous proposons quelques images des crèches de Locmiquélic, Port-Louis, Riantec, Gâvres, Kervignac et  Plouhinec. Des crèches et des églises récentes, inspirées du passé ou résolument contemporaines, à découvrir.

 

LOCMIQUELIC

Crèche 2017, église de Locmiquélic.
Crèche 2017, église de Locmiquélic.
Crèche 2017, église de Locmiquélic.

Crèche 2017, église de Locmiquélic.

PORT-LOUIS

Crèche 2017, église de Port-Louis.
Crèche 2017, église de Port-Louis.

Crèche 2017, église de Port-Louis.

RIANTEC

Crèche 2017, église de Riantec.
Crèche 2017, église de Riantec.

Crèche 2017, église de Riantec.

GÂVRES

Créche 2017, église de Gâvres.
Créche 2017, église de Gâvres.
Créche 2017, église de Gâvres.

Créche 2017, église de Gâvres.

KERVIGNAC

Crèche 2017 - église de Kervignac
Crèche 2017 - église de Kervignac
Crèche 2017 - église de Kervignac

Crèche 2017 - église de Kervignac

PLOUHINEC

Nous terminons ce petit tour d'horizon par la crèche, très dépouillée de Plouhinec, porteuse d'un message d'actualité puisque les réalisateurs expliquent que :

" [Ils] ont voulu cette année faire naître Jésus sans autre abri que le sable du Sahara traversé par des migrants africains sans avenir dans leur pays et qui prennent ce chemin pour essayer de joindre l'Europe en espérant y trouver un emploi qui les fera vivre et faire vivre leurs familles restées au pays .........."

Crèche 2017 - église de Plouhinec
Crèche 2017 - église de Plouhinec

Crèche 2017 - église de Plouhinec

Publié dans traditions

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Le far de nos grands-mères : un goût incomparable !

Publié le par Marylis Costevec

Le far de nos grands-mères :

un goût incomparable !

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Rien que d’y penser, l’eau vous vient à la bouche, je suppose … et des images surgissent.

Le far des arrière-grands-mères :

On vous a peut-être raconté les temps anciens où toute la cuisine se faisait dans la cheminée.

Nos aïeules avaient de la ressource et certains d’entre vous se souviennent peut-être du far qu’on y cuisait parfois.

« Tan endan ha tan ar lein* » disait Ma Tan’ Fine que j’ai vue opérer : la poêle dans les braises, un couvercle et du feu dessus ! Un four de compétition ! Et à l’arrivée : un délicieux goûter !

Mais bien souvent, on se contentait d’apporter la pâte chez le boulanger qui se chargeait de la cuisson pour les occasions festives.

 

Et celui des grand-mères

Puis vint le temps des fourneaux, les cuisinières à bois ou  à charbon qui servaient aussi à chauffer la maison. C’est dire que c’est aux temps des froidures que l’on mangeait du far ! Janny me parlait des premiers fars de sa grand-mère Bejep, cuits dans le fourneau qu’elle venait d’acheter. C’était dans les années 30.

La méthode était encore utilisée dans les années 60. Tout le monde avait alors une cuisinière à gaz mais le fourneau servait encore de chauffage et on y enfournait le far dans un plat en terre cuite ou en aluminium.

Il en ressortait bien gonflé, débordant du récipient avec une croûte bien dorée. Hum !!! On ne pouvait pas attendre et parfois on se brûlait la langue !!!

 

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui malgré tous vos efforts, rien à faire. Vous ne retrouvez pas le moelleux incomparable et le parfum du far de votre grand-mère.

 

Et si c’était une question d’ingrédients ?

Le far, c’est de la farine, des œufs, du sucre et du lait et un peu de beurre pour graisser le plat.

Réfléchissons un peu :

En ce temps-là, le blé poussait sans pesticides. Le glyphosate, on ne connaissait pas. On avait enfoui du fumier tout ce qu’il y a de plus naturel. Dans les champs, on voyait des coquelicots et des bleuets (Ah ! les bleuets !). La farine n’était pas trop raffinée et elle avait du goût !

Les œufs, on les ramassait tout chauds dans le poulailler. Les poules mangeaient du grain, des choux,

des vers de terre et tous les restes de la maison. Si on n’avait pas de poulailler, on allait les acheter à la ferme. Vous vous en souvenez ? La fermière nous les emballait dans un morceau de papier journal pour les protéger.

C’est de la ferme que venait aussi le lait, un lait bien crémeux. Quand on le faisait bouillir, il se formait une peau épaisse … comme ça ! Les vaches mangeaient l’herbe des prés et une brassée de foin à l’étable. Meuhh ! Jamais elles n’auraient imaginé qu’un jour, on mettrait des granulés sous leur nez !

Et puis, on ne lésinait pas sur le sucre !

Bien sucré, on vous dit ! On rajoutait aussi de bons gros pruneaux avec les noyaux ou des raisins secs ou bien … les deux ! Et bien sûr on ne s’embarrassait pas d’une balance ! Au jugé … tout dans l’habitude !

J'oubliais la petite dose de rhum !!!

Une bonne couche de beurre au fond du plat, la pâte bien battue jusqu’à en devenir mousseuse, un peu de beurre dessus et hop ! Au four !

Ha ! La bonne odeur qui se répandait dans la cuisine …

Alors, le vrai bon far comme autrefois, c’est fini ? Peut-être pas ! Avec les prises de conscience, et un petit effort, on trouve de plus en plus de bons produits …

Rêvons !

*Tan endan ha tan ar lein : du feu dessous et du feu dessus.

Publié dans Traditions culinaires

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Entrer à l'université : tous égaux ?

Publié le par Marylis Costevec

Le 4 décembre 1986 :

manif étudiante.

La réforme pour l'entrée à l'université : une sélection qui ne dit pas son nom ? La question est posée et nombre de journalistes se sont penchés sur la question en octobre dernier. Il paraît même qu'une majorité de français y seraient aujourd'hui favorables. Cela n'a pas toujours été le cas.

Retour sur le passé :

Malik Oussekine, Devaquet ... cela vous dit quelque chose ?

Vous vous en souvenez de ce mouvement étudiant qui s'opposait à la loi proposée par Jacques Chirac ?  Il voulait instituer une sélection à l'entrée de l'université.

La réaction des étudiants fut impressionnante et la répression policière aussi :

Tangui Perron nous en parlait en décembre 1916 :

« Devaquet si tu savais, ta réforme, ta ré-formeu, Devaquet, si tu savais, ta réforme où on s'la met ! Au-cu, aucune hésitation, sinon c'est la révolution ! » Chanté (ou beuglé) par des milliers de poitrines adolescentes, ce slogan renvoyait à la tradition du chahut étudiant. Les Jeunesses communistes (JC) s'abstenaient généralement de chanter la fin du slogan ­ réforme ou pas réforme, la révolution, eux, ils la souhaitaient ardemment ­ mais ils étaient fort minoritaires. Par contre, beaucoup s'accordaient à analyser cette mobilisation contre la loi Devaquet, certes, comme un refus de la sélection à l'entrée des universités, mais aussi comme une protestation plus diffuse contre un chômage de masse qui n'épargnait pas la jeunesse ­ au contraire. À cette époque, déjà, on commençait à parler de « génération sacrifiée ... ».

Pour lire l'intégralité de l'article :

Publié dans Histoire Nationale.

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La mort brutale de Jean Marie Georgeault

Publié le par Marylis Costevec

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Drame à Pen Mané

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On a donné le nom de Jean Marie Georgeault à l’école publique de Locmiquélic. Il était pourtant plus connu sous le nom d’Alexandre Georgeault.

C’est en 1881 qu’il prit la direction de l’école des garçons qui était alors située dans le quartier du Rollo. Il exerça ensuite dans l’école nouvellement construite sur les terres de Kerderff jusqu'à son décès à 61 ans.

Il mourut subitement dans la salle d’attente de Pen Mané le jeudi 29 novembre 1917 à 9 heures.

 

La cale de Pen Mané vers 1900

Le Nouvelliste du Morbihan (30 novembre 1917) annonça sa mort et rappela son engagement au service de ses concitoyens :

« La population de Locmiquélic a été péniblement impressionnée, ce matin, en apprenant la mort subite, survenue quelques minutes plus tôt, de monsieur Georgeault, instituteur à Locmiquélic au moment où il se préparait à prendre le vapeur de Pen Mané pour Lorient.

On connaît la vie active de Monsieur Georgeault. Il a rendu de véritables services à la cause de l’instruction primaire et de l’éducation en général, services qui lui valurent les palmes d’officier d’Académie puis la rosette d’officier de l’instruction publique.

Durant sa longue carrière, il s’occupait volontiers dans ses moments de loisirs et pendant ses vacances  de toutes les œuvres sociales comme la mutualité, les coopératives, les sociétés de tir, etc … Aussi, les électeurs du canton de Port-Louis le choisirent pour les représenter au conseil d’administration dont il devint le Président. Ses nombreux amis l’engagèrent même à poser sa candidature aux élections législatives de 1914 contre Messieurs LAMY et ESVELIN. Malgré sa combativité il n’obtint qu’un nombre restreint de suffrages.

Jusqu’à son dernier soupir, en sa qualité d’armateur de plusieurs bateaux, il s’occupait toujours de la cause très intéressante des pêcheurs. C’est bien à son initiative qu’ils doivent un certain nombre d’améliorations dans le quartier de Port-Louis.

avis de décès (Le Nouvelliste du 1-12-1917)

A Madame GEORGEAULT, la poétesse bien connue sous le nom de Philomène Jouan, qui est-elle-même directrice de l’école des filles de Locmiquélic, nous offrons, ainsi qu’à Monsieur et Madame RENEZÉ, nos bien vives condoléances. » .

Il fut enterré le 1er décembre dans le caveau familial du cimetière de Port-Louis (première allée à gauche après le portail de gauche).

 

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