histoire maritime

Publié le 14 Février 2022

Une visite inopinée de ce beau trois-mâts nous offre l'occasion de parler de ce nom emblématique qui parle particulièrement aux habitants de Locmiquélic.

LE FRANÇAIS

Construit au Danemark en 1948, il naviguait autrefois sous le nom de Kaskelot.

En 2018, son nouveau propriétaire (Frédéric Lescure) l'a baptisé LE FRANÇAIS, en hommage au bateau de Jean-Baptiste Charcot. C'est sur ce trois-mâts de 32 mètres qu'en 1904 l'explorateur navigua jusqu'en Antarctique (une expédition de 9 mois). Le bateau qui avait bien failli s'appeler "POURQUOI PAS ?" comme les précédents navires du navigateur (un nom plus célèbre) fut vendu à la fin du voyage.

Sur LE FRANÇAIS de l'époque, parmi les 19 membres de l'équipage, il y avait un jeune matelot qui a laissé des souvenirs à Locmiquélic et qui y est enterré, un matelot qui a suivi les traces de son capitaine et mené (en 1908), avec son frère Henri, une expédition dans les mers australes qui lui permit d'explorer et de cartographier les Îles Kerguelen :

Raymond Rallier du Baty (1881-1978).

 

Par Georges Clerc-Rampal — Clerc-Rampal, G. (1913) Mer : la Mer Dans la Nature, la Mer et l'Homme, Paris : Librairie Larousse, p. 16, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43141105

 

LE FRANÇAIS d'aujourd'hui

Le Français à Lorient Kéroman le 13 février 2022.

LE FRANÇAIS d'aujourd'hui (47 mètres) s'inscrit dans la lignée du commandant Charcot et s'est donné comme mission de faire connaître, aimer, respecter les pôles et sensibiliser sur le réchauffement climatique.

Il est très présent dans les ports et sur les côtes françaises et européennes où il mène une activité pédagogique en accueillant à bord des visiteurs grand public et des élèves.

Il projette des expéditions scientifiques  (tous les deux ans ) en région polaire pour effectuer "des campagnes de mesure (...) en partenariat avec les instituts de recherche".

https://lefrancaistemoindespoles.fr/

grimper dans la mâture, sous la pluie (13 février 2022 à Lorient-Kéroman)

 

L'escale technique

A partir du 17 février, il a été procédé au démâtage du navire qui a été sorti de l'eau le 21 février.

Bientôt un bateau tout beau !

 

Pour en savoir plus sur l'histoire du bateau amarré aujourd'hui (13 février 2022) à Lorient-Kéroman, cliquez sur le lien ci-dessous. Vous découvrirez les photos et pourrez lire l'article écrit lors de son passage à Lorient en juillet 2021.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #patrimoine, #bateaux, #histoire maritime, #vieux gréements

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Publié le 13 Octobre 2021

Nous sommes impatients de partager avec vous les émotions suscitées par ce film qui rencontre un grand succès et a reçu

le prix du Festival de films Pêcheurs du monde -
catégorie long métrage ...

 

Il sera projeté

le 24 octobre 2021 à 16 heures

salle ARTIMON à LOCMIQUELIC

En présence de

  • Alain Pichon, le réalisateur,
  • Jo Le Floch, l'illustrateur du récit de la tempête.

Tous ceux qui l'ont vu sont unanimes :

un film à voir et à revoir.

Il nous emmène au coeur d'une tempête exceptionnelle et nous fait revivre ce qu'ont vécu nos ancêtres

Il nous rappelle en particulier la perte de L'AMI DES JALOUX (8 hommes dont 4 Minahouets) qu'on voyait à Sainte-Catherine. Il nous rappelle SANTEZ ANNA qui fut englouti avec son équipage (5 hommes dont 3 Minahouets).

7 familles endeuillées à Locmiquélic (l'une d'elle doublement : le père et le fils naviguaient sur le même bateau).

 

... On avait dû reporter la projection

 Nous avions oeuvré pour qu'il soit programmé à l'Artimon le 20 décembre 2020.

La situation sanitaire avait contraint  la municipalité à suspendre la programmation du centre culturel ARTIMON.

C'est avec regret que nous avions mis à la cape mais aujourd'hui, l'horizon s'éclaircit et nous vous attendons nombreux

le 24 octobre 2021 à 16 heures

salle ARTIMON à LOCMIQUELIC

 

Tout savoir sur le film :

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #histoire maritime, #bateaux, #faits divers

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Publié le 22 Juin 2021

Du soleil plein les yeux

La troisième étape du Tour de France partira de Lorient le 28 juin !  La région est en ébullition et la ville voit la vie en jaune ! A tel point que la CTRL fait circuler un bus et un batobus jaune pétant qui ne passent pas inaperçus.

A Locmiquélic, cela réveille les souvenirs des vedettes jaunes, les vedettes de la très minahouette SCV (société coopérative des vedettes) qui régna sur la rade et assura les traversées entre la rive gauche et la rive droite de 1932 à 1993, année de sa dissolution.

TALHOUANT

1993, c'est grosso modo, l'année où se décidait la construction de TALHOUANT, la vedette qui a revêtu le maillot jaune pour cet événement populaire de 2021.

TALHOUANT fut l'une des premières vedettes à arborer les couleurs de la CMN (Compagnie Morbihannaise de Navigation) que le conseil général avait désigné pour prendre le relais de la SCV en difficulté (le jaune légèrement moutarde des bateaux en bois était abandonné !).

TALHOUANT pavoisée pour son inauguation (archives CHL)

TALHOUANT, le nom du quartier de Locmiquélic où se tenait le siège de vieille compagnie, un nom longtemps utilisé par tous les habitants de la commune mais qui ne figure sur aucun document, aucune carte. Il tend à disparaître effacé par le très officiel Sainte-Catherine qui désignait l'îlot sur lequel fut bâti un couvent de Franciscains à la fin du XVème siècle.  TALHOUANT signifie "près du couvent" justement.

Et depuis 1994, TALHOUANT vous transporte vaillamment de Talhouant comme disent toujours les anciens à Keroman et de Pen-Mané ou de Port-Louis au quai des Indes à Lorient.

Entre temps, bien sûr, la vedette avait endossé les couleurs de la CTRL (Compagnie des Transports de la Région Lorientaise).

TALHOUANT, le 7 mai 2021

Elle mérite bien le maillot jaune !

TALHOUANT à La Pointe (Port-Louis) le 19 juin 2021 - Maryl photos

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #bateaux, #histoire maritime

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Publié le 24 Mai 2021

A Locmiquélic, tout le monde connaît Jean Marie Georgeault. On a donné son nom à l'école publique dont il a été directeur. On ignore souvent qu'il était plutôt appelé Alexandre Georgeault.

Et les gens qui savent qu'il était aussi armateur ne sont sans doute pas très nombreux. Pourtant, il a fait naviguer de nombreux Minahouets sur les 5 bateaux dont il possédait généralement la moitié des parts.

Il semble évident que quatre de ces bateaux ont été construits à son initiative puisqu'ils portaient le nom de sa fille " VIRGINIE" mais en homme avisé, il avait préféré partager le risque avec d'autres investisseurs (Lucas, Danic, Quéré, Margana, Cathrine, ....). Les quatre "VIRGINIE" ont été construits à Belle-Ile.

 

 VIRGINIE, 39 tonneaux brut, francisé à Port-Louis en août 1908.

Il lui appartenait pour moitié. En 1913, il racheta la part (1/6) de M. Rémond du Thélas. Jean Lucas conservera ses 2 parts.

source SHD, Lorient
VIRGINIE II, 27 tonneaux brut,  francisé en décembre 1908.

Yves Danic en était le principal propriétaire mais Georgeault et son beau fils, M. Renézé-Emery possédaient l'autre moitié des parts.

VIRGINIE III, 23,92 tonneaux brut, francisé en septembre 1909.

Georgeault et son gendre, Renézé-Emery possédaient une moitié des parts et Jean Quéré l'autre moitié.

VIRGINIE IV, 46,93 tonneaux brut, francisé en décembre 1909.

armé par Georgeault, Margana et Cathrine pour 1/3 chacun.

source SHD, Lorient
En 1913, Alexandre Georgeault et Pédron rachètent ILLIS NEHUE RIANTEC, un bateau de 21 tonneaux construit à Belle Isle en 1902, francisé en 1909 qui avait appartenu à Mollo de Riantec puis à Gallo de Belle-Ile.

 

Les premiers gros bateaux armés à Locmiquélic ?
La question est posée :
si vous avez la réponse, dites- nous !

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Personnages, #histoire maritime, #bateaux

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Publié le 2 Août 2020

Quand les pêcheurs de Locmiquélic
régataient à Kernevel

 

Aujourd'hui, qui dit "régates" pense "plaisance" !

Il n'en a pas toujours été ainsi ! Du temps où les pêcheurs naviguaient à la voile, les régates étaient, pour ces marins,  une occasion de se mesurer. Une pratique festive fortement encouragée par les autorités. Le ministère offrait même des prix !

Nous vous emmenons aujourd'hui du côté de Kernevel où les familles alliées GALLICE, COLLIN et OUIZILLE* organisaient ces régates au tout début du XXème siècle.

 

En 1901 et en 1903, les Minahouets sont les champions !

 

La dépêche de Lorient nous y emmène le 12 août 1901

« La plage de Kernevel est enserrée d’une foule d’embarcations de toute  grandeur et de toutes formes qui attendent impatiemment l’heure des régates. Des deux côtés de la cale, c’est un fouillis pittoresque de mâts et de filets de sardines bruissant sous la brise, comme une sapinière. À l’entrée de la cale, deux mâts recouverts de verdure sont reliés par une guirlande de feuillage qui soutient une ancre marine de verdure et de fleurs (...)

Soudain éclate un coup de feu. C’est le départ des régates : les bateaux de pêche hissent leurs hautes voiles brunes et disparaissent rapidement derrière le fort de Kernevel. Le parcours consiste à faire le tour de la Truie et des Errants et à revenir. Deuxième coup de fusil : C’est la deuxième série qui part. Successivement, partent les courses à quatre avirons, à deux avirons, à la godille, que suit avec intérêt une foule joyeuse et amusée. (…) »

CPA, coll. part.
 
Les Minahouets primés !

 

Ils emportent la moitié des prix pour les courses à la voile qui étaient aussi disputées par des bateaux de Concarneau, Riantec et Lomener.

Les pêcheurs de la rive droite sont plus performants à l’aviron ! Côté rive gauche, il n’y a qu’EUGENIE de Pen Mané qui réussit à se placer !

En 1903 aussi !

Nous notons la participation des bateaux sableurs qu'on appelle aujourd'hui sabliers ! Parmi les lauréats figurent aussi des bateaux gâvrais mais pas de bateaux de Concarneau.

Le palmarès paru dans le Nouvelliste du Morbihan du 06 août 1903 ne précis pas l'origine des lauréats des courses à l'aviron.

 

En 1908 ,

les pêcheurs et les plaisanciers

se mesurent !

régates à Kernevel (début du XXème siècle (CPA coll. Part.)

 

10 000 spectateurs !

Un bateau de Locmiquélic figure encore au palmarès pour la course des plus gros bateaux qui sont des bateaux de pêche.

Pour la deuxième série où figurent des bateaux de plaisance, les Minahouets restent probablement derrière ! Les bateaux de plaisance seraient-ils plus performants ?

 

En 1913, le palmarès publié dans Le Morbihannais du 3 août 1913 n'informera pas sur l'origine des bateaux ! Dommage !

 

A propos des organisateurs

Les familles GALLICE, COLLIN, OUIZILLE, étaient des notables de Kernével (banquiers, et propriétaires de conserveries,

Ils avaient fait construire de superbes villas que nous pouvons encore admirer. La villa Margaret, propriété de Georges Ouizille était à l'époque entourée d'un beau jardin à la française.

Les villas de Kernevel au début du XXème siècle (CPA, coll. Part.)

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #fêtes locales, #histoire maritime, #bateaux

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Publié le 20 Décembre 2019

Voilà déjà bientôt deux mois que les bateaux ont quitté le petit port de Pen-Mané et ont trouvé refuge ailleurs.

Les opérations de dragage de la rade ont commencé le 12 novembre 2019. Ils sont effectués par Fort Boyard (41,27 x 10,50), la drague aspiratrice à benne que l'on a vue chez nous dès la mi-novembre avant qu'elle ne s'en aille faire son travail à l'embouchure du Scorff.

Et cette semaine, elle est de retour à Locmiquélic où elle a pu accéder au bassin pour aspirer les sédiments.

En effet, le lundi 16 décembre, on a fini de démonter les petits pontons : la voie était libre et Fort Boyard n'a pas tardé à entrer en action.

Inishglas, bateau de charge de travaux maritimes à Pen Mané.

 

Nous l'avons surprise en plein travail, ce jeudi 19 décembre vers midi.

ça drague à Pen Mané...
ça drague à Pen Mané...
ça drague à Pen Mané...

L'opération a été rondement menée et nous avons pu voir partir le bateau  sous le grain et par une mer houleuse.

Il s'en allait vider son chargement de vase à 30 km au Nord-Ouest de Groix par 30 mètres de fond. Nous n'avons pas attendu son retour !

jeudi 19 décembre 2019 : Fort Boyart quitte le port de Pen Mané sous le grain et par une mer houleuse.
Fort Boyart quitte le port de Pen Mané

 

15 janvier ;

Fort Boyard est à nouveau dans le port, nous dit-on ! Cette fois, il utiliserait une pelle mécanique :

désolés pas de photos !

22 janvier :

La drague fort Boyard est au travail.

Marée haute et ciel parfaitement bleu.

ça drague à Pen Mané...
ça drague à Pen Mané...
ça drague à Pen Mané...
ça drague à Pen Mané...
ça drague à Pen Mané...
ça drague à Pen Mané...

Bientôt, le retour des voiliers ?

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #vie locale, #histoire maritime

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Publié le 18 Octobre 2019

La gabare des PEP 56 est de retour à Pen-Mané.

l'André-Yvette au ponton de Pen-Mané à Locmiquélic (15 octobre 2019)

Temps de repos pour l'équipage après le séjour éducatif des ados en grande difficulté pris en charge par l'association.

Quelques travaux de nettoyage et de petites réparations ont été nécessaires avant l'hivernage.

Propriété de l'association (PEP 56) depuis 1997,  l'André-Yvette est une gabare (sloop à tape-cul) lancée à Camaret en 1936.

 

L'André-Yvette sera au ponton jusqu'au 5 novembre.

 

Plus d'infos sur le bateau et l'association en cliquant sur les liens ci-dessous :

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #vie locale, #patrimoine, #histoire maritime, #vieux gréements

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Publié le 8 Janvier 2019

Pas de fête à Locmiquélic sans chants de marins ... Ici, on a tous des ancêtres qui ont navigué dans la royale ou sur les bateaux de pêche ! Alors, on fredonne volontiers chansons à hisser (Jean François de Nantes ...), à virer (Les 3 marins de Groix) ou de guindeau (hardi les gars ) et même des chansons récentes !

Nous avons découvert ce site qui vous dit tout ou presque sur ces chansons :

Présentation des chants de marins : histoire, caractéristiques, et renouveau

Les Couillons de Tomé vous présentent ici leur histoire des chants de marins. Il s’agit d’une compilation d’informations aisément accessibles sur le net et dont nous donnons les références en fin de document. Nous ne prétendons pas faire preuve d’innovation. Cependant nous y apportons une certaine expérience personnelle et nous distinguerons trois parties.

Dans une première partie : « Histoire:origine et thèmes des chants de marins » nous rassemblons plusieurs sources d’informations sur l’origine et la nature des chants de marins. Il y a eu de très beaux textes écrits sur le sujet que nous reportons simplement ici. Nous y apportons en plus notre approche personnelle et nos connaissances issues de l’expérience, pour certains, d’anciens marins (pêche, la Jeanne, le France), et pour d’autres de la voile, et pour tous amoureux de la mer et des bateaux.

Dans une deuxième partie nous rassemblons aussi des informations bien connues sur « les différents types de chants de marins ». Cependant nous y apportons notre point de vue musical en y précisant autant que possible leurs caractéristiques musicales du point de vue rythme, tempo et mouvement (deux temps rapide , lent, marche, valse etc.).

Dans une troisième partie nous présentons « le renouveau des chants de marins » tel que nous l’avons perçu depuis les années 60-70..époque de nos jeunes années !.

les couillons de Tomé

Pour en savoir plus, cliquez sur le lien ci-dessous :

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #histoire maritime, #patrimoine

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Publié le 28 Janvier 2018

Quand

le MURMURE DES FLOTS

disparut corps et biens.

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Se souvient-on de ce drame à Locmiquélic ?

 

 

Tempête en Bretagne : 11 janvier 2016.

 

«( …) le 22 janvier 1894, (Jean Marie) Le Duic et son équipage partirent de la pointe de Sainte Catherine vers 6 heures ou 6 heures et demie du matin pour aller faire la pêche aux trois mailles* » du côté des « Chats » au Sud-Est de Groix comme ils en avaient l'habitude.

Ils étaient cinq à bord du MURMURE DES FLOTS, cinq hommes de Locmiquélic. Le patron (48 ans) et 4 matelots : Ferdinand Le Roux (36 ans), Vincent Quéré (54 ans) Julien Le Goff (46 ans) et Ange Le Goff (24 ans).

On ne les reverra plus …

On s’inquiète très vite à Locmiquélic. La famille du patron télégraphie dans tous les ports des environs (Etel, Port-Louis, Quiberon). Y sont-ils ? Quelqu’un les a vus ? A-t-on remarqué quelque chose ? … Rien !!!

Le 1er février, on ne sait toujours rien et le 19 avril un article du Nouvelliste annonce que la chaloupe est désormais considérée comme perdue.

Ce sont de pauvres gens, les pêcheurs de Locmiquélic. A la peine des familles s’ajoute la détresse financière. De quoi vont-ils vivre désormais ?

« Le commissaire de l’inscription maritime fait une demande de secours au ministre en faveur des victimes de ce naufrage. »

A-t-il été entendu ? Le journal ne le dit pas …

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Comme toujours quand on ne retrouve pas les corps, c’est le tribunal civil de Lorient qui officialise les décès.

Un premier jugement sera rendu dès 1895 pour l’un d’entre eux :

Laurent Marie Le Goff , né le 25 décembre 1869 qui était le fils de Julien et d’Hélène Le Duic. Ce jeune homme était sans doute plus connu sous le nom d’Ange Le Goff.

C’est cet acte retranscrit dans le registre des décès de la commune de Riantec* qui nous informe sur les circonstances du naufrage que nous vous avons relatées.

 La mort des 4 autres marins ne deviendra officielle qu’en 1905.

  • Transcription de l’acte collectif de décès N° 14 bis en date du 22 janvier 1894 :

Par jugement en date du 2 mai 1905, le tribunal civil de Lorient a déclaré constant pour avoir eu lieu en mer le vingt-deux janvier 1894, les décès de

LE DUIC Jean Marie, né à Riantec le 8 juillet 1846, fils de Louis et de Marie Josèphe Niobé, marié à Scolan Stéphanie le 18 février 1873 à Riantec.

2° LE ROUX Antoine Ferdinand, né à Riantec le 11 décembre 1858 fils de Pierre et de Marie Josèphe Plunian marié à Marie Joséphine Jégo le 27 janvier 1884 à Riantec.

LE GOFF Julien Marie né le 13 juillet 1868 à Riantec fils de Guillaume et Anne Le Nézet, célibataire, domicilié à Locmiquélic Riantec.

4° QUIRY* Vincent, né le 13 octobre 1840 à Riantec fils de Jacques et de Radegonde Plunian, marié à Marie Louise Le Gallo, le 17 janvier 1865 à Riantec,

Tous domiciliés à Locmiquélic, section de Riantec. »

A l’examen des noms de familles, nous supposons que tous ces hommes étaient apparentés. Les familles perdent probablement plusieurs êtres chers.

 

Leur descendance a-t-elle conservé le souvenir de ce drame survenu il y a plus d’un siècle ?
Nous faisons appel à vous pour nous le dire …

 

* pêche « aux trois mailles » : serait-ce « la pêche au trémail » ? Le trémail est un filet composé de trois nappes, utilisé pour la capture d’espèces qui vivent sur les fonds marins (soles, turbots etc...).

*Locmiquélic faisait alors partie de la commune de Riantec.

*Quiry pour Quéré ? Le greffier écrit sans doute ce qu’il entend ! Ce qui nous donne une indication sur la prononciation de l’époque.

Sources :

Le Nouvelliste du Morbihan (28 janvier, 1er février, 19 avril 1894)

Registres d'état civil de la commune de Riantec.

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 13 Juin 2017

La journée du matelot à la mer.

Vous avez peut-être un ou plusieurs ancêtres qui ont servi dans la Royale. Jean-Louis Danic qui deviendra le 1er maire de Locmiquélic était matelot-timonier en 1877. Nous avons cherché à savoir comment se passait la vie à bord à cette époque.

Petit extrait de la biographie que nous avons publiée :

Il se réveille au son du clairon, sort de son hamac qu’il accroche au bastingage avant de prendre son petit déjeuner (café, biscuit et rincette de cognac), il « s’lave à la baille » puis 3 heures durant, lave, fourbit et astique les cuivres de l’espace dont il est chargé : les timoniers aidés des mousses s’occupent plus précisément de « la propreté de la dunette, des porte-haubans d’artimon, des bouteilles (les toilettes des officiers situés à l'arrière du vaisseau), des galeries, des fanaux de signaux, des dômes, des habitacles, des peintures de panneaux arrière et des échelles arrière »[1].

A l’heure du changement de tenue « s’agit’ la foul’nue des solid’s mat’lots » qui vont subir l’inspection du capitaine annoncée par le clairon. Vient alors le temps de l’exercice de manœuvre. « Après la soupe,/ chacun fait d’ l’étoupe,/ à moins qu’il ne loupe/ une heur’ sous l’ciel clair ». Aux repas, on s’assure que les timoniers sont bien servis les premiers, car tous doivent être à leur poste pendant les repas en rade[2]. Selon Yann Nibor*, la nourriture (lard et viande bouillie, biscuits et fayots) « est sain’, copieuse et bonne, et nul ne s’en plaint à bord [3] (sic)». Ces hommes issus de milieux très modestes n’ont pas été habitués aux ortolans !

Un moment de repos où on peut fumer sa bouffarde avant la prière qui précède la lecture des punitions, à 11 heures 30 précises. Au coup de sifflet du maître d’équipage, les matelots se précipitent au bastingage pour saisir leur hamac. Ils descendent l’accrocher au croc avant de remonter bien vite sur le pont « écouter un conte/ qu’un vieux loup raconte/ près d’ l’écoute de focs »[4].

* Yann Nibor, né en 1857, auteur- compositeur -interprète. Il a écrit de nombreuses chansons inspirées de sa carrière dans la marine

[1]Manuel du matelot-timonier, p. 151

[2] Id. p.148, art.396

[3] La chanson des cols bleus, bourlingueurs, p.82

[4] Id., la journée du matelot… p. 204

Pour tout savoir sur la carrière de Jean-Louis Danic, qui servit dans la Marine de 1872 à 1905, procurez vous le hors-série N°2. Bon de commande à télécharger en cliquant sur le lien :

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #histoire maritime, #Personnages

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