Publié le 30 Mars 2018

LA DATE DE PÂQUES
comme autrefois

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Cela ne vous a pas échappé. Cette année Pâques tombe le 1er avril. Un jour de moins pour s'amuser ! Ce n'était pas arrivé depuis 1956. Et la prochaine fois ce sera en 2047.

Cela c'est pour les catholiques parce que, cette année, les orthodoxes fêteront Pâques le 8 avril.  La Pâque juive, c'est le 31 mars.

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Vous lirez partout que depuis le Concile de Nicée (an 327), les catholiques fêtent Pâques le premier dimanche qui suit la première pleine lune après le 22 mars. En conséquence, on fête Pâques au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril.

En réalité, le calendrier liturgique ne suit pas toujours le calendrier astronomique et la date de Pâques est fixée selon une formule un tantinet compliquée.

Aujourd'hui, quand on cherche l'info, il suffit de quelques clics et hop ! Le logiciel fait le calcul ...

 

Une carte envoyée par un soldat à son fils en 1917
Pâques 1917 : 8 avril.

Autrefois, il fallait prendre le crayon et faire un certain nombre d'opérations !

Vous voulez essayer ? C'est parti :

"Divisez par 19, par 4 et par 7 le millésime de l’année considérée et appelez respectivement 1er reste, 2ème reste, 3ème reste, les restes de ces 3 opérations.

Ajoutez au nombre 23 dix-neuf fois le premier reste ; divisez le résultat par 30 et appelez 4ème reste le reste de cette division.

Ajoutez au nombre 4 deux fois le second reste quatre fois le troisième et six fois le quatrième.

Divisez le résultat par 7 et appelez cinquième reste le reste de cette division.

Cela fait, additionnez le quatrième et le cinquième reste. Vous aurez le nombre de jours qu’il faut compter après le 22 mars pour arriver au dimanche de Pâques. Toutefois, si la date ainsi trouvée est le 26 avril, il faut retrancher 7 jours.

Cette règle, telle quelle, est relative au dix-neuvième siècle. Elle est applicable jusqu’en 1900. Pour les deux siècles suivants, il faudra remplacer les nombres vingt- trois et quatre par les nombres vingt-quatre et cinq."*

 

Pigé ? 

Vous avez bien remplacé 23 par 24 et 4 par 5 ?

Oui ? Alors, dites-nous la date de Pâques en 2025 …

 sans tricher ! Interdiction de vous servir d’internet !!!

 

* Le Nouvelliste du Morbihan, 6 avril 1899.

 

 

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #fêtes calendaires

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Publié le 22 Mars 2018

Voilà quelques temps que nos ancêtres ne vous ont pas emmenés à Lorient.

Que diriez-vous vous d’aller faire un tour à la foire de Pâques en 1913 ? Dépaysement assuré …

Allez, on ferme les yeux et on prend le vapeur à Pen Mané avec Joseph, Sophie et leurs plus jeunes enfants, Mélie et Eugène. C’est parti !

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 Fête foraine et foire de Pâques à Lorient en 1913

 

Cette année-là, Pâques est arrivé de bien bonne heure. Le 23 mars ! Ce n’était pas arrivé depuis 1856 et cela n’arrivera paraît-il pas avant 2285 !

Ce jour-là, la famille C. est restée à Nézenel. Sophie, Mélie et Eugène ont tout de même affronté les éléments pour aller à la messe à l'église Saint Michel.

Mais lundi, ils ont mis leurs habits du dimanche pour aller à Lorient. Ils étaient bien serrés sur la vedette.

"La semaine sainte s’acheva comme souvent on l’a constaté, par un temps maussade, triste, froid, pluvieux, qui déchaîna même le samedi saint une violente tempête. Le jour de pâques lui-même, surlendemain du printemps, ne fut guère épargné, ce qui n’empêcha nullement les fidèles d’emplir les nefs trop étroites pour les contenir tous.

Mais le lendemain, lundi, jour de joie populaire, fut un réveil du gai soleil et, de tous les trains, de tous les bateaux, des flots mouvants de cousins et cousines, aux costumes plus coquets les uns que les autres, débarquèrent sur la plaine et la place Jules Ferry."

On venait de Pont-Scorff, Plouay, Hennebont, Quimperlé et, bien sûr, de Riantec, Locmiquélic, Port-Louis et Gâvres et peut-être de plus loin …

"Et on ne s’y ennuya pas à la foire de Lorient, qui n’avait jamais vu autant de baraques.

On acheta des bonbons chez Zira, des gaufres chez Ricordel, des gâteaux et des sucreries un peu partout. On grimpa sur les chevaux de bois, on passa dans le tunnel, on dansa au bal dijonnais Debiesse, on frémit en voyant les dompteurs de chez Coudol jouer avec les lions et les lionnes qui n’avaient pas l’air endormis.

On fit le tour du monde au musée Terrot, on alla applaudir les trois cinémas Kétorza, Watrin et Brocard.

La foule ne cessa de stationner devant le théâtre Carmelli (…), cependant qu’à l’intérieur les numéros les plus sensationnels faisaient rire aux larmes, palpiter d’émotion, même passer quelques frissons d’angoisse avec les expériences de spiritisme du commandeur Pietro.

 

Avant-dernière foire de Pâques avant la guerre ...

Le cirque de la place Jules Ferry fit aussi salle comble, et quant aux attractions Lhoest : toboggan, roue joyeuse et tonneau magique*, ils durent faire le maximum …

Le théâtre des marionnettes Monnoyeur a attiré les enfants, qui ont bien ri aux ébats de ses acteurs articulés."

Les dames, même les plus économes ont tenté leur chance à la loterie et les messieurs ont voulu vérifier s’ils savaient toujours tirer à la carabine.

 

Et la foire aux bestiaux ?

Sophie n'a pas eu envie d'y aller. Elle allait acheter son petit cochon à la foire de Locmiquélic le 21 avril, comme d'habitude*.

Mais Mélie lui a lu le journal  : Le mercredi 26 mars,  il y a eu beaucoup de monde  sur l’avenue du Faouédic. Vendeurs et acheteurs de bestiaux sont venus nombreux des campagnes environnantes. 300 bêtes à cornes, 700 porcs et un grand nombre de chevaux furent exposés.

coll. privée, D. R.

 

Une belle foire ! Elle regrette un peu d'être restée à la maison mais elle a tant à faire ....

 

 

Retrouver l'ambiance de la foire en cliquant sur le lien ci-dessous (foire de Quimperlé en 1927)

*Nous n'avons pas encore trouvé d'infos sur ces attractions. Si vous en savez plus, n'hésitez pas à nous le dire.

* Le Comité d'histoire a publié un article sur l'élevage du cochon dans "C'était hier N° 9"

source : Le Nouvelliste du Morbihan 23 et 27 mars 1913.
images  : Les jeux du cirque et la vie foraine / par Hugues Le Roux... ; ill. de Jules Garnier 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 18 Mars 2018

Une femme et une chanson

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Par Inconnu — File:Louise Michel2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31175593
Louise Michel (par inconnu)

 

En cette date anniversaire qui marque le début d'une révolution qui a marqué les esprits par la répression sanglante dont elle fut l'objet*, nous tenons modestement à rappeler le nom d'une femme qui y participa activement : Louise Michel qui sera déportée en Nouvelle Calédonie.

La chanson que l'on associe le plus souvent à cette période de l'histoire est " Le temps des cerises" que Jean Baptiste Clément composa en 1866, bien avant les événements qu'elle nous rappelle.

Nous vous invitons à lire et écouter une chanson moins connue mais directement inspirée par "la commune" écrite en 1886 :

"ça n'empêche pas, Nicolas ..." d'Eugène Pottier :

 

* 30 à 50 000 fusillés pendant la « Semaine Sanglante » qui s’achève le 28 mai, 40 000 prisonniers, 4000 déportés dont la plupart ne reviendront pas ...

On l’a tuée à coups de chassepot,
À coups de mitrailleuse
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse.
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte.

Refrain
Tout ça n’empêche pas Nicolas
Qu’ la Commune n’est pas morte.
Tout ça n’empêche pas Nicolas
Qu’ la Commune n’est pas morte !

Comme faucheurs rasant un pré,
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent mille hommes.
Et les cent mille assassinats,
Voyez ce que ça rapporte.

On a bien fusillé Varlin,
Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l’aorte.

Ils ont fait acte de bandits,
Comptant sur le silence.
Achevez les blessés dans leur lit,
Dans leur lit d’ambulance
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte.

Les journalistes policiers,
Marchands de calomnies,
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d’ignominie.
Les Maxim’ Ducamp, les Dumas
Ont vomi leur eau-forte.

C’est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes.
À l’enterrement de Vallès,
Ils en étaient tout bêtes
Fait est qu’on était un fier tas
À lui servir d’escorte

C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte.
C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Bref tout ça prouve au combattant
Qu’ Marianne a la peau brune,
Du chien dans l’ ventre et qu’il est temps
D’crier vive la Commune !
Et ça prouve à tous les Judas
Qu’si ça marche de la sorte

Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte.
Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Ecrite en 1886  par Eugène Pottier sur l'air de T'en fais pas Nicolas de Parizot

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Histoire Nationale.

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Publié le 13 Février 2018

Mardi- Gras 1918 :

on n'a pas le coeur à rire ...

Du fond de sa tranchée, un poilu se souvient des Mardi-Gras d'autrefois. Un article du "Nouvelliste du Morbihan" qui nous parle du morne quotidien de la guerre et nous raconte comment ce jour-là était fêté quand le  pays était en paix.

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Le 12 février 1918, c'était Mardi-Gras, un Mardi-Gras où personne n'avait le coeur à rire contrairement à 1914  où confettis et serpentins jonchaient les rues lorientaises. Ils étaient  lancés par les jeunes et les moins jeunes qui s'étaient déguisés et s'amusaient comme des fous en ce jour qui précède les 40 journées du carême, période où les catholiques étaient censés jeûner selon les préceptes de leur religion.

Nous avons retranscrit l'article paru dans le "nouvelliste" le 15 février 1918 :

 

"MARDI-GRAS

Dans la tranchée, la vie ce jour-ci est pareille à celle des autres jours : les guetteurs veillent aux petits postes ; les autres procèdent aux innombrables corvées ou travaux : creusement de nouvelles tranchées, construction de nouveaux abris contre les bombardements, pose de fils de fer barbelé, etc. ; quelques-uns, exténués, se reposent dans leur trou sur la terre dure recouverte parfois d’un peu de paille sale et humide …

Pourtant, c’est aujourd’hui Mardi-Gras de l’an 1918. Tout à l’heure je l’ignorais. Mon Dieu, oui, il est bien permis n’est-ce pas d’ignorer ici les jours de fête puisqu’ils coulent comme les autres vides et mornes, oubliés … Un camarade qui feuilletait par hasard un petit calendrier vient soudain de me le rappeler.

Alors, c’est Mardi-Gras !... Je regarde autour de moi. Est-ce bien vrai ? Les visages demeurent graves et tristes. Oh ! Oui, nous avons bien des masques, mais c’est contre les gaz boches, les gaz maudits et ils n’ont point l’élégance, la souplesse, le charme léger et troublant du petit « loup » noir ; ils puent l’acide, ils ne sentent point l’odeur enivrante de la poudre de riz parfumée et des essences de fleurs.

A côté de nous, il y a bien des boîtes renferment des « choses » qui se lancent, des grenades par exemple, (ce petit engin terrible, ô ironie, éveille le souvenir de cette vieille ville espagnole, sœur de Séville, où le Mardi- Gras est si en honneur) mais elles sont loin d’être aussi douces et caressantes à recevoir que les serpentins et confetti de naguère … Et il y a bien aussi des fusées éclairantes blanches, rouges et vertes … ah ! Quel beau feu d’artifice cela ferait ! Mais elles ne sortent qu’en cas d’attaque, alors, elles planent dans le ciel, sinistres, au-dessus des champs de bataille …

Arlequin et Colombine

Ah ! Ce dernier Mardi-Gras de 1914 ! Qui aurait deviné cette longue et horrible guerre si proche ? Dans le morne silence de mon gourbi, je le revois. Comme c’est vieux déjà ! On était jeunes alors ! Ces Pierrots, ces Dominos, ces Arlequins, ces Colombines allant et venant de la Place d’Armes à la place Alsace-Lorraine, chantant et gambadant comme des fous ; ces flots multicolores de confetti et serpentins ; ces cris, ces rires, cette foule compacte et bruyante … Les cafés étaient archicombles : les pâtisseries, fermées maintenant, ne pouvaient suffire en babas et en choux à la crème. Et le soir, à la clarté vacillante des lanternes vénitiennes des petites marchandes, la bataille acharnée (mais pas comme l’autre !) continuait entre jeunes Lorientais et jeunes Lorientaises … Oh ! je le sais bien, ça ne valait pas le carnaval de Paris ou de Venise. Tout de même, on s’amusait bien.

Août 1914 est venu là-dessus … Et les jeunes hommes sont partis ; Et la France a été envahie et meurtrie. Et jamais plus Mardi-Gras n’a souri ; jamais plus le fameux bonhomme de paille n’a été fêté et noyé en grande pompe …

(…)

Et je songe qu’à cette heure, comme aux tranchées, il y a beaucoup de Lorientais qui ignorent que c’est aujourd’hui le Mardi-Gras… Mais ils savent bien que c’est toujours la Guerre. Pour s’amuser en ce jour, pour chanter et se déguiser, non seulement il faudrait ne pas avoir beaucoup de cœur, mais même avoir laissé loin derrière soi la Pudeur …

Et puis la bataille de confetti est devenue inutile : l’autre suffit amplement ; hélas !

F. M. - Tranchées de … ce 12 février 1918 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 9 Février 2018

Point de Lorient sur le dos d'une camisole

A Lorient et outre-rade, comme partout, des générations de petites filles ont appris les points de base de la broderie quand elles étaient à l’école primaire. Généralement, c’était le samedi après-midi qui était consacré à cet exercice. Elles savaient faire, plus ou moins bien, le point de tige, le point de chaînette, le point d’épine et même le point de Boulogne mais dans les cahiers que nous avons consultés, pas de point de Lorient !

Il existe pourtant bien mais vous ne le trouverez décrit que dans des ouvrages très pointus consacrés aux costumes bretons en général et à celui de Lorient en particulier !

Si vous avez encore le gilet de votre arrière grand-père ou la camisole de votre grand-mère, regardez bien : le point ou galon de Lorient servait à fixer les pièces de velours sur la pièce de toile, surtout dans les parties les plus visibles, le dos et le bas des manches, qui devaient être particulièrement soignées.

Si vous savez faire le point de chausson, vous saurez faire le galon de Lorient. Enfilez donc du cordonnet de soie noir et au travail ! Vous pouvez broder indifféremment de bas en haut ou de gauche à droite. Si vous avez les doigts musclés, un dé de compétition et de bons yeux, assemblez du velours noir sur du drap noir, le tout sur une toile de lin raide et bien serrée. N’oubliez pas que c’était un travail effectué par des tailleurs plutôt que des tailleuses. Les hommes ont donc le droit d’essayer aussi. Ils ne seront pas pénalisés par rapport aux jeunes femmes d’aujourd’hui. C’est aussi ça, l’égalité.

Vous voulez essayer ? Suivez le guide ! :

Le galon de Lorient

Votre travail n’est probablement pas très régulier ! Quand, comme nos ancêtres tailleurs et couturières, vous aurez travaillé quelques heures assis sur une botte de paille avec un oreiller sur les genoux, ce sera beaucoup mieux ! Tenez-nous au courant et postez-nous quelques photos !

Mariée en costume traditionnel de Lorient (1926)

Mariée en costume traditionnel de Lorient (1926)

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #patrimoine

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Publié le 8 Février 2018

Prostitution à Lorient et Brest en 1918

La plainte des Chinois

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Il paraît qu'elles pratiquent "le plus vieux métier du monde". Et bien évidemment, c'est dans les ports et les villes de garnison que ces dames s'installent en priorité.

Pendant la Grande Guerre, il y avaient plus de soldats que jamais à Lorient et à Brest. Et bien sûr beaucoup de "filles de joie" leur proposaient leur services.

 

dessin de Henri de Toulouse-Lautrec
 
Il fallut bien un événement exceptionnel tel la plainte des dockers chinois pour que "Le Nouvelliste du Morbihan" du 30 janvier 1918 évoque le sujet sous la rubrique "LORIENT sous les ARMES". Il nous donne ainsi une vision de l'ambiance de l'époque :

 

"LE PÉRIL … DE TOUJOURS

Pour une fois que notre excellent confrère, la Dépêche de Brest nous permet de piller dans ses œuvres et d’appliquer à notre ville le spirituel article que son chroniqueur des « Propos Maritimes » publie dans son numéro d’aujourd’hui :

… On apprend en effet que des travailleurs chinois employés au déchargement des navires au port de commerce de Brest ont adressé à Monsieur Georges Leygues* une requête tendant à ce que leur vertu soit protégée contre les entreprises du sexe. Des femmes ne cessent de les poursuivre de leurs assiduités, paraît-il, et ils en sont effarouchés !

(...)

Hélas ! Ce n’est pas qu’à Brest qu’existe ce fléau. À Lorient il bat son plein et si, chez nos voisins de « Pen er Bet », la tentation malsaine ne sévit que contre les « Fils du Ciel* », il bat son plein actuellement à l’égard des Américains, assaillis de nuit et de jour par des nuées de « quart de mondaines, habituées des cafés où l’on se rencontre, comme aussi de la « poste restante ».

Il y aurait peut-être moyen de mettre un frein à ces honteuses exploitations.

Ça, c’est l’affaire de, de … oui, de qui, en somme ?"

 

*En 1917 Georges Leygues (1857-1933) est ministre de la Marine


*Fils du Ciel : titre que se donnaient les Empereurs chinois. Ils se disent investis d’un mandat Céleste.

 

Plus d'infos sur la question :

Le racolage :

https://www.la-croix.com/Actualite/France/De-la-contravention-au-delit-histoire-de-la-lutte-contre-le-racolage-_NG_-2013-03-27-925810

http://www.france24.com/fr/20141213-sexe-prostitution-xxx-grande-guerre-bordel-militaire-poilus-soldat-putain-bmc-proxenete-syphilis

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre

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Publié le 28 Janvier 2018

Quand

le MURMURE DES FLOTS

disparut corps et biens.

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Se souvient-on de ce drame à Locmiquélic ?

 

 

Tempête en Bretagne : 11 janvier 2016.

 

«( …) le 22 janvier 1894, (Jean Marie) Le Duic et son équipage partirent de la pointe de Sainte Catherine vers 6 heures ou 6 heures et demie du matin pour aller faire la pêche aux trois mailles* » du côté des « Chats » au Sud-Est de Groix comme ils en avaient l'habitude.

Ils étaient cinq à bord du MURMURE DES FLOTS, cinq hommes de Locmiquélic. Le patron (48 ans) et 4 matelots : Ferdinand Le Roux (36 ans), Vincent Quéré (54 ans) Julien Le Goff (46 ans) et Ange Le Goff (24 ans).

On ne les reverra plus …

On s’inquiète très vite à Locmiquélic. La famille du patron télégraphie dans tous les ports des environs (Etel, Port-Louis, Quiberon). Y sont-ils ? Quelqu’un les a vus ? A-t-on remarqué quelque chose ? … Rien !!!

Le 1er février, on ne sait toujours rien et le 19 avril un article du Nouvelliste annonce que la chaloupe est désormais considérée comme perdue.

Ce sont de pauvres gens, les pêcheurs de Locmiquélic. A la peine des familles s’ajoute la détresse financière. De quoi vont-ils vivre désormais ?

« Le commissaire de l’inscription maritime fait une demande de secours au ministre en faveur des victimes de ce naufrage. »

A-t-il été entendu ? Le journal ne le dit pas …

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Comme toujours quand on ne retrouve pas les corps, c’est le tribunal civil de Lorient qui officialise les décès.

Un premier jugement sera rendu dès 1895 pour l’un d’entre eux :

Laurent Marie Le Goff , né le 25 décembre 1869 qui était le fils de Julien et d’Hélène Le Duic. Ce jeune homme était sans doute plus connu sous le nom d’Ange Le Goff.

C’est cet acte retranscrit dans le registre des décès de la commune de Riantec* qui nous informe sur les circonstances du naufrage que nous vous avons relatées.

 La mort des 4 autres marins ne deviendra officielle qu’en 1905.

  • Transcription de l’acte collectif de décès N° 14 bis en date du 22 janvier 1894 :

Par jugement en date du 2 mai 1905, le tribunal civil de Lorient a déclaré constant pour avoir eu lieu en mer le vingt-deux janvier 1894, les décès de

LE DUIC Jean Marie, né à Riantec le 8 juillet 1846, fils de Louis et de Marie Josèphe Niobé, marié à Scolan Stéphanie le 18 février 1873 à Riantec.

2° LE ROUX Antoine Ferdinand, né à Riantec le 11 décembre 1858 fils de Pierre et de Marie Josèphe Plunian marié à Marie Joséphine Jégo le 27 janvier 1884 à Riantec.

LE GOFF Julien Marie né le 13 juillet 1868 à Riantec fils de Guillaume et Anne Le Nézet, célibataire, domicilié à Locmiquélic Riantec.

4° QUIRY* Vincent, né le 13 octobre 1840 à Riantec fils de Jacques et de Radegonde Plunian, marié à Marie Louise Le Gallo, le 17 janvier 1865 à Riantec,

Tous domiciliés à Locmiquélic, section de Riantec. »

A l’examen des noms de familles, nous supposons que tous ces hommes étaient apparentés. Les familles perdent probablement plusieurs êtres chers.

 

Leur descendance a-t-elle conservé le souvenir de ce drame survenu il y a plus d’un siècle ?
Nous faisons appel à vous pour nous le dire …

 

* pêche « aux trois mailles » : serait-ce « la pêche au trémail » ? Le trémail est un filet composé de trois nappes, utilisé pour la capture d’espèces qui vivent sur les fonds marins (soles, turbots etc...).

*Locmiquélic faisait alors partie de la commune de Riantec.

*Quiry pour Quéré ? Le greffier écrit sans doute ce qu’il entend ! Ce qui nous donne une indication sur la prononciation de l’époque.

Sources :

Le Nouvelliste du Morbihan (28 janvier, 1er février, 19 avril 1894)

Registres d'état civil de la commune de Riantec.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #histoire maritime

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Publié le 18 Janvier 2018

Quand Tisiphone frappe l’onde

 

Quand Tisiphone frappe l’onde, c’est le moment ou jamais d’entrouvrir la porte de la classe de Madame Georgeault et de s’y glisser entre deux rafales.

En l'an 1900, en cette saison, le poêle ronfle, les grands châles sont accrochés aux porte-manteaux et les sabots sont bien alignés contre le mur. La pluie frappe aux carreaux et on entend le vent siffler.

Bras croisés, les petites filles écoutent Marie-Josèphe, Marie-Françoise ou Marie-Louise réciter le poème que leur maîtresse a écrit pour elles :

Le passeur de Gâvres

 

Le bac est là … Le passeur dort.

Au loin, le flot mugit et gronde ;

Soulevant la vague féconde

Le vent lugubre souffle au Nord.

 

Au loin, le flot mugit et gronde,

Un char d’écume arrive au port ;

Le vent lugubre souffle au Nord,

Et Tisiphone frappe l’onde.

 

Un char d’écume arrive au port ;

Les goélands tournent en ronde,

Et Tisiphone frappe l’onde ;

Dans l’air, on sent planer la mort ! …

 

Les goélands tournent en ronde :

Ils ont peur de la mer profonde ;

Dans l’air, on sent planer la mort !

Le bac est là !… Le passeur dort ...

 

Les élèves connaissent certainement le Père Jacques, le passeur. Elles ont bien eu l’occasion de monter dans sa barque au Lohic* pour rendre visite à la famille de Gâvres.

Mais qui est donc Tisiphone ?

Madame Georgeault leur a bien expliqué.

Elle leur a raconté comment, dans la Mythologie grecque, les Furies, ces divinités des Enfers, exécutaient les sentences des juges et persécutaient les criminels pour venger les innocents.

Tisiphone (La vengeance) est une des trois Furies les plus célèbres. Les deux autres s’appellent Mégère (la haine)et Alecto (l'implacable).

       

  La tempête secoue bien un peu le bateau mais dans la rade, le Père Jacques est à l'abri.

         Tisiphone peut bien se démener, il a la conscience tranquille, le passeur de Gâvres.

         Il dort !

 

*Madame Georgeault (Philoména Jouan) dirigea l’école des filles de Locmiquélic entre 1880 et 1920.

* cale du Lohic, côté petite mer de Gâvres à Port-Louis (Morbihan).

Le passeur de Gâvres à la cale du Lohic (Port-Louis). D.R.

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 6 Janvier 2018

Déjà deux ans !

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Ce blog a déjà deux ans.  Bien entendu, c'est sur un gâteau breton que avons soufflé les deux bougies.  Rappelez-vous : c'était le sujet de notre premier article.

L'aventure a pris une belle tournure et les visites se sont multipliées. Vous aviez vu 10 000 pages la première année, plus de 45 000 à ce jour (plus de 4000 clics sur les liens en décembre). Un grand merci à tous nos lecteurs.

Nous sommes heureux de partager avec vous découvertes, témoignages et anecdotes sur l'histoire, le patrimoine et les traditions de notre petite cité ; des images et des compte-rendus de la vie d'aujourd'hui aussi pour en conserver la trace. L'Histoire s'écrit tous les jours !

En 2017, nous avons publié à peu près 60 nouveaux articles et ouvert de nouvelles pages que nous nous efforçons d'alimenter régulièrement. Nous sommes parfois surpris par le succès de certains sujets et le désintérêt pour d'autres.

Nous vous proposerons bientôt une liste des articles que vous avez le plus appréciés, un best of des pages et articles de l'année

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Ce blog n'est qu'un petit aperçu de nos recherches. Nous éditons aussi régulièrement des brochures sur des sujets plus importants avec, souvent, des documents issus des archives que nous ne sommes pas autorisés à publier sur le web.

N'oubliez pas de visiter également notre page facebook :

comité d'histoire de Locmiquélic.

Vous y trouverez des images et posts empruntés à d'autres sites et qui pourront vous intéresser.

Nous vous en remercions de votre fidélité et continuons sur notre lancée.

Nous comptons aussi sur vos témoignages et vos commentaires ... L'Histoire de Locmiquélic, c'est un bout de l'histoire de la Bretagne.  C'est aussi la vôtre !

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre, #fêtes calendaires, #vie de l'association

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Publié le 2 Janvier 2018

Bonne Année

Tous nos voeux vous accompagnent pour l'année 2018. Bonheur, santé, prospérité comme on disait et écrivait autrefois.

Nous espérons que cette année apportera son lot de bonnes surprises à inscrire dans le livre de nos vies.

Une page d'histoire s'ouvre sur le monde. Nous l'espérons la plus belle possible ...

 

 

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #fêtes calendaires

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