Publié le 1 Septembre 2018

Les vertus de la tanaisie
La tanaisie en fleurs

La tanaisie se porte bien à la pointe du Bigo. Savez-vous que cette plante était autrefois cultivée dans un coin du jardin ? Avec d’autres « lezeu »*, elle entrait dans la composition des « potions » généralement (très) amères que nos grands-mères  préconisaient aux changements de saison. Vous en souvenez-vous ?

 

La tanaisie est une plante toxique qui éloigne les  insectes. Elle a aussi des propriétés digestives et vermifuges mais doit être utilisée ponctuellement et en faible quantité. Elle « chasse » donc les vers, ascaris et oxyures qui s’installent dans les intestins.

Autrefois, beaucoup de gens en étaient infestés. Et malgré la "chasse" active qui leur était faite, ces bébêtes revenaient, d’autant plus aisément  que, jusqu’à une époque pas si lointaine, le contenu  des tinettes servaient à engraisser les jardins et les champs.

S’en débarrasser était une préoccupation permanente de nos ancêtres qui disposaient d’un panel de remèdes réputés efficaces. Les herbes, l’ail mais aussi le picherel et autres eaux de vie étaient tout particulièrement utilisés ! On en donnait même quelques gouttes sur un sucre aux enfants ! ...

Vous avez peut-être bénéficié de ces remèdes traditionnels ? Racontez-nous !!!

*herbes

  ATTENTION  

L'utilisation des plantes pour se soigner doit se faire en demandant préalablement conseil à un médecin, pharmacien ou herboriste..

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #remèdes

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Publié le 19 Août 2018

11 août 2018 :
Le plaisir de chiner
au bord de l'eau
à Locmiquélic.

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roc et puces des langoustines à Locmiquélic (12 août 2018)
les étals au Gelin.

Timide le matin, le soleil s'est fait généreux à partir de midi. Les chineurs ont pu scruter les étals dans un environnement bien agréable.

Mille raisons de flâner sur la promenade Rallier du Baty  à l'occasion de la fête des Langoustines :

évoquer des souvenirs, enrichir ses collections, renouveler sa garde-robe ou trouver chaussures à son pied, faire des affaires en taillant une bavette avec les exposants ou les amis que l'on croise ... :

 

Troc et puces au bord de l'eau.
Troc et puces au bord de l'eau.
Troc et puces au bord de l'eau.
Troc et puces au bord de l'eau.
Troc et puces au bord de l'eau.
Troc et puces au bord de l'eau.
Troc et puces au bord de l'eau.

Troc et puces au bord de l'eau.

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 14 Août 2018

 

"Heureusement, qu'il n'y avait pas de soleil !"

"T'as vu le "beau monde" qu'il y avait ?!"

Alors que les organisateurs se désolaient du temps gris et incertain, certains athlètes ont apprécié de n'avoir pas à courir sous un soleil de plomb !

Il faut dire que le rythme fut d'emblée soutenu. Les 231 engagés s'étiraientt déjà le long de la promenade Rallier du Baty, tout juste après le départ.

 

Les coureurs sur la promenade Rallier du Baty à Locmiquélic -12 août 2018- (photos Arnaud Balzac)
Les coureurs sur la promenade Rallier du Baty à Locmiquélic -12 août 2018- (photos Arnaud Balzac)
Les coureurs sur la promenade Rallier du Baty à Locmiquélic -12 août 2018- (photos Arnaud Balzac)
Les coureurs sur la promenade Rallier du Baty à Locmiquélic -12 août 2018- (photos Arnaud Balzac)

Les coureurs sur la promenade Rallier du Baty à Locmiquélic -12 août 2018- (photos Arnaud Balzac)

Le vainqueur, Matthieu Le Dréan a parcouru les 14,280 km  du circuit en 48'43 ", record de l'épreuve, alors que le dernier passera la ligne 1 h 45 après le signal du départ.

 

Matthiey Le Dréan franchit la ligne d'arrivée des Foulées des Langoustines le 12 août 2018.
Matthiey Le Dréan franchit la ligne d'arrivée après 48' 43 " de course.

 

Pas de sprint final ! Les arrivées se sont échelonnées avec des écarts significatifs : Gaël le Blévec, champion du monde de duathlon, est arrivé second (50'30). Le 3ème, Geoffrey Brian le suivait à quelque distance (52' 41).

Chez les féminines, Mylène Bacon a aussi battu son record, arrivant en cinquième position (53' 08) devant Patricia Cohonner (1h 01' 10") et Gwendolina Le Sauce (1h 01' 31") et Pauline Melin (1h, 01'41").

Les récompenses ont été remises par Edith Modicom, la présidente du Comité des Fêtes, Nathalie Le Magueresse, maire de Locmiquélic et Sonia Hémon; adjointe aux sports.

 

Le podium féminin (foulées des Langoustines 2018)
Le podium féminin.
 

Des trophées, des fleurs et une corbeille garnie ont été remis aux trois premières de la course ainsi qu'à l'espoir féminin arrivée 4ème (Pauline Melin) et aux premières des catégories master.

 

Le podium masculin des foulées des langoustines à Locmiquélic (12 août 2018)
Le podium masculin.

Les premiers des catégories cadet, junior, master 1,2,3 et 4 sur le podium aux côtés des 3 premiers de la course.

 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 10 Août 2018

L'édition 2018 de la fête des Langoustines, c'était du vendredi 10 au lundi 13 août.

Une belle fête ! On a eu très peur qu'elle ne soit gâchée par la pluie ....

Mais non ! le soleil l' a emporté in extremis et nous avons pu admirer les 7 chars et les groupes de musiciens et de danseurs.

Nous avons une belle moisson d'images que nous vous proposerons petit à petit ... pour faire durer le plaisir !!!

 

Aujourd'hui : Ie tournoi de pétanque

  et toujours Les foulées des Langoustines, le troc et puces

 

. Fête des langoustines 2019 à Locmiquélic (56)la fête foraine s'installe. (photo M. Costevec)
la fête foraine s'installe . (photo M. Costevec)

 

La fête foraine est installée au bord de l'eau. (locmiquelic :fête des langoustines 2019)
des manèges au bord de l'eau. (photo M. Costevec)

Depuis le début de la semaine, on voit arriver les attractions foraines. Le chapiteau est installé, le podium aussi.

Des barrières au coin des rues  sont prêtes à réguler la circulation lors du défilé.

Tout est prêt !

Les amateurs de manèges vont pouvoir s'en donner à coeur joie : manège-enfant, auto-tamponneuses, la pomme, etc

Une nouvelle attraction : la maison hantée qui interpelle déjà les passants. : on va se donner des frissons !!!

Tout le monde va vouloir faire peur aux fantômes ! c'est sûr ! (photo M. Costevec)
Tout le monde va vouloir faire peur aux fantômes ! c'est sûr ! (photo M. Costevec)
Tout le monde va vouloir faire peur aux fantômes ! c'est sûr ! (photo M. Costevec)

Tout le monde va vouloir faire peur aux fantômes ! c'est sûr ! (photo M. Costevec)

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 9 Août 2018

On parle beaucoup aujourd'hui dans les médias des commémorations de la bataille d'Amiens. Curieusement, on parle plus de la présence ou de l'absence des personnalités françaises ou britanniques que des faits eux-mêmes qui ont pourtant été décisifs quant à l'issue du conflit.

Que sait-on aujourd'hui du rôle joué par l'armée britannique dans cette victoire ?

Nos hommes politiques en ont-ils vraiment conscience ?

Qu'en savait-on à l'époque à Locmiquélic et dans ses environs ?

La presse locale nous renseigne :

Dans son édition du 10 août, le Nouvelliste du Morbihan publie les  communiqués officiels. Parmi ceux-ci le communiqué  britannique du 8 août est le plus précis :

 

" Les opérations commencées ce matin, sur le front d’Amiens par la 1ère armée française, sous le commandement du général Deberney et la 4ème armée anglaise sous les ordres du général Sir Henry Rawlinson, se développent favorablement.

Les troupes alliées avaient été massées à la faveur de la nuit, à l’insu de l’ennemi.

A l’heure fixée pour l’assaut, les divisions françaises, canadiennes, australiennes et anglaises, soutenues par un grand nombre de tanks britanniques, se sont élancées vers les positions allemandes sur un front de plus de vingt milles (…)

un tank anglais dans les Flandres -agence Rol- (source : BNF-gallica)

 

L’ennemi a été surpris et sur tous les points les alliés ont fait des progrès rapides.

De bonne heure tous nos objectifs avaient été atteints sur l’ensemble du front d’attaque.

Pendant la matinée, l’avance de l’infanterie alliée s’est poursuivie, vivement soutenue par la cavalerie britannique, les tanks légers et les batteries d’auto-mitrailleuses.

 

source : delcampe

 

En certains points, la résistance des divisions allemandes a été brisée après de vifs combats. Nos troupes ont fait de nombreux prisonniers et capturé des canons.

Au nord de la Somme, la plupart des objectifs ont été atteints avant midi, mais aux environs de de Chopilly et au Sud de Morlancourt, des détachements  ennemis ont opposé une résistance prolongée. Dans ces deux endroits de durs combats ont été livrés. Mais finalement nos troupes ont surmonté la résistance de l’infanterie allemande et ont atteint leurs objectifs.

Au sud de la Somme, grâce à la bravoure de l’infanterie alliée, à l’élan et à la vigueur de ses attaques, nos avons atteint dans l’après-midi sur les points principaux de tout le front de bataille, les derniers objectitfs fixés pour la journée.

Appuyés par nos tanks légers et nos auto blindées, notre cavalerie a dépassé l’infanterie et s’est portée au-delà de nos objectifs, bousculant les convois allemands en retraite, s’emparant de plusieurs villages et faisant de nombreux prisonniers.

(…)

Il est impossible à l’heure actuelle d’évaluer le nombre de prisonniers et de canons et l’importance du matériel capturé, mais on signale déjà que plusieurs milliers d’ennemis et un grand nombre de canons sont tombés entre nos mains."

En page 2 du journal, sous la rubrique dernière heure, le grand titre montre l'espoir suscité par ces premiers succès :

"Les alliés marchent à  la victoire

________________

Plus de 14000 prisonniers et 120 canons."

L'article reproduit le communiqué britannique qui détaille les opérations et l'avancée des troupes ainsi que le recul des ennemis.

source : BNF gallica
Le 11 août,

le communiqué britannique parle de 17 000 prisonniers et de 200 à 300 canons.

Le journal reproduit aussi le communiqué allemand :

"Le communiqué allemand avoue l’échec infligé aux troupes impériales par les armées alliées à l’est d’Amiens dans les termes suivants :

«  Entre l’Ancre et l’Arve, l’ennemi a attaqué hier avec des forces importantes. Il a, à la faveur d’un épais brouillard, pénétré avec ses chars d’assaut dans nos lignes d’infanterie et d’artillerie.

Au nord de la Somme nous avons dans la contre-attaque rejeté l’ennemi de nos positions.

Entre Somme et Avre nos contre-attaques ont arrêté l’assaut ennemi immédiatement à l’est de la ligne Morlancout-Harbonnières-Caix-Fresnoy-Contoire. Nous avons subi des pertes en prisonniers et en canons.

Parmi les prisonniers que nous avons faits nous avons identifié des Anglais, des Australiens et des Canadiens du corps expéditionnaire ainsi que des Français. »

 

Le 13 août

Le journal titre :

La victoire des alliés

40 000 prisonniers, 700 canons

 

On peut aussi lire les communiqués officiels des  états-majors français et britannique qui soulignent le rôle joué par l'aviation :

communiqué français :

L’aviation  française a, hier encore, participé à la bataille en liaison intime avec l’infanterie, talonnant l’avance réalisée par nos fantassins en harcelant l’ennemi à la bombe et à la mitrailleuse.

Malgré des conditions atmosphériques peu favorables, nos escadrilles ont livré de nombreux combats au cours desquels quatorze avions allemands ont été abattus ou sont tombés désemparés  et neuf ballons captifs  incendiés.

Nos formations de bombardement de jour ont lancé plus de vingt-trois tonnes de projectiles sur les troupes et les rassemblements de la vallée de l’Avre  et de la zone de bataille ainsi que sur les gares de l’arrière-front. Notre aviation de bombardement de nuit a, elle aussi jeté près de dix-sept tonnes sur les gares de Ham, Nesle, Hombleux e*et sur de nombreux bivouacs provoquant des incendies et des explosions. »

Avion de bombardement Caproni : [photographie de presse] / [Agence Rol]

Communiqué anglais :

Au cours des combats du 10 août, trente-neuf appareils ennemis ont été abattus et vint-deux forcés d’atterrir désemparés.

Vingt-trois des nôtres ne sont pas rentrés (…)

Nous avons lancé trente-huit tonnes et demie de bombes dans la journée sur différents objectifs et dix-huit tonnes et demie au cours de la nuit suivante.

Le 10 août , l’intervention de notre aviation dans la zone  de la bataille a continué sans interruption et de nombreux combats ont eu lieu avec les aéroplanes allemands. Nos ballons ont suivi de près l’avance de l’infanterie et ont fait d’utiles observations pendant la journée. »

 

 

Bilan humain :  côté allemand 40 000 soldats allemands tués et 33 000 prisonniers ; les pertes françaises et britanniques s'élèvent à 46 000 soldats.*

La bataille d'Amiens est le début d'une série de victoires qu'on appellera plus tard « l'offensive des Cent-Jours ». Celle-ci mènera à la victoire des alliés et à l'armistice du 11 novembre 1918. 

 

*(source : https://www.retronews.fr/conflits-et-relations-internationales/echo-de-presse/2018/08/07/aout-1918-la-bataille-d-amiens)

 

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre, #Histoire Nationale.

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Publié le 27 Juillet 2018

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Le châle d’Odette

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Vous serez sans doute surpris que la mésaventure de la jeune Minahouette ait pu être relatée dans le Nouvelliste du Morbihan ce 27 juillet 1918.

Cette histoire qui n’offrait sans doute que peu d’intérêt à l’époque nous offre aujourd'hui une tranche de vie de nos ancêtres tout en nous renseignant  sur la condition des femmes de Locmiquélic au début du XXème siècle.

Sachez que la Locmiquélicaise (!)* dont il est question n’avait pas encore tout à fait 13 ans, ce qui explique sa détresse …

Mais lisez plutôt :

 

« Son panier vide sur sa tête tête embéguinée d’un mouchoir blanc, la jeune Odette Jarno, pêcheuse de palourdes à Locmiquélic, s’en revenait, avant-hier, de Lanester pour regagner le logis avant que sonnât midi, et de grosses larmes coulaient malgré elle, de ses yeux.

Comme elle se trouvait vers le milieu de la passerelle du Scorff*, elle se croisa avec une forte gaillarde qui s’en revenait du marché, l’air satisfaite, et arborant sur ses épaules un superbe châle de laine.

 

coll. privée -DR

 

À sa vue, Odette demande à la passante, si, par hasard, elle n’aurait pas trouvé un châle qu’elle avait perdu en cours de route.

Réponse négative, et Odette continue son chemin, sanglotant de plus belle, quand elle se ravise, et, revenant sur ses pas : « Au fait, affirme-t-elle en fixant la Lanestérienne dans le blanc des yeux, c’est mon châle lui-même que vous avez sur le dos ; rendez-le moi ! »

- Votre châle, ricane la commère, demandez plutôt à ma voisine Guégan si je ne l’ai pas récemment acheté dans sa boutique. »

 

 

La jeune Locmiquélicaise, pas convaincue, insiste et se croyant déjà triomphante, montre sur le châle une tache qui est manifestement de la vase de Lézenel où elle va chaque matin récolter ses bigorneaux et autres coquillages.

Mais, l’autre, fort empêchée de répondre, s’empressa de filer, tandis que la volée, pleurant encore d’un œil, mais riant déjà de l’autre parce qu’elle était certaine d’avoir sa prochaine revanche, s’empressait de regagner son bateau. »

 

L’article vous laisse sans doute sur votre faim tout comme nous ! Nous ne saurons pas comment l’adolescente compte récupérer son châle ni ce que sera sa revanche.

Mais nous en savons un peu plus sur la condition des Minahouets d’autrefois. Nous n’ignorions pas que la pêche aux coquillages sur les vasières de Nézenel était une source de revenus pour les familles modestes. Nous savons maintenant que les femmes, jeunes et moins jeunes, qui gagnaient ainsi "leur croûte" devaient aussi traverser la rade pour aller vendre leurs palourdes de porte à porte à Lorient et même jusqu’à Lanester.

* Aujourd'hui, on dit les Locmiquélicains et les Locmiquélicaines !

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 24 Juillet 2018

CPA, la plage de Port-Louis vers 1900 (coll. part.)

A l'heure où les touristes affluent Port-Louis, nous vous proposons de découvrir la vie port-louisienne en été avant 1890 sous un angle original grâce aux vers publiés par Philoména Georgeault-Jouan.

Elle vous rapporte les propos des gens du peuple sur  les touristes de la haute société en vous menant dans l'atelier du peintre ou au lavoir.

Elle vous présente le cuisinier du marquis qui ne saurait fréquenter le casino pour ne pas "se réunir aux gens de rien" !

Une galerie de portraits et un  florilège de médisances qui vous amuseront comme ils amusèrent la très sérieuse et  romantique jeune femme qui se laisse aller ici à une fantaisie un peu inhabituelle !

*Philomène était institutrice et poète ... Elle enseignait à Locmiquélic à la fin du XIXème siècle. Sa mère et son frère habitaient Port-Louis. 

           Aux Baigneurs de Port-Louis

 

Notre charmant pays se remplit chaque été

De mille visiteurs, amis de leur santé.

 

Et nos désertes rues, grâce à leur air salin,

Voient fouler leurs pavés par plus d’un citadin.

 

Normands, Méridionaux, Anglais et Parisiens

Arrivent à l’envi chez ces bons Port-Louisiens.

 

Ceux-ci, rusés Bretons, tout en gobant leurs sous,

Se réservent le droit de juger en-dessous.

 

Monsieur Un Tel est fier, Madame X… est coquette ;

Quant au comte Machin, mon Dieu, qu’il a l’air bête !

 

Vous connaissez aussi Mademoiselle Chose ;

Elle doit se farder pour avoir ce teint rose.

 

Jeanne a juré hier soir et en plein atelier

Que cette grande Anglaise a tout un râtelier.

 

Je m’explique à présent ce qui la rend mordante.

Après cela poser encor pour l’élégante.

 

Et ce beau précepteur (ce n’est plus un mystère,

On en parle au lavoir) a les deux yeux en verre.

 

Même on a prétendu qu’il boiterait bien fort

Si son bottier n’était un homme si retors.

 

D’autres disent tout bas – mais j’ai peine à les croire –

Qu’il serait affligé d’un palais en ivoire.

 

Ces pauvres instructeurs : il leur faut tant causer,

Je comprends qu’à la fin la bouche peut s’user.

 

Mais quand on est cossu l’on ne s’en soucie guère.

Pour rebâtir quelqu’un, l’on sait mainte manière.

 

Ainsi la marquise L… - Oh ! C’est trop fort du coup –

Figurez-vous un peu qu’elle est en caoutchouc !

 

Pas toute … mais au moins un bras et une jambe.

Qui s’en serait douté ? C’est qu’elle a l’air ingambe.

 

Eh bien ! son mari donc : s’il ne portait perruque

Serait comme un genou très poli de la nuque.

 

On ne l’aurait point su, ces gens sont si discrets.

C’est de leur cuisinier que je tiens ces secrets.

 

Il est bien ce garçon ; faut voir comme il babille.

Je crois – n’en soufflez mot – qu’il fait l’œil à ma fille.

 

Il vaut mieux que son maître et a le cœur plus tendre.

Mon homme est très flatté d’y entrevoir un gendre.

 

Il n’est point de ces fats qui ne sortent qu’en gants

Pourtant il est instruit s’il croit aux korigants.

 

C’est qu’il a ses raisons : un soir, l’année dernière,

N’en a –t-il pas vu cinq gémir sur une bière.

 

Vous pensez que cela dut lui faire un effet.

Ses cheveux ont blanchi pour attester le fait.

 

Quel luron ! S’il allait danser au casino,

Ah ! je crois qu’il faudrait de bons doigts au piano.

 

Mais il ne voudrait pas comme il le dit si bien,

Aller se réunir à tous ces gens de rien.

 

Si vous voulez le voir ne le cherchez pas là.

Baptiste (c’est son nom) est trop fin pour cela.

 

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

Les cancans vont leur train en grossissant toujours,

Et nos baigneurs ravis quittent aux mauvais jours.

 

L’été prochain ils reviendront, s’il plaît au ciel,

Et nous leur referons un corps artificiel.

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Allez  ! Port-Louis a bien changé ! Les touristes aussi !
Que diraient aujourd'hui les commères ?

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Personnages, #Jeux et Loisirs

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Publié le 13 Juillet 2018

 

Le Nouvelliste du Morbihan publiait régulièrement des "blagues" sous le titre "Le mot de la fin".

Jeux de mots ou sujets d'actualité étaient évoqués d'un ton léger ou grinçant. Pendant la grande guerre, c'est souvent les poilus qui étaient mis à contribution.

      

        

    Etat d'esprit :

Un capitaine passe en revue sa compagnie avant le départ pour le front.

Il a pour chaque soldat un mot de camaraderie ou d’encouragement.

Arrivé devant un bleuet de la classe 17, il lui demande :

- Eh bien mon ami, êtes-vous prêt à mourir pour votre patrie ?

- Sans doute, mon capitaine mais ce qui est encore plus certain, c’est que je suis prêt à faire mourir plusieurs ennemis pour la leur.

 

A propos d'obus  ...

Deux poilus d’humeur morose conversent dans la tranchée, après un bombardement.

- Non, mais ont-ils de la veine, ceux des usines, mon vieux, ils gagnent jusqu’à 20 fr. par jour pour tourner les obus.

- Oui, et nous cinq sous pour les recevoir.

        ... et de ballons

Gavroche admire au parc aérostatique de Chalais Mendon les énormes ballons dits « saucisses » qui se balancent dans l’air au bout d’un câble. Un poilu qu’il interroge sur l’usage auquel on destine ces ballons captifs, répond qu’on doit les lancer sur certains points de Paris en cas d’alerte.

- Ah ! Je comprends répond le gamin dont le père est charcutier, l’alerte maintenant est à deux fins, elle fait monter les saucisses dans le ciel et les andouilles à la cave.

 

Au restaurant :

Un permissionnaire entre dans un petit restaurant des environs de la gare du Nord. Il demande la carte au garçon qui l’apporte en boitant légèrement. Après avoir consulté le menu, le poilu demande :

- Dites-moi, garçon, vous avez des pieds de veau, n’est-ce pas ?

- Oh non m’sieur, c’est mes rhumatismes qui me font marcher comme ça.

 

      Et chez le major, un classique qui n'a pas pris une ride :

- Pourquoi boitez-vous ainsi ? demande un capitaine à une jeune recrue qui traîne la jambe péniblement.

- J’ai un ongle incarné dans la chair, mon capitaine.

- Mon ami, il faut dire simplement un ongle incarné. En ajoutant « dans la chair », cela constitue un pléonasme. Maintenant, allez trouver le major.

  Le poilu se présente le lendemain à la visite.

- Qu’avez-vous ? lui demande le docteur ?

- Un pléonasme, monsieur le major. Je vais enlever ma chaussette pour vous le montrer.

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 5 Juillet 2018

La fête

de l’indépendance américaine

à Lorient en 1918.

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 Le 5 juillet 1918, à Lorient, comme dans toute la France, on a célébré la fête de l’Indépendance américaine.

Dans sa rubrique intitulée « Propos d’un Lorientais », Leo Le Bourgo raconte :

« Au sommet de la Tour de la découverte, les pavillons étoilés et tricolores flottaient côte à côte dans le bassin et en rade les bateaux avaient hissé leurs grands pavois, au milieu des navires de tout tonnage … Les patrouilleurs américains étaient là, nombreux , solides, peints en gris … », spectacle dont ont pu bénéficier nos ancêtres minahouets. Quelques-uns ont peut-être traversé la rade pour participer à la fête en l'honneur des alliés qui, on en était sûrs, allaient mettre fin au conflit.

Des festivités organisées à cette occasion, notre chroniqueur retient surtout le concert donné par les alliés venus d’outre Atlantique sur la place Alsace Lorraine et qui s’est terminé par les deux hymnes nationaux : « La bannière étoilée » et « la Marseillaise ».

Un autre article du Nouvelliste paru le 6 juillet 1918 raconte plus en détails les différentes phases de la commémoration et l’ambiance dans la ville :

Des drapeaux américains associés au drapeau français, il y en avait partout, sur le clocher de l’église, à la préfecture maritime, à la mairie, au lycée … et sur toutes les maisons :

" Les stocks trop faibles de pavillons aux couleurs du nouveau monde, qui se trouvaient dans nos différents magasins avaient été rapidement épuisés, et cela dès la veille, de telle sorte que les personnes qui ne purent assez à temps s’y prendre pour en confectionner elles-mêmes, durent se rabattre sur les autres étendards alliés mais le cœur  y était et c’est l’essentiel."

Une cérémonie officielle eut lieu le matin au café continental, siège du Club de la Jeunesse Chrétienne d’Amérique (YMCA) :

« Officiers, soldats et marins avaient été réunis pour fêter en commun le glorieux anniversaire."

Le préfet maritime avait été invité à la cérémonie que le journaliste qualifie de « très simple et très impressionnante » :

"Ce fut d’abord une « élévation », sorte de discours à la fois patriotique et religieux que prononça dans le silence le plus complet le directeur de l’YMCA : puis « l’Hymne of the Republic», chanté par tous les Américains présents et suivi de la lecture de la « Déclaration de l’Indépendance »(…)

  Après un court intermède musical de violon et de piano, le commandant américain, s’adressant aux marins et aux soldats de l’Union qui l’entouraient, leur rappela le sens de la fête de l’Indépendance Day.  Il donna ensuite quelques détails sur la marche des préparatifs militaires aux Etats Unis, l’accélération de départs de soldats et de marins pour la France, la tenue de l’armée américaine sur le front de bataille (…)

(…)

… M. l’Amiral Aubry, parlant tour à tour en français et en anglais prononça une chaleureuse allocution, aux troupes américaines, faisant l’éloge de leur vaillante attitude tant dans les événements actuels que dans ceux du passé, et loua particulièrement leurs qualités d’honnêteté , de bonté, d’énergie, qui les mèneront avant longtemps désormais à la victoire commune.

(…) L’orchestre de la 153e brigade U.S. venu (...) de Meucon le matin même exécuta avec autant d’âme que de talent le « Star Spanglet Banner » puis la « Marseillaise » que toute l’assemblée frémissante, électrisée et debout reprit en chœur. » 

Nous vous invitons maintenant à écouter une version de Star Spanglet Banner en  français :

 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 25 Juin 2018

Fin juin 1918 ........

On commençait à tousser

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C’est à la fin du mois de juin 1918 que la région lorientaise commence à être touchée par l’épidémie de « grippe espagnole », une maladie vraisemblablement importée par les soldats américains et qui fera des ravages dans toute l’Europe.

 

Le Nouvelliste du Morbihan en fait état dans son édition du 10 juillet :

« Depuis une quinzaine de jours environ nous avons reçu de nombreuses informations  sur une étrange épidémie, qui n’est ni l’influenza, ni la typhoïde, ni même la fièvre des tranchées, bien qu’elle présente des symptômes communs à ces trois maladies.

Nombre de nos concitoyens en sont ou en ont été atteints. Nous ne croyons pas cependant que cette nouvelle maladie ait produit des victimes. En tous cas, elle est déjà baptisée « grippe espagnole ». Pourquoi ? Nous n’en savons rien et ce sera à nos éminents docteurs  en médecine de nous  renseigner sur ce point »

Locmiquélic n’échappe pas à la contamination. L’étude des registres d’état-civil montre en effet une mortalité anormalement élevée  dès le mois de juillet et ce jusqu’en mars 1919.

Le 9 août, on apprend que la maladie peut provoquer des pneumonies et on peut lire les conseils du docteur Horace Bianchon  pour éviter d’attraper le mal :

« On se défend de la grippe par les soins du nez et de la gorge, en s’abstenant de voir les malades, d’assister à de nombreuses réunions. On diminue les risques de pneumonie en se soignant sérieusement dès le début et aussi longtemps que possible. »

Les commerçants ne perdent pas le Nord : pour soigner la grippe, rien de tel qu’un bon grog ! Le 15 septembre, on remarque deux publicités :

« CONTRE LA GRIPPE : FINE BRETONNE, grande marque eau-de-vie de cidre … En vente partout »

« CONTRE LA GRIPPE : RHUMS ST Lucie, Tomsk, Dacci Darlington (54 degrés) etc. CADIC LEDELLIOU, rue Victor Massé Lorient Plouay Rue aux moutons Quimperlé, place St Michel ».

Le 3 octobre, un petit encart donne la posologie:

« Evitez la grippe en prenant matin et soir un verre de vieux RHUM ROBINSON » !

Est-ce que les marins ont droit à ces remèdes traditionnels ? Le journal ne le dit pas mais il informe que ceux-ci paient un lourd tribut :

« La grippe sévit dans les troupes de la marine où elle a fait depuis huit jours de nombreuses victimes. Les broncho-pneumonies grippales massives, presque foudroyantes, tuent malheureusement un assez grand nombre de jeunes marins.

(…) La population civile est à peu près à l’abri de la contagion jusqu’à ce jour. Les cas sont peu nombreux et les décès très rares en ville. (…) »

L’article donne de nouveaux conseils qui nous permettent d’avoir une idée des remèdes préconisés  à l’époque :

« (…) Lorsque l’on se sent pris de fièvre, de douleurs de tête, de reins, mal

de gorge, courbatures et frissons, il faut aussitôt se mettre au lit, bien se couvrir, prendre un peu de quinine, des boissons chaudes et surtout appeler son médecin.

Un point de côté, de l’oppression, une haute température indiquent une complication toujours grave.  (…)

On peut tenter d’aseptiser les fosses nasales et la bouche des malades et des personnes de l’entourage avec de l’huile goménolée au 1/10e et des inhalations ou gargarismes antiseptiques faibles. De l’air, une bonne alimentation et une propreté extrême sont de rigueur pour l’entourage des malades. (…) »

Rémi Chaudré qui a étudié en détail l’épidémie en Morbihan pense qu’au moins les deux tiers de la population du département auraient pu être touchés par la maladie.

Sur le monument aux morts de la commune de Locmiquélic figurent le nom de Rodolphe Allain décédé à Brest de suites de grippe le 18 février 1919, celui de Gustave Marie Quéré décédé de la grippe à Bordeaux le 30 août 1918, celui de Joseph Gahinet mort de broncho-pneumonie à Salonique le 9 septembre 1918, celui de Joseph Lemaire décédé à Bordeaux  le 23 octobre 1918 des suites de pneumonie …….

 

 

Et chez vos ancêtres ? La mémoire familiale a-t-elle conservé le souvenir de cet épisode de la Grande Guerre ? Racontez–nous !

 

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le 1er mai 1918 -----------------

On voit brûler
l'église de Port-Louis ...

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Ce 1er mai 1918, comme tous les soirs à 9 heures, on entend sonner le couvre-feu à l’église de Port-Louis ! Mais à 10 h15, c’est le sinistre son du tocsin qui résonne, faisant sortir les habitants des environs. Le feu a pris dans la sacristie de l’église de Port-Louis ! Le sacristain est remonté dans le clocher malgré la fumée pour alerter la population qui accourt pour prêter la main en faisant la chaîne car l’eau manque au centre de la ville. Les pompes de l’hôpital, de la citadelle et celle des pompiers ne suffisent pas.

« Les flammes lèchent de tous côtés les murs ; les plafonds, la toiture entière s’effondrent. Le clocher est atteint.

Le spectacle est à ce moment d’un grandiose tragique. Les flammes, libres de toutes entraves s’élèvent à une hauteur vertigineuse, éclairant toute la région de leur lueur rougeâtre. Elles s’échappent par les auvents du clocher. 

Soudain, un bruit sinistre domine toutes les rumeurs. Il est 11 heures. Ce sont les cloches, les 5 belles cloches qui tombent avec un fracas épouvantable, toutes rougies par le feu, s’écrasant sous le porche, au milieu d’un frisson d’angoisse de la foule …»*

Lorsque la pompe de l'arsenal de Lorient arrive, il est trop tard. Elle contribuera cependant à sauvegarder les maisons voisines.

 

L’église qui avait été construite entre 1657 et 1666 sera reconstruite à partir de 1921 et, seule,  la façade de style Renaissance pseudo-classique sera conservée

  • L’Ouest maritime, 3 mai 1918

 

ooooo

Sardines fraîches
et vie chère.

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Comme vous le savez sûrement, la sardine est un poisson capricieux qui arrive sur nos côtes plus ou moins abondante et plus ou moins tôt dans le courant du printemps.

En 1918, c’est le 1er mai qu’elle a fait son apparition sur les étals des halles de Lorient. Ses fraîches écailles faisaient monter l’eau à la bouche du chroniqueur du Nouvelliste du Morbihan :

 

« A la fraîche, à la sar…dine fraîche … Ce sont des sardines nouvelles : et c’est bien tentant, ces écailles encore toutes nacrées de leurs teintes originales mais dam – à 32 et même 36 sous la douzaine on y regarde à deux fois. Il est vrai que les sardines salées ou pressées ne se vendaient guère au-dessous. »

Tiens donc ! En 1918, on trouve encore de la sardine pressée ?*

Dans les foyers minahouets, on avait sûrement fait provision de sardines salées à la belle saison, bien serrées dans leurs caissettes en bois et on avait été bien contents de les trouver pendant l’hiver. Et ce printemps 1918 où la vie est si chère, on a sans doute préféré vendre les premières sardines pêchées pour se procurer d’autres victuailles !

Et, les retraités qui n’étaient pas au front devaient bien rapporter une petite godaille pour varier les menus. Mais que pouvaient-ils bien rapporter ?

A la poissonnerie, c’est « demi-marée » en ce 1er mai 1918 : « des merlans, de 6 à 15 sous, suivant taille ; des tacots à 8 sous ; une aiguillette menue 15 sous ; une belle jusqu’à 3 francs ; un congre 8 fr. ; une petite vieille 10 sous ; un ratillon* de 15 à 20 sous  un crabe de 8 à 18 sous ; les écrevisses deux tailles 6 et 12 sous les douze. »

Hé oui, « C’est encore, et plus, la vie chère. » et la pénurie de combustibles :

On ne trouve ni bois ni charbon : « En fait de bois, pas de quoi débourrer « la pipe à Thomas ». Et avec ça, on a suspendu la livraison de charbon de terre … »

Reste l’espoir ! 

« Mais … faut pas s’en faire, on en aura, de ça … et du reste. »

En attendant, vive la marmite norvégienne ! Vous ne connaissez pas ? Cliquez ci-dessous.

 

  • Source : le nouvelliste du Morbihan, 2 mai 1918.
  • * Les presses à sardines étaient nombreuses autour de Port-Louis à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème avant l’apparition des conserveries. Nous y avons consacré un chapitre dans le N° 2 de notre publication : « C’était hier … »
  • ratillon : petite raie de la taille d'une main.

 

 

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le 21 avril, c'était la foire aux cochons sur la muse :

On manquait de pétrole.

Au début de 1918, le pétrole est rationné. Les jours sont courts.  Si cela complique la vie de tous, c'est dramatique pour les femmes qui cousent pour l'armée. Elles ne peuvent plus travailler le soir. Un article du "Nouvelliste" qui nous informe sur la condition féminine pendant la Grande Guerre :

 

"Chronique locale
Sans lumière !
En 1918, le pétrole est rationné, les couturières doivent réduire leur production. Regard sur la condition féminine à l'époque.
lampe à pétrole

Le petit monde continue d’être privé de pétrole. Sans lampes, impossible de travailler le soir. Et les jours sont si courts. Que la vie soit hors de prix, soit. Il faut s’y faire : mais qu’on nous enlève les moyens de la gagner, c’est plus difficile à admettre. Nous continuons à recevoir  des lettres navrantes à propos de cette pénurie de pétrole : « Je suis veuve et j’ai quatre enfants à élever, nous écrit une ouvrière. Alors j’ai pris de l’ouvrage militaire. Il faut que, pour arriver à ne pas mourir de faim, je travaille douze heures par jour. Sans pétrole, je ne travaille que huit heures, ça me fait vingt-quatre sous de moins chaque jour*. Comment faire ? »

Ce cas, hélas, n’est pas isolé. Souhaitons que l’administration fasse l’impossible pour procurer à la population ouvrière la lumière qui lui est indispensable. Peut-être pourrait-on en diminuant un peu l’importation d’essence si souvent gaspillée par les riches, trouver un peu de fret disponible pour le transport du pétrole, qui ne sera jamais gaspillé par les pauvres. »

Les pauvres ouvrières ne peuvent même pas se rabattre sur les bougies, elles aussi rares et hors de prix. Dans le journal du 6 février, on apprend  que :

« La bougie elle-même, bien que de qualité inférieure, atteint des prix élevés et nous avons perdu l’usage de ces bonnes vieilles chandelles de résine, à la vérité bien ternes et fuligineuses, dont se contentaient pourtant les modestes ménages d’autrefois. »

*6 sous pour une heure de travail.  Avec cette somme, elle peut s’acheter un kilo de patates ou une livre d’oignons (Le Nouvelliste du 3 février, rubrique : le marché du samedi)

Il y avait de nombreuses couturières professionnelles à l'époque à Locmiquélic. Elles étaient donc concernées par ces restrictions.

En avez- vous entendu parler ?

 

 

 

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L'hiver est bien là !

Après une année 2017 exceptionnellement sèche et ensoleillée, vous êtes nombreux à déplorer la pluie et le vent qui règnent en maîtres en ce mois de janvier 2018.

Mais quel temps faisait-il ici il y a 100 ans ?

Consultez avec nous le journal* de l'époque :

Amzer brein ha fall amzer

(Temps pourri et mauvais temps)

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publié le 20 janvier 2018

En ce mois de janvier 1918, le temps maussade n’incite pas les pêcheurs à sortir. Les paysans de Plouhinec ou de Riantec ne sont pas nombreux à  emprunter le vapeur pour se rendre au marché de Lorient, que ce soit pour le "petit"marché du mercredi ou le "grand" marché du samedi. Seuls quelques chars à bancs passent de bon matin sur la route entre les Quatre Chemins et Pen Mané. Il est vrai qu’en cette saison, les cultivateurs n’ont pas grand-chose à vendre (tout juste du beurre, des oeufs,  quelques légumes : carottes, oignons, navets et choux ...).

Dans le journal on peut lire :

Mercredi 10 janvier1918 :

4 degrés au-dessous de zéro – le dégel d’avant-hier n’était qu’un trompe l’œil – avec accompagnement de neige, de grésil et de vent du nord, il a regelé cette nuit et plus que jamais, c’est dire si les cultivateurs se sont bien gardés de s’exposer à se casser les reins sur la route glissante pour offrir à nos concitoyens de plutôt maigres denrées …

Samedi 13 janvier 1918 :

Dernier jour de la dernière lune de l’an dernier. Il a dégelé, c’est sûr mais le temps n’en est guère meilleur. – une brume piquante nous tombe du suroît, congestionnant les visages, congelant les pieds, empâtant les routes et chemins d’une épaisse couche de boue. « Amzer brein » comme on dit chez nous …

Mercredi 17 janvier 1918 :

(…) Le vent a soufflé en bourrasque de telle manière que le bateau de Groix n’a pu partir qu’hier soir (…)

Mercredi  24 janvier 1918:

« Il a plu toute la nuit, et bien que le temps se soit singulièrement adouci, les routes étant bourbeuses à merci, peu de paysans ou maraîchers se sont dérangés pour venir nous voir ce matin.

Pour la même raison, les bateaux ne sont pas sortis (...)

Samedi 27 janvier 1918

(…) On est noyé dans le brouillard et la brume qui rendaient glissantes les routes et engorgeaient les poumons les plus aguerris (…)

 

Bref, un temps de saison !
Ceux et celles qui ne travaillent pas à l'arsenal ou à la poudrerie de l'île Saint Michel restent au coin du maigre feu (il faut économiser le bois) en attendant l'éclaircie. Il faut bien s'occuper du cochon*, préparer sa "bailhad". C'est aussi le moment de mettre le cidre en bouteilles (les paysans le livraient en fûts).
On coud, on raccommode, on tricote des bas et des chaussettes en pensant aux poilus qui pataugent dans la gadoue des tranchées ... On lit et relit leurs lettres. On prend la plume pour donner des nouvelles. On guette le facteur ...

Et on espère des jours meilleurs ...

 

* Le Nouvelliste du Morbihan
mauvais temps (côte du Loch à Locmiquélic)
Mauvais temps (côte du Loch à Locmiquélic) en 2018 comme en 1918 !

 

 

En mai 1917,
On avait eu trop chaud

(publié le 3 mai 2017)

 

L'hiver 1916 - 1917 avait été particulièrement froid et on avait manqué de bois et de charbon à cause de la guerre sous-marine.

Les denrées alimentaires de base commençaient aussi à manquer (la farine en particulier mais aussi le beurre et le sucre). Des restrictions étaient imposées.

Le mois d'avril particulièrement chaud et sec n'arrangeait pas la situation et on s'inquiétait pour les récoltes.

Nous  transcrivons l'article publié par le Nouvelliste du Morbihan le 5 mai 1917 :

"A part des pluies incessantes et glaciales au cours des premiers mois de l’année, à part de légères ondées entre le 6 et le 15 avril pas une goutte d’eau n’est venue depuis le 16 avril, rafraîchir la terre. Tout au contraire, la chaleur est caniculaire à certains moments et toutes les récoltes souffrent grandement de cette température véritablement anormale en cette saison. »

Si on craignait pour les pommes, on s'inquiétait surtout pour les pommes de terre qui "ne sortaient pas" ! Ces patates que jeunes et vieux, femmes et enfants avaient mises en terre partout où c'était possible (A Lorient, il y en avait dans les parcs et jardins publics, à la place des remparts, même là où la terre n'était pas très bonne !). *

Les aléas de la météo amplifient les problèmes en période de crise. Et en 1917, il y avait péril en la demeure. C'est dire si on scrutait anxieusement le ciel désespérément bleu !

A Locmiquélic, les murs du couvent prenaient le soleil.
Les propriétaires y cultivaient-ils des pommes de terre ?
Mystère ...
* Le Nouvelliste du Morbihan des 8 et 13 mai 1917

 

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On lisait le journal ...
(publié le 3 mars 2017)

 

Cette affirmation vous paraît peut-être aller de soi. Pourtant lire et écrire était une possibilité qui n’était acquise par tous les gens du peuple que depuis les lois scolaires de 1881 et 1882. La scolarité étant devenue gratuite et obligatoire, l’instruction se généralisa et les filles qui n’en bénéficiaient pas forcément auparavant y eurent enfin accès.

On peut considérer que pendant la Grande Guerre, une fraction relativement importante de la population était encore illettrée : les parents des époux de Locmiquélic ne savent généralement pas signer les actes de mariages encore en 1910. Cependant, dans toute les familles, les plus jeunes étaient en mesure de lire la presse et de rendre compte des informations aux plus âgés.

Le 16 décembre 1914, le Nouvelliste fait paraître une annonce demandant un « crieur pour la vente du Nouvelliste à Pen Mané, Locmiquélic, Riantec. Bon gain assuré ». La diffusion du journal a dû s’accentuer pendant la guerre puisque le 27 octobre 1918, c’est une famille qui est demandée « pour la vente du [journal] à Locmiquélic. Trois francs pour la soirée. » (Le journal, une seule feuille, est vendu 5 centimes. Il faut déjà en vendre 60 pour payer les vendeurs).

Celui du 3 mars 2017 est consultable sur le site des archives départementales*. Il donne surtout des nouvelles de la guerre et fait le point sur ce qui se passe sur tous les fronts (après les coupes effectuées par la censure, les citoyens ne sont probablement pas dupes.). Les infos locales parlent des soldats de la région lorientaise, nous renseignent sur les restrictions, donnent des conseils pour soigner la grippe, les hernies et les maladies de la femme (publicités !).

Pour se distraire ( ?) on peut lire l’épisode du feuilleton intitulé « Le secret du Taube vert, roman de l’avant-guerre et de la guerre européenne» par Claire de Neste. On est aussi invité à participer au pardon de Pont-Scorff qui promet d’être « plus recueilli que naguère. »

Journal de temps de guerre où l’on cherche peut-être fébrilement quelques raisons d’espérer …

 

*http://recherche.archives.morbihan.fr/archive/resultats/presse/n:21?RECH_complement=and&rech_titrepr=le+nouvelliste&rech_annee=1917&rech_mois=mars&type=presse

 

 

En 1916 ...

(publié en janvier 2016)

zones de pêche à pied

Dans les villages qui faisaient toujours partie de la commune de Riantec, on rencontrait surtout des femmes, des enfants et des hommes de plus de 50 ans. Presque tous les autres étaient « sous les drapeaux ». La vie, d’ordinaire difficile, l’était plus encore en raison de l’augmentation des prix.

La pêche aux moules.

Le journal du 8 janvier 1916 rendait compte de l’intervention de Jean-Louis Danic (qui deviendra, 3 ans plus tard, le premier maire de la commune). Au conseil municipal du 12 décembre 1915, il demandait que le préfet maritime lève « la suspension de la pêche des moules » sur le banc de Kervern pour « permettre aux femmes de pêcheurs de gagner quelques sous en ces temps de vie chère »

Appel à témoignages

Nos recherches sur la vie de ce personnage nous ont permis de reconstituer certains aspects de la vie de notre cité avant, pendant et après la Grande Guerre. Il reste beaucoup à faire : la mémoire de vos familles a peut-être conservé des souvenirs de cette époque, des lettres et des vieux papiers, des photos de poilus ou de marins. N’hésitez pas à nous en faire part. Merci à tous ceux qui nous aideront. Laissez-nous vos coordonnées (e-mail ou téléphone ou page facebook). Nous vous rappellerons. (http://leminahouet.free.fr/)

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre

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