Publié le 25 Décembre 2017

En 1917, à Lorient

un Noël comme les autres ?

 

S'il est difficile de trouver des documents sur l'ambiance à Locmiquélic le jour de Noël et ceux qui précédaient pendant la Grande Guerre, "le Nouvelliste du Morbihan" nous offre une description de celle qui régnait à Lorient.

Bien sûr, la guerre et le sort des poilus était dans tous les esprits mais on s'est manifestement efforcé de garder l'esprit de la fête jusque dans ses débordements !

La pythonisse consultée par Léo Le Bourgo avait annoncé la couleur : cette année, le  Père Noël avait des problèmes de trésorerie à cause des hausses de prix et beaucoup de Lorientais trouveraient leurs sabots vides :

 

"Propos d’un Lorientais

(Léo Le Bourgo)

Je suis allé trouver une pythonisse connaissant l’avenir aussi bien que feue Mme de Thèbes pour lui demander de me communiquer la liste des cadeaux que les Lorientais trouveront ce soir dans leur sabot de Noël. Voici ce qu’elle m’a raconté : il y aura de grandes déceptions au matin du 25 décembre dans votre bonne ville. Les fâcheux effets de la guerre se sont faits sentir jusqu’au paradis. En haut comme ici-bas tout a renchéri, tout est hors de prix. Certes le bonhomme Noël est riche il a dû d’abord penser à ceux qui sont au front et ils sont nombreux ; la part des gens de l’arrière sera largement diminuée par suite des restrictions nécessaires : d’ailleurs, l’exemple pour une fois est venu d’en bas. Depuis la mobilisation on n’a distribué en France ni mérites agricoles ni  palmes académiques. Les enfants ne seront pas oublié mais beaucoup de Lorientais adultes trouveront leurs sabots vides en s’éveillant le 25 décembre …"

 

 Cela n'a pas empêché les Lorientais et les gens des environs d'envahir les rues de Lorient et les allées des Nouvelles Galeries, le grand magasin de la rue des Fontaines, faisant le bonheur des pick-pockets et autres voleurs !  :

La ruie des Fontaines à Lorient au début du siècle. sur la droite de la photo, le grand magasin, les nouvelles galeries (face au tramway)
La rue des fontaines à Lorient (coll. privée)

"Un vol aux Nouvelles Galeries

Les vastes et splendides magasins des Nouvelles Galeries ont reçu pendant les fêtes de Noël la visite de très nombreux acheteurs, en quête de jouets pour les enfants. Il s’est malheureusement trouvé dans cette foule des pick pokets et, si des portemonnaie ont disparu, il y eut aussi de nombreux vols aux divers rayons ce qui a décidé la Direction à faire ouvrir une enquête par la police."

 

 

Malgré le chagrin, malgré l'absence, malgré les privations, on a eu a coeur de faire briller les yeux des enfants :

"Noël est une fête de famille. Hier, les réunions familiales furent certainement moins gaies qu’avant 1914 : la guerre n’a-t-elle pas atteint la plupart des foyers ? Là où la famille était complète, bien des membres manquaient, les uns au front, les autres au rude combat, d’autres glorieusement tombés pour le salut, l’honneur et la victoire inéluctable de la France …

Les petits cependant ont eu la visite du Père Noël. Leurs sabots ont été comme à l’ordinaire garnis de jouets et de friandises et les rires ont fusé !"

Nous apprenons aussi que les Chrétiens saluaient de manière toute particulière l'entrée des alliés à Jérusalem qui avait eu lieu le 9 décembre. Un Te Deum fut chanté dans toutes les églises et les chapelles, à Lorient, bien sûr mais aussi à Locmiquélic :

[Prise de Jérusalem] : [médaille] / [Pierre Roche]

"Cette grande fête célébrée avec solennité dans toute la chrétienté qui commémore en ce jour la Naissance du Christ avait emprunté cette année, un caractère spécial du fait de la prise toute récente de Jérusalem par les armées des alliés. Aussi s’est-elle terminée par un « Te Deum » chanté à l’issue des vêpres dans toutes les églises et chapelles."

La maréchaussée a eu fort  à faire !

Autrefois comme aujourd'hui, la fête ne va pas sans quelques débordements et la police veille :

"Lorient la nuit

Elles ont été nombreuses, les rixes qui se sont produites au cours de la nuit du réveillon sur tous les points de la ville. Les chants couvraient, il faut en convenir, les cris des belligérants mais à part quelques ivrognes et ivrognesses fourrés au violon, rien de grave n’a été signalé."

 

Plutôt que de se battre, la jeunesse se permettait aussi quelques facéties moins goûtées par les responsables et les ateliers municipaux  :

Lorient  vers 1900 : cours de la Bôve, théâtre et statue de Victor Massé.

"La statue de Victor Massé

De facétieux noctambules que l’on croit être des militaires ont (…)mouillé d’une épaisse couche de peinture violette le sommet de la statue de notre illustre compatriote, le musicien Victor Massé. "

 

En 1917, Plus encore qu' en 1914, 1915, 1916, on espère des jours meilleurs :

"À l’an prochain, aimons à le croire, la Noël de la Délivrance et de la Victoire, prélude d’une ère nouvelle, meilleure pour l’humanité !"

Mais cette fois, les voeux seront enfin exaucés !

 

* toutes les citations sont extraites du journal "Le Nouvelliste du Morbihan"

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre

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Publié le 22 Décembre 2017

 

 

- Espérance -

A tous, à chacun et à chacune, nous souhaitons un beau Noël.

Nos pensées les plus chaleureuses de joie et de paix pour ce jour

particulier.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #fêtes calendaires

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Publié le 21 Décembre 2017

C'est le solstice d'hiver et ses longues nuits. C'est la fête de Noël et les paroissiens de la "Terre Sainte", comme on appelle ici les villages situés sur la rive gauche de la rade de Lorient ont rivalisé d'imagination pour mettre en scène la Nativité.

Profitez des jours sombres et des débuts de soirée pour admirer leur travail et, croyants ou pas, raconter cette histoire d'un enfant né dans une étable dans un pays qui ne voulait pas accueillir ses parents.

Nous vous proposons quelques images des crèches de Locmiquélic, Port-Louis, Riantec, Gâvres, Kervignac et  Plouhinec. Des crèches et des églises récentes, inspirées du passé ou résolument contemporaines, à découvrir.

 

LOCMIQUELIC

Crèche 2017, église de Locmiquélic.
Crèche 2017, église de Locmiquélic.
Crèche 2017, église de Locmiquélic.

Crèche 2017, église de Locmiquélic.

PORT-LOUIS

Crèche 2017, église de Port-Louis.
Crèche 2017, église de Port-Louis.

Crèche 2017, église de Port-Louis.

RIANTEC

Crèche 2017, église de Riantec.
Crèche 2017, église de Riantec.

Crèche 2017, église de Riantec.

GÂVRES

Créche 2017, église de Gâvres.
Créche 2017, église de Gâvres.
Créche 2017, église de Gâvres.

Créche 2017, église de Gâvres.

KERVIGNAC

Crèche 2017 - église de Kervignac
Crèche 2017 - église de Kervignac
Crèche 2017 - église de Kervignac

Crèche 2017 - église de Kervignac

PLOUHINEC

Nous terminons ce petit tour d'horizon par la crèche, très dépouillée de Plouhinec, porteuse d'un message d'actualité puisque les réalisateurs expliquent que :

" [Ils] ont voulu cette année faire naître Jésus sans autre abri que le sable du Sahara traversé par des migrants africains sans avenir dans leur pays et qui prennent ce chemin pour essayer de joindre l'Europe en espérant y trouver un emploi qui les fera vivre et faire vivre leurs familles restées au pays .........."

Crèche 2017 - église de Plouhinec
Crèche 2017 - église de Plouhinec

Crèche 2017 - église de Plouhinec

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #traditions

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Publié le 10 Décembre 2017

Le far de nos grands-mères :

un goût incomparable !

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Rien que d’y penser, l’eau vous vient à la bouche, je suppose … et des images surgissent.

Le far des arrière-grands-mères :

On vous a peut-être raconté les temps anciens où toute la cuisine se faisait dans la cheminée.

Nos aïeules avaient de la ressource et certains d’entre vous se souviennent peut-être du far qu’on y cuisait parfois.

« Tan endan ha tan ar lein* » disait Ma Tan’ Fine que j’ai vue opérer : la poêle dans les braises, un couvercle et du feu dessus ! Un four de compétition ! Et à l’arrivée : un délicieux goûter !

Mais bien souvent, on se contentait d’apporter la pâte chez le boulanger qui se chargeait de la cuisson pour les occasions festives.

 

Et celui des grand-mères

Puis vint le temps des fourneaux, les cuisinières à bois ou  à charbon qui servaient aussi à chauffer la maison. C’est dire que c’est aux temps des froidures que l’on mangeait du far ! Janny me parlait des premiers fars de sa grand-mère Bejep, cuits dans le fourneau qu’elle venait d’acheter. C’était dans les années 30.

La méthode était encore utilisée dans les années 60. Tout le monde avait alors une cuisinière à gaz mais le fourneau servait encore de chauffage et on y enfournait le far dans un plat en terre cuite ou en aluminium.

Il en ressortait bien gonflé, débordant du récipient avec une croûte bien dorée. Hum !!! On ne pouvait pas attendre et parfois on se brûlait la langue !!!

 

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui malgré tous vos efforts, rien à faire. Vous ne retrouvez pas le moelleux incomparable et le parfum du far de votre grand-mère.

 

Et si c’était une question d’ingrédients ?

Le far, c’est de la farine, des œufs, du sucre et du lait et un peu de beurre pour graisser le plat.

Réfléchissons un peu :

En ce temps-là, le blé poussait sans pesticides. Le glyphosate, on ne connaissait pas. On avait enfoui du fumier tout ce qu’il y a de plus naturel. Dans les champs, on voyait des coquelicots et des bleuets (Ah ! les bleuets !). La farine n’était pas trop raffinée et elle avait du goût !

Les œufs, on les ramassait tout chauds dans le poulailler. Les poules mangeaient du grain, des choux,

des vers de terre et tous les restes de la maison. Si on n’avait pas de poulailler, on allait les acheter à la ferme. Vous vous en souvenez ? La fermière nous les emballait dans un morceau de papier journal pour les protéger.

C’est de la ferme que venait aussi le lait, un lait bien crémeux. Quand on le faisait bouillir, il se formait une peau épaisse … comme ça ! Les vaches mangeaient l’herbe des prés et une brassée de foin à l’étable. Meuhh ! Jamais elles n’auraient imaginé qu’un jour, on mettrait des granulés sous leur nez !

Et puis, on ne lésinait pas sur le sucre !

Bien sucré, on vous dit ! On rajoutait aussi de bons gros pruneaux avec les noyaux ou des raisins secs ou bien … les deux ! Et bien sûr on ne s’embarrassait pas d’une balance ! Au jugé … tout dans l’habitude !

J'oubliais la petite dose de rhum !!!

Une bonne couche de beurre au fond du plat, la pâte bien battue jusqu’à en devenir mousseuse, un peu de beurre dessus et hop ! Au four !

Ha ! La bonne odeur qui se répandait dans la cuisine …

Alors, le vrai bon far comme autrefois, c’est fini ? Peut-être pas ! Avec les prises de conscience, et un petit effort, on trouve de plus en plus de bons produits …

Rêvons !

*Tan endan ha tan ar lein : du feu dessous et du feu dessus.

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Traditions culinaires

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Publié le 3 Décembre 2017

Le 4 décembre 1986 :

manif étudiante.

La réforme pour l'entrée à l'université : une sélection qui ne dit pas son nom ? La question est posée et nombre de journalistes se sont penchés sur la question en octobre dernier. Il paraît même qu'une majorité de français y seraient aujourd'hui favorables. Cela n'a pas toujours été le cas.

Retour sur le passé :

Malik Oussekine, Devaquet ... cela vous dit quelque chose ?

Vous vous en souvenez de ce mouvement étudiant qui s'opposait à la loi proposée par Jacques Chirac ?  Il voulait instituer une sélection à l'entrée de l'université.

La réaction des étudiants fut impressionnante et la répression policière aussi :

Tangui Perron nous en parlait en décembre 1916 :

« Devaquet si tu savais, ta réforme, ta ré-formeu, Devaquet, si tu savais, ta réforme où on s'la met ! Au-cu, aucune hésitation, sinon c'est la révolution ! » Chanté (ou beuglé) par des milliers de poitrines adolescentes, ce slogan renvoyait à la tradition du chahut étudiant. Les Jeunesses communistes (JC) s'abstenaient généralement de chanter la fin du slogan ­ réforme ou pas réforme, la révolution, eux, ils la souhaitaient ardemment ­ mais ils étaient fort minoritaires. Par contre, beaucoup s'accordaient à analyser cette mobilisation contre la loi Devaquet, certes, comme un refus de la sélection à l'entrée des universités, mais aussi comme une protestation plus diffuse contre un chômage de masse qui n'épargnait pas la jeunesse ­ au contraire. À cette époque, déjà, on commençait à parler de « génération sacrifiée ... ».

Pour lire l'intégralité de l'article :

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Histoire Nationale.

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Publié le 23 Novembre 2017

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Drame à Pen Mané

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On a donné le nom de Jean Marie Georgeault à l’école publique de Locmiquélic. Il était pourtant plus connu sous le nom d’Alexandre Georgeault.

C’est en 1881 qu’il prit la direction de l’école des garçons qui était alors située dans le quartier du Rollo. Il exerça ensuite dans l’école nouvellement construite sur les terres de Kerderff jusqu'à son décès à 61 ans.

Il mourut subitement dans la salle d’attente de Pen Mané le jeudi 29 novembre 1917 à 9 heures.

 

La cale de Pen Mané vers 1900

Le Nouvelliste du Morbihan (30 novembre 1917) annonça sa mort et rappela son engagement au service de ses concitoyens :

« La population de Locmiquélic a été péniblement impressionnée, ce matin, en apprenant la mort subite, survenue quelques minutes plus tôt, de monsieur Georgeault, instituteur à Locmiquélic au moment où il se préparait à prendre le vapeur de Pen Mané pour Lorient.

On connaît la vie active de Monsieur Georgeault. Il a rendu de véritables services à la cause de l’instruction primaire et de l’éducation en général, services qui lui valurent les palmes d’officier d’Académie puis la rosette d’officier de l’instruction publique.

Durant sa longue carrière, il s’occupait volontiers dans ses moments de loisirs et pendant ses vacances  de toutes les œuvres sociales comme la mutualité, les coopératives, les sociétés de tir, etc … Aussi, les électeurs du canton de Port-Louis le choisirent pour les représenter au conseil d’administration dont il devint le Président. Ses nombreux amis l’engagèrent même à poser sa candidature aux élections législatives de 1914 contre Messieurs LAMY et ESVELIN. Malgré sa combativité il n’obtint qu’un nombre restreint de suffrages.

Jusqu’à son dernier soupir, en sa qualité d’armateur de plusieurs bateaux, il s’occupait toujours de la cause très intéressante des pêcheurs. C’est bien à son initiative qu’ils doivent un certain nombre d’améliorations dans le quartier de Port-Louis.

avis de décès (Le Nouvelliste du 1-12-1917)

A Madame GEORGEAULT, la poétesse bien connue sous le nom de Philomène Jouan, qui est-elle-même directrice de l’école des filles de Locmiquélic, nous offrons, ainsi qu’à Monsieur et Madame RENEZÉ, nos bien vives condoléances. » .

Il fut enterré le 1er décembre dans le caveau familial du cimetière de Port-Louis (première allée à gauche après le portail de gauche).

 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 6 Novembre 2017

L'édification du monument aux morts de Locmiquélic : toute une histoire que les archives nous ont permis de reconstituer ...

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Un monument aux morts remarquable !
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Le monument aux morts de Locmiquélic.

Vous connaissez peut-être le cimetière de Locmiquélic mais vous ne vous êtes sans doute jamais étonné de la présence d'une croix latine particulièrement imposante sur le monument aux morts. Pourtant, si vous observez ceux des communes environnantes et d'ailleurs, vous vous apercevrez que ce signe est le plus souvent absent ou particulièrement discret.

Ce n'est d'ailleurs pas sans mal que Jean-Louis Danic, président de la commission chargée de faire édifier la stèle obtint l'autorisation d'y placer cet emblème catholique. La loi du 9 décembre 1905* réglementait son utilisation et  le préfet  veillait à son application !

Depuis l'ordonnance du 10 juillet 1816, les monuments commémoratifs doivent être approuvés par un décret du chef de l'exécutif.  C'est la préfecture qui étudie les dossiers avant de les transmettre au ministère pour approbation et le projet de la toute nouvelle commune de Locmiquélic* ne manqua pas de faire réagir les services départementaux.

Dans une lettre datée du 12 juillet 1920, le préfet rappelle la loi et propose que l'on remplace la croix latine par la croix de guerre.

Le 22 juillet, Jean-Louis Danic répond en précisant qu'à la demande de la population, le monument sera placé dans le cimetière et non sur une place publique. Il précise qu'à Locmiquélic, tous les morts sans exceptions sont de religion catholique. Il ajoute que le travail est déjà commencé et que la modification entraînerait de nouvelles dépenses.

Il ne manque pas de souligner que "Le Nouvelliste du Morbihan" a publié une réponse du ministre de l'Instruction Publique au député disant qu' " En ce qui concerne les monuments commémoratifs élevés à la mémoire des soldats morts pour la Patrie et placés dans les cimetières qui sont assimilables à des monuments funéraires, liberté entière doit être laissée aux municipalités pour l'ornementation et les attributs dont elles voudront bien les revêtir". (Vous remarquerez que Monsieur le ministre se garde bien de parler de signes religieux !).

Le monument surmonté de croix latine et également orné de la croix de guerre est inauguré le 24 octobre 1920. S'il est placé dans le cimetière, c'est aussi pour que les familles, à défaut de tombes, disposent d'un lieu où se recueillir. La stèle est "à la place d'honneur au milieu de leurs chers morts parce que c'est l'endroit qui impose le plus de respect, le recueillement et la prière." (extrait du discours de Jean-Louis Danic écrit pour l'inauguration).

L'intention était bien d'édifier un monument funéraire collectif pour rappeler le sacrifice des morts disparus ou enterrés loin de leur terre natale plutôt que pour glorifier la Patrie.

Si Le monument de Locmiquélic est remarquable, il n'est pas unique. Annette Becker qui a étudié la question écrit que " « Dans l’Ouest très catholique, en Alsace, en Lorraine, plus de monuments ont été érigés dans les cimetières ou enclos paroissiaux que dans le reste de la France, pour que leurs populations puissent christianiser à loisir leur monument » (. Becker, Annette. La guerre et la foi. De la mort à la mémoire 1914-1930. Paris : Armand Colin, 1994, p. 118.).

 

* La commune de Locmiquélic est  officiellement créée le 22 octobre 1919
 

*    Pour Info :

loi du 9 décembre 1905
Article 28

Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

Pour tout savoir sur l'édification du monument, son financement, les noms qui y figurent, son inauguration, procurez-vous l'édition spéciale N°2 de C'était hier ... :
Du service de la Nation au service de la Commune,
Jean-Louis Danic (1859-1936), 1er maire de Locmiquélic

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre, #patrimoine, #histoire

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Publié le 30 Octobre 2017

La marmite norvégienne
une brochure publiée en 1917 qui dit tout sur la marmite norvégienne et son utilisation ...
La marmite norvégienne par Paul Delay

Vous trouvez vos factures de gaz et d'électricité trop élevées ? C’est peut-être le moment de tester la marmite norvégienne. Ce mode de cuisson très ancien revient régulièrement à la mode quand il est nécessaire d’économiser le combustible. Vous trouverez aujourd’hui sur la toile des recettes à expérimenter.

Nous imaginons cependant que vous aurez quelques scrupules à enfouir votre cocotte sous la couette qui garde encore la chaleur de vos corps après votre lever. C’était pourtant ainsi que l’on procédait, paraît-il, dans les temps très anciens.

Cette méthode ultime n’était cependant pas proposée par le Nouvelliste du Morbihan en 1917 dans les articles qui présentaient la technique*. Il était plutôt suggéré de mettre la marmite dans une caisse isolée après en avoir porté le contenu à ébullition. On pouvait la fabriquer soi-même « très simplement et à peu de frais». Le comité de la guerre se chargeait aussi d’en procurer et le produit de la vente était affecté aux œuvres militaires.

 

Réunions de démonstration à l’école !

Comme nous vous l’avons raconté dans un précédent article*, l’hiver 1916-1917 fut particulièrement rude. La pénurie de vivres, de bois et de charbon posait alors problème aux ménagères de Lorient et des environs comme partout en France.

La directrice de l’école primaire supérieure de jeunes filles de Lorient proposa alors des démonstrations de l’utilisation de la marmite suivies de la dégustation du bouillon du pot-au-feu ainsi préparé. La première séance, annoncée dans le journal eut lieu le 28 janvier 1917, et pas moins de 300 personnes affluèrent à l’école ce jour-là. C’est dire si la perspective de réduire la consommation de combustible de moitié voire des 3/4 intéressait la population !

La directrice de L’école qui avait testé le procédé proposait également une brochure pour en expliquer le fonctionnement.

du vécu :

Une lectrice se souvient que sa mère utilisait le procédé pendant la seconde guerre mondiale dans une caisse à double paroi confectionnée par son père :

" C'est ainsi que ma mère faisait cuire surtout la soupe et des pot-au-feu lorsqu'il y avait de la viande. Elle agissait comme c'est décrit dans l'article mais il faut dire que mes parents avaient connu la guerre de 14/18 tous les deux étant nés en 1901 et 1903 ".

Vous êtes écolo ? Vous aimez faire des expériences ?
Vous avez une vieille glacière à recycler ?

Cliquez sur les liens ci-dessous et ... bon appétit !

 

*Sources : Le Nouvelliste du Morbihan : 23/02/1917, 15/02/1917, 18/02/1917, 18/02/1917

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #La Grande guerre, #Traditions culinaires

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Publié le 18 Octobre 2017

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Classes sociales et bilinguisme
à Lorient en 1917
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Dans le Nouvelliste du Morbihan du 18 octobre 1917, un chroniqueur raconte les problèmes posés par l'étroitesse des trottoirs du pont tournant où se rencontrent les bourgeoises lorientaises et les marchandes de poissons qui viennent de la criée alors située quai de Rohan à Lorient ( Le port de pêche ne sera construit qu'en 1927).

 

Le pont tournant à Lorient au début du XXème siècle. (carte postale ND PHOT. collection privée. DR)

 

Nous avons transcrit l'article, révélateur du fossé qui séparait les gens du peuple et ceux plus fortunés.

Ce texte nous apprend aussi qu'à l'époque, les personnes qui ne comprenaient pas le français n'étaient pas rares.

Lisez plutôt :

"Prenez la droite !

Malgré les deux tablettes placées aux deux bouts du pont tournant et conseillant aux passants de prendre leur droite, bon nombre de personnes n’y prennent garde. Aussi voyons-nous journellement se produire des scènes ridicules sur les trottoirs du pont : c’est, par exemple, une marchande de poisson qui, le panier sur la tête, se rencontre au milieu de l’insuffisante passerelle avec une belle dame maniant l’ombrelle. Situation difficile pour les deux personnes, surtout si le tramway occupe à ce moment la chaussée et qu’on n’y peut descendre et si la foule pousse des deux côtés.

Prenez donc tous votre droite quand vous mettez le pied sur cette passerelle.

Pourquoi d’ailleurs les inscriptions du pont ne sont-elles pas bilingue et ne portent-elles pas :

  • Prenez votre droite !

  • Kemeret ar tu deheu

  • En Angleterre et en Belgique, pays bilingues, il en serait ainsi."

 

Si le chroniqueur lit et écrit indifféremment en Français et en Breton, il nous semble peu vraisemblable qu'en 1917, soit quelques 35 ans après les grandes lois scolaires, il y ait eu beaucoup de personnes ne comprenant pas un traître mot de français qui ait appris à lire et dans ce cas, il est fort probable que la double signalétique lui soit inutile !

C'eut été, cependant, une reconnaissance de la langue maternelle en Basse-Bretagne, langue que l'école n'enseignait pas et avait plutôt pour mission de faire disparaître. Lorient était bien alors une ville française avant tout ! ...

Il aura fallu longtemps pour voir apparaître une signalisation bilingue dans notre région !

 

 

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Rédigé par Marylis Costevec

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Publié le 8 Octobre 2017

Couronne de mariée

Philoména Georgeault - Jouan

Institutrice et poète

A Locmiquélic, rares sont sans doute les personnes qui se souviennent de Philomène Jouan (1861-1937).

Elle apprit pourtant à lire, écrire et compter à nos aïeules pendant environ 40 années. Ses poèmes révèlent une femme sensible et très cultivée. Elle épousa J.M. Alexandre Georgeault le mercredi 26 octobre 1881 à Riantec. Un mariage d’amour dont elle nous parle dans ces strophes qui nous dévoilent les émotions d’une toute jeune mariée de l’époque :

Poème édité en 1890 ( GEORGEAULT-JOUAN, Philoména, Rêves, sourires, larmes, Lorient, Ed. Jules Boyer, 1890)

Poème édité en 1890 ( GEORGEAULT-JOUAN, Philoména, Rêves, sourires, larmes, Lorient, Ed. Jules Boyer, 1890)

Fleur bleue, Philomène ?

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Rédigé par Marylis Costevec

Publié dans #Personnages

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